Courses canicross dans la région : «Bromont pourrait être rayée de la carte»

L'organisatrice des compétitions Canicross Sirius Sports Canins, Geneviève... (Photo Janick Marois)

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L'organisatrice des compétitions Canicross Sirius Sports Canins, Geneviève Baril, en compagnie de son chien Luna.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Malgré un record d'achalandage en octobre dernier, le quatrième Canicross Sirius Sports Canins à Bromont est compromis, a appris La Voix de l'Est. Selon la fondatrice de l'événement réunissant des dizaines de chiens et leurs maîtres, Geneviève Baril, le directeur général du Parc équestre olympique, Roger Deslauriers, veut mettre un terme au partenariat.

«J'habite à Bromont et je suis fière que ma ville fasse partie du circuit de canicross. C'est un sport en pleine expansion qui permet à des centaines de personnes de faire de l'activité physique, de se dépasser, avec leur chien. C'est très bien encadré et aucun animal ne court sans laisse. Ça amène aussi des gens de partout au Québec à découvrir la municipalité. C'est spécial qu'on m'accueille à bras ouverts ailleurs et que je me fasse bloquer chez nous», clame l'organisatrice en entrevue, soulignant que 160 adeptes ont pris part à la course à six pattes à l'automne 2014.

Geneviève Baril concède que les relations tendues entre les deux parties ne datent pas d'hier. Selon l'entraîneuse-chef de Sirius Sports Canins, l'entrée en scène éventuelle des Jeux équestres mondiaux a pesé dans la décision de M. Deslauriers d'interdire la tenue de l'événement. «Dès le départ avec M. Deslauriers, ça a été très complexe d'avoir accès au site qui appartient à Bromont. Ce n'est pas un amoureux des chiens, et ça paraît. Avec les compétitions équestres internationales qui arrivent, il souhaite qu'il n'y ait que des activités reliées au monde des chevaux. Pourtant, plusieurs cavaliers pratiquent leurs disciplines avec des chiens. C'est un non-sens!», lance-t-elle.

Sourde oreille

Lors des derniers pourparlers avec le directeur général du parc équestre, Geneviève Baril estime avoir «fait son bout de chemin», en vain. «Je suis une femme de 30 ans et M. Deslauriers semble avoir beaucoup de pouvoir politique. J'ai beau lui avoir proposé de ne plus utiliser les bâtiments du parc équestre durant nos deux événements (automne et hiver), il a fait la sourde oreille, fait-elle valoir. Il n'y avait aucune ouverture de sa part. C'est dommage parce que le canicross est une activité rassembleuse qui peut aussi amener une nouvelle clientèle à s'intéresser aux sports équestres.»

Pour l'instant, le plan B consiste à se tourner vers une autre ville pour boucler la série de courses. «Bromont pourrait être rayée de la carte, a fait remarquer Geneviève Baril. On a déjà Longueuil, Lac-Brome et Sherbrooke qui font partie du circuit. Et je veux ajouter Montréal cet automne. Pour l'instant, je refuse de baisser les bras, mais s'il n'y a pas d'ouverture des élus pour faire bouger les choses, on va aller ailleurs, c'est tout.»

Questionné à propos de l'impasse dans les négociations entre les deux parties, le président du conseil d'administration du club canin de Bromont, Marc Deslandes, a déploréle «manque de vision» du dirigeant du parc équestre dans le dossier.

 «Les compétitions à Bromont, quelle que soit la discipline, font partie de la qualité de vie des citoyens. Qu'on décide de bloquer une belle initiative comme le canicross, c'est inacceptable!, indique-t-il. Sur quoi peut-on se baser pour prendre une décision comme ça? Ce n'est certainement pas pour une question de sécurité parce que ça se déroule en dehors des épreuves équestres. Ça fait des années que le club canin milite pour favoriser une cohabitation harmonieuse des propriétaires de chiens dans la communauté. C'est désolant de voir qu'on se dirige vers un net recul.»

Sensibilisation

«Depuis 2005, le site du parc équestre est ouvert aux gens qui veulent faire du jogging ou marcher. Tous sont bienvenus, mais laissez vos chiens à la maison», a dit d'entrée de jeu Roger Deslauriers au bout du fil.

Selon celui-ci, le problème est principalement lié à la sensibilisation des participants du canicross. «Les chevaux qui ne sont pas habitués avec les chiens, ça ne se marie pas bien. Et malheureusement, certains propriétaires [de chiens] trouvent le site tellement beau qu'ils reviennent en dehors des compétitions [de canicross].»

Mis au parfum des propos de Geneviève Baril, le directeur général du parc équestre a toutefois nié être «totalement fermé» à la tenue des canicross à venir. «En ce moment, on a d'autres chats à fouetter, mais il n'y a rien d'arrêté encore. Il faudrait s'asseoir pour trouver des solutions.»

Tous les détails dans notre édition de mardi

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