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Tensions à la séance du conseil municipal de Bromont : «On se croirait à l'ère Duplessis»

La récente séance du conseil municipal de Bromont... (Photo Catherine Trudeau)

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La récente séance du conseil municipal de Bromont a été le théâtre de vifs échanges durant la période de questions.

Photo Catherine Trudeau

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Le sujet des Jeux équestres mondiaux a fait l'objet d'une dizaine d'interventions de citoyens durant la période de questions du conseil municipal de Bromont, lundi. François Bachand était du nombre. Dans la foulée de son allocution, l'homme estime avoir été la cible de propos «intimidants et calomnieux» de la part du président de la Société d'agriculture du comté de Shefford (SACS), Marcel Bundock, qui chapeaute entre autres le financement des infrastructures du mondial équestre.

L'intervention de François Bachand s'est faite en plusieurs volets. Les esprits se sont échauffés après que l'homme d'affaires a abordé de possibles responsabilités légales de la SACS puis de la Ville dans le dossier des Jeux équestres, notamment si le projet avorte. «Si [la SACS] ne vient pas à bout de bâtir [les infrastructures] pour x raisons, est-ce que la Ville devrait payer pour les finir ou faire tout sortir de là pour remettre de la pelouse? Quelle est votre entente dans tout ça?», a-t-il demandé aux élus.

Mme Quinlan a esquivé les deux questions. «Le site équestre est géré par la SACS depuis très longtemps, a-t-elle indiqué. Depuis 2006, ces gens-là font un excellent travail.» «Ils font un excellent travail sans s'investir dans un bâtiment. Est-ce que ça va être taxable cette bâtisse-là [le manège]?», a rétorqué le citoyen. La mairesse a confirmé que non.

«Avez-vous des garanties solides sur la table que le projet [des Jeux équestres] va se rendre à terme?», a martelé M. Bachand. «Moi, la garantie que j'ai, c'est la crédibilité des gens [qui pilotent le dossier]», a mentionné Mme Quinlan, sous les murmures de l'auditoire.

Le directeur général, Jean Langevin, a repris la balle au bond. «La Ville supporte le projet sous forme de bail emphytéotique avec une foule de conditions de contrôles de chantiers, d'examens de déboursés. On a le choix d'arrêter tout. Les bailleurs de fonds gouvernementaux valident encore le projet. Les garanties financières ne sont pas complètement ficelées», a-t-il précisé.

Les esprits s'échauffent

M. Bundock a ensuite pris la parole devant l'assemblée pour calmer le jeu. «Si jamais il arrivait quelque chose de difficile au niveau de la réalisation du projet, les financiers le reprennent, pas la Ville.» «Non Marcel. Je n'ai jamais vu personne reprendre l'îlot Voyageur», a lancé M. Bachand de l'arrière de la salle. L'homme d'affaires faisait le parallèle avec le fiasco financier du projet immobilier montréalais, racheté en 2010 par Québec. «Mais ils ont repris ta bâtisse par exemple», a rétorqué du tac au tac M. Bundock à son interlocuteur. «Là, tu mêles les affaires!», a riposté M. Bachand. Au même moment, Paul Bienvenu, administrateur à la SACS, a sommé celui-ci de se taire. De nombreuses personnes auraient été témoins de la scène.

Décorum

«J'étais juste à côté des deux hommes quand Paul Bienvenu a dit trois fois à M. Bachand de "fermer sa gueule". Ce sont les mots exacts qu'il a employés. C'est inadmissible, a confié à La Voix de l'Est le Bromontois Marc Deslandes. Et les propos de Marcel Bundock le sont tout autant. Il y a un décorum dans une assemblée du conseil et il faut le respecter, peu importe qui l'on est.»

De son côté, François Bachand s'est dit «surpris de l'attitude et des commentaires» de M. Bienvenu, une connaissance de longue date, à son endroit.

Malgré ses fonctions à la SACS, Paul Bienvenu affirme avoir invectivé M. Bachand en tant que «simple citoyen». «Je suis un gars calme de nature, a-t-il fait valoir en entrevue. Mais quand je voyais que M. Bundock ne pouvait pas transmettre son message, sans être perpétuellement interrompu par François Bachand, je suis intervenu. Est-ce que j'aurais pu utiliser d'autres mots? Peut-être.»

Questionné au sujet de la teneur de ses propos à l'endroit de M. Bachand, Marcel Bundock tranche net: «Moi, je nie toute intimidation. Je ne vais pas à l'hôtel de ville pour me battre avec les gens.»

Son vis-à-vis n'en démord pas: le président de la SACS a «dépassé les bornes». «C'est intimidant, mensonger et calomnieux de la part de Marcel Bundock d'insinuer que j'ai fait faillite et que je me suis fait saisir ma bâtisse. Ce n'est pas le cas du tout. Ça découle d'une simple restructuration de mes entreprises. Les gens aujourd'hui sont plus alertes. Non seulement, la Ville n'informe pas convenablement les citoyens des décisions qui se prennent, en plus, on essaie de nous faire taire si on prend la parole. On ne peut pas tolérer ça! a-t-il clamé au bout du fil. On se croirait revenus dans l'ère Duplessis.»

 

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