une bromoise en mission à Dhunche : au coeur de la tourmente

La Bromoise France Hurtubise a senti la terre... (Photo fournie par France Hurtubise)

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La Bromoise France Hurtubise a senti la terre bouger sous ses pieds, hier, lors du deuxième séisme survenu au Népal.

Photo fournie par France Hurtubise

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

Chaque jour, la terre tremble un peu sous les pieds des Népalais depuis le terrible séisme qui a fait plus de 8000 victimes, le 25 avril dernier. Mais hier, c'était une autre histoire. Basés à plus de 2000 mètres d'altitude dans les montagnes, où un hôpital de campagne a été aménagé, les travailleurs de la Croix-Rouge, dont France Hurtubise, ont été témoins d'une puissante secousse.

«La journée a été très longue, mais tout va bien», confie au bout du fil la résidante de Lac-Brome, arrivée au Népal depuis le 2 mai. La responsable des communications pour la Croix-Rouge canadienne est installée, avec d'autres bénévoles et délégués de l'organisme, dans le village de Dhunche, dans le district de Rasuwa.

Dans ce coin de pays niché à 2200 mètres d'altitude au-dessus de la mer, le groupe a aménagé un hôpital de campagne abritant, entre autres, une salle opératoire et une autre d'accouchement. Le centre médical du district avait été rasé par le séisme.

À leur arrivée, toutes les personnes gravement malades avaient déjà été évacuées à Katmandou, à environ cinq heures de route de là. Les travailleurs de la santé se sont concentrés à soigner les gens ayant subi des blessures mineures. Une cinquantaine, voire une soixantaine de patients, sont traités chaque jour.

«On a aussi beaucoup d'accouchements, raconte France Hurtubise. Et on a des pathologies, des gens qui arrivent avec une pneumonie ou la fièvre parce que c'est la mousson et la majorité des gens de la région ici ont tout perdu. Leur maison a été complètement détruite et plusieurs vivent sous une tente. Il y a la pluie, la nuit... Et il fait très froid. Dix, douze degrés.»

Soixante secondes, une éternité

Depuis que la Croix-Rouge canadienne est déployée au Népal, de petites secousses surviennent quotidiennement, une situation considérée comme normale après un tremblement de terre. La Bromoise discutait avec des collègues lorsque la terre a commencé à trembler, hier après-midi.

«C'est particulier parce que la région est construite sur des terrasses, des espèces de plateaux à flanc de montagne. Et devant nous, on a toutes ces montagnes qui s'en vont vers la Chine, le Tibet», décrit-elle.

«On a senti un léger mouvement de la terre et ça a augmenté. On a vu autour de nous les chaises qui bougeaient, les tentes... C'est là qu'on a réalisé que c'était un tremblement de terre. On a vu la population quitter la terrasse du bas. Les gens couraient vers les sentiers avec leurs enfants dans les bras. Ils quittaient leur tente, certains quittaient leur maison et ils se sont assis simplement par terre, sans bouger, et regardaient les montagnes au loin. Il n'y avait aucun bruit.»

Des éboulements rocheux provenant des montagnes ont causé une immense poussière orange, qui a obstrué une partie de la montagne. «On avait de la difficulté à voir de l'autre côté pendant deux, trois minutes», poursuit Mme Hurtubise.

La scène a duré une soixantaine de secondes, une éternité. Mais elle n'a pas craint pour sa vie. Réfugiée dans un site aménagé par la Croix-Rouge où tout le monde doit se rendre en cas d'urgence, la Bromoise dit s'être toujours sentie en sécurité. «On perd un peu l'équilibre et on se demande combien de temps ça va durer. J'avais l'impression d'être dans un état second», résume-t-elle.

Le séisme n'a pas fait de gros dégâts. Même si la secousse a été assez violente, dit Mme Hurtubise, ce qui était resté debout après le premier tremblement était assez solide pour résister cette fois-ci.

Une fois la situation revenue à la normale, la femme s'est empressée de rassurer ses proches au Québec.

France Hurtubise croit que l'hôpital de campagne pourrait être plus occupé dans les jours ou les semaines à venir, avec l'arrivée des blessés du dernier séisme. L'épicentre est situé dans un village densément peuplé, où peu de routes sont aménagées pour s'y rendre. «Il va probablement y avoir des évacuations vers notre hôpital», estime la responsable des communications, qui prévoit rentrer au pays dans deux semaines.

Pour leur part, les Népalais ont repris leur vie quotidienne là où ils l'avaient laissée lors du premier séisme. «Chaque personne a une vache, des poules, cultive son jardin, énumère-t-elle. Ils sont autosuffisants. Ils vivent de leurs récoltes, de leurs animaux.»

«Pour eux, la vie continue. Tout simplement.»

 

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