Règlement sur les injures : Granby pourrait être imitée par d'autres villes

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Aux yeux de Suzanne Roy, la nouvelle mouture de l'article 17, adoptée lundi soir à l'unanimité par le conseil municipal, «ne brime pas la liberté d'expression».

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Mrie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) L'initiative de la Ville de Granby, qui a modifié son règlement général pour être en mesure de sévir contre ceux qui injurient un employé municipal sur Internet, risque d'être imitée par d'autres villes, estime la présidente de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy.

«Granby était tout à fait légitimée de prendre cette décision-là», a déclaré Mme Roy en entrevue éditoriale à La Voix de l'Est.

«Pour moi, le respect doit être en tête de liste partout: dans nos communications interpersonnelles, dans nos écrits, même sur Facebook. Ce n'est pas parce qu'on est caché derrière un écran qu'on peut intimider des employés municipaux, qu'ils aient des uniformes ou non», estime-t-elle.

Selon la présidente de l'UMQ et mairesse de Sainte-Julie, «c'est très possible que d'autres municipalités emboîtent le pas» à Granby.

Suzanne Roy dit être bien au fait de la teneur injurieuse de certains messages qui circulent sur Facebook.

Elle ne se gêne d'ailleurs pas pour intervenir quand cela s'impose. Comme cette fois où elle a vu passer sur son fil d'actualité Facebook un commentaire haineux à l'endroit d'un employé de sa municipalité.

«J'ai répondu à la personne en lui disant que la bonne communication passe par le respect. La personne était extrêmement surprise que j'intervienne. C'est comme si ça déshumanise d'être derrière un ordinateur», laisse-t-elle tomber.

Dans les circonstances, la présidente de l'UMQ estime par ailleurs que le débat était prévisible. «Granby a été la première, l'instigatrice. Mais c'était sûr que ça arriverait parce qu'on communique de plus en plus comme ça. Il faut juste se rappeler qu'il y a du monde derrière l'écran», dit-elle.

Écho

Mme Roy reconnaît cependant que l'article 17 du règlement général de la Ville de Granby, qui prévoit des infractions pouvant aller jusqu'à 2000$, s'il y a récidive, pour avoir injurié des employés municipaux en ligne, pourrait être difficile à appliquer.

«Sauf que les bases même que ça inculque interpellent tout le monde parce que ce sont de nouveaux moyens de communication qui sont utilisés», dit-elle.

Certains plaident le contraire, mais aux yeux de Suzanne Roy, la nouvelle mouture de l'article 17, adoptée lundi soir à l'unanimité par le conseil municipal, «ne brime pas la liberté d'expression».

«La liberté d'expression ne va pas jusqu'à l'intimidation des autres et ne va pas non plus jusqu'à être irrespectueux des autres. On peut exprimer un désaccord, une opinion, sans faire d'attaque personnelle et mettre en cause l'intégrité de quelqu'un», juge Suzanne Roy.

Chose certaine, le geste de Granby a trouvé écho dans le milieu municipal.

«La préoccupation est constante dans toutes les villes du Québec. Comme élus municipaux, on a la responsabilité de protéger nos employés contre la diffamation, l'intimidation et les agressions», dit la présidente de l'UMQ.

«Il faut comprendre que Facebook et Twitter, c'est un moyen d'expression. Pas un moyen de défoulement. Quand on communique, il y a des règles», tranche Suzanne Roy.

 

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