Projet de loi pour encadrer la cigarette électronique : les vendeurs sont partagés

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Selon Terry Whittam, propriétaire de la boutique de cigarettes électroniques ToutVape, à Granby, le gouvernement ne devrait pas mélanger e-cigarette et produits du tabac.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Le projet de loi 44, présenté le 5 mai par la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, veut restreindre davantage l'usage du tabac, mais aussi inclure la cigarette électronique dans la Loi sur le tabac. Un projet qui suscite des sentiments partagés chez les marchands de ce produit en vogue.

Le projet de loi, s'il est adopté tel quel, prévoit que la e-cigarette sera soumise aux mêmes restrictions que le tabac. Il sera donc interdit de vapoter dans les établissements et endroits publics. La modernisation de la Loi sur le tabac proposée par la ministre va même plus loin, interdisant de fumer et de vapoter sur les terrasses, notamment. «Ça n'a rien à voir avec le tabac, lance Terry Whittam, propriétaire de la boutique ToutVape à Granby. Il n'y a rien du tabac dans nos produits. Ça devrait être une loi ou un encadrement à part.»

Ce dernier, comme les autres propriétaires de boutiques du même genre à Granby, voit toutefois des mesures positives dans le projet de loi, notamment celle voulant que la cigarette électronique et le liquide avec ou sans nicotine ne puissent être vendus aux mineurs. «Merveilleux, tout le monde est d'accord avec ça!»

Carole Gauthier, employée de la boutique Tu-Vap, qui s'exprime au nom de ses patrons, et le propriétaire de Cigarettes Électroniques, Daniel Riendeau, voient en effet d'un bon oeil l'arrivée d'une telle mesure. Mme Gauthier propose tout de même de faire du cas par cas si un jeune fume déjà la cigarette et désire la remplacer pour une cigarette électronique.

Ils sont également favorables à l'article voulant interdire le vapotage à l'intérieur des lieux publics. «À l'intérieur d'un restaurant, je peux comprendre, affirme Mme Gauthier.Si j'ai quelqu'un à côté qui est en train de manger et que je m'en viens vapoter quelque chose qui est très odorant, ça peut être dérangeant. C'est sûr qu'il y a un civisme qui peut exister.»

Oui, mais...

Le projet de bannir la cigarette électronique sur les terrasses fait toutefois grincer des dents Terry Whittam et Carole Gauthier, mais aussi les clients rencontrés par La Voix de l'Est, qui jugent cette mesure exagérée.

«Si on vape du 0 mg de nicotine, on se base sur quoi pour m'empêcher de vapoter sur les terrasses? , se questionne M. Whittam. En dedans, je comprends, mais sur les terrasses, ce n'est basé sur absolument rien.»

«On ne fait pas de fumée secondaire, renchérit Mme Gauthier. On fait de la vapeur.»

Elle ajoute que la mesure concernant la publicité déplaît à ses employeurs. «On n'aura plus le droit d'en faire. La vitrine comme telle, il va falloir qu'elle soit cachée pour ne pas que les gens puissent voir nos produits de l'extérieur. C'est dérangeant parce qu'on ne se considère pas comme un produit comme la cigarette.»

Santé

La ministre mêle-t-elle les choses? «Mon avis à moi, c'est que la cigarette devrait être illégale, tranche Terry Whittam. On sait très bien que c'est une cause à ne plus finir de morts, de malaises cardiaques, de cancers, d'emphysème et de coûts pour la société. Pourquoi la cigarette est-elle encore si vivante et qu'on s'acharne sur quelque chose qui réussit, qui est probablement l'invention la plus phénoménale dans le domaine de la santé depuis 100 ans?»

Grâce à la e-cigarette, nombreux sont les fumeurs qui écrasent. Selon le commerçant, 98 % de sa clientèle a arrêté de fumer grâce au vapotage.

«Ça fait trente ans que je fume et j'avais mal à la gorge. Depuis que je prends ça, dit Sylvain, un client, en pointant son liquide à cigarette électronique, je n'ai plus mal à la gorge, je ne tousse plus. Je suis une personne qui s'entraîne aussi toutes les semaines et je remarque que j'ai plus de souffle. Je crois que c'est meilleur pour moi, et de loin.»

Une autre cliente, Mme Surette, dit vapoter sous la recommandation de son cardiologue. «Mon cardiologue m'a dit qu'une cigarette ou dix, c'est la même chose, mais ça, dit-elle en pointant son liquide nouvellement acheté, même avec de la nicotine, je peux en prendre tant que je veux.»

Même chose pour Carole Gauthier, qui a arrêté de fumer il y a deux ans. Après quarante ans à aspirer et cracher de la fumée toxique, elle vapote et affirme avoir repris le contrôle de sa santé, tout en diminuant la quantité de nicotine ingérée. 

Tous les détails dans notre édition de mardi

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