Injures sur internet: Granby adopte son règlement

«Comme tout employeur, on doit fournir un environnement... (photo Janick Marois, archives La Voix de l'Est)

Agrandir

«Comme tout employeur, on doit fournir un environnement de travail exempt d'intimidation», a fait valoir le conseiller municipal, Jocelyn Dupuis.

photo Janick Marois, archives La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Le désir de la Ville de Granby d'émettre des contraventions à ceux qui tiennent des propos injurieux sur Internet et Facebook à l'endroit des employés municipaux a déchaîné les passions au cours des dernières semaines. Mais cela n'a pas empêché les élus d'adopter à l'unanimité hier soir la nouvelle mouture de l'article 17 sur les injures du Règlement général.

Depuis le dépôt de l'avis de motion à la mi-avril, le maire Pascal Bonin a dû défendre sur plusieurs tribunes l'ajout projeté au règlement municipal. Hier, le point a toutefois été adopté, sans heurt, en son absence, alors qu'il participe actuellement en Europe à la mission Villes intelligentes, organisée par Les Événements du journal économique Les Affaires.

Plusieurs personnes ont dénoncé - particulièrement sur les réseaux sociaux - la volonté de l'administration municipale de sévir sur Internet. Mais très peu de gens se sont déplacés à l'hôtel de ville pour faire part de leur mécontentement. Seule une citoyenne, Gail Sheppard, a dénoncé l'ajout au règlement. «On ne vit pas il y a 100 ans. On peut dire ce qu'on veut», a dit la citoyenne qui a du même souffle clamé «sa honte de vivre à Granby».

Selon elle, les policiers n'ont qu'à être respectueux envers les citoyens s'ils veulent s'attirer le respect de ceux-ci. Mme Sheppard a même affirmé que les policiers de Granby ont besoin de «cours humanitaires» pour savoir comment agir avec les gens. «C'est votre opinion», a lancé le conseiller Jocelyn Dupuis.

Message plus positif

«Comme tout employeur, on doit fournir un environnement de travail exempt d'intimidation. On doit faire nos devoirs et faire en sorte que ça cesse. L'intimidation est un fléau», a souligné M. Dupuis.

Le maire suppléant, Robert Riel, a pour sa part rappelé que la nature des propos tenus sur la page Facebook Les policiers zélés de Granby a pris des «dimensions incroyables», alors qu'un policier en particulier, identifié par son nom et son matricule, a été la cible des internautes au cours des dernières semaines.

Un citoyen, Alain Généreux, a pour sa part proposé à l'administration municipale d'inviter les citoyens mécontents à s'adresser à l'hôtel de ville pour faire part de leurs doléances. «Ça enverrait un message plus positif parce que là, vous prenez une mesure coercitive pour régler une situation qui touche peut-être 1 % ou 2 %» des policiers «plus baveux».

En clair, à l'article 17 qui prévoit qu'il «est interdit à toute personne de provoquer, d'insulter, d'injurier, de blasphémer ou de molester un agent de la paix ou un officier municipal dans l'exercice de leurs fonctions», l'alinéa «constitue une infraction au présent article des propos tenus sur Internet ou sur les réseaux sociaux» a été ajouté hier soir. L'infraction pourrait être passible d'une amende de 100 $ à 1000 $ pour une première offense et de 200 $ à 2000 $, s'il y a récidive.

La question de la légitimité de l'émission de constats pour des propos tenus sur Internet a été soulevée au cours des dernières semaines. Mais hier, ce point n'a pas été abordé.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer