Des souches pour sortir des sentiers battus

Danny Lamoureux, Luc Racicot et Me Philippe Gaudet... (photo Julie Catudal)

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Danny Lamoureux, Luc Racicot et Me Philippe Gaudet devant une des souches qui seront utilisées pour la fabrication de tables uniques en leur genre. -

photo Julie Catudal

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Enfant pauvre. C'est souvent l'expression qu'emploient les dirigeants d'organisations à caractère social lorsque vient le temps de parler de financement. En cette 64e semaine nationale de la santé mentale, la Fondation Ma vie en main prêche par l'exemple en mettant sur les rails un projet novateur.

Après la confection de chaises Adirondack et de cabanes d'oiseaux, voilà que les ébénistes en herbe de l'usine-école de la Société de formation industrielle de l'Estrie (SOFIE) se lancent dans la fabrication de tables uniques en leur genre à partir de souches d'arbres recyclées.

«On ne peut pas rester les bras croisés en attendant que l'argent tombe du ciel, illustre le président de la Fondation, Me Philippe Gaudet. Alors, on a décidé de miser sur un créneau très recherché: les meubles sur mesure qui ont un style unique. C'est la clé si on veut se démarquer.»

En fait, l'idée a germé par hasard, alors que Danny Lamoureux et Luc Racicot, respectivement psychoéducateur et ébéniste au sein du programme de la SOFIE, «furetaient sur le Net». «Luc et moi, on cherchait un concept flyé pour un nouveau projet. Dès que j'ai vu une table en souche d'arbre sur l'internet, ça a cliqué!», lance avec enthousiasme l'agent de réinsertion sociale affilié au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) - Estrie.

En quelques jours, des souches de forte dimension ont été glanées çà et là. «Ça peut paraître facile, mais trouver des souches de bonne taille et en assez bon état pour en faire un meuble en gardant l'aspect du matériau brut, c'est loin d'être évident. Mais ce qu'on a amassé est très prometteur», fait valoir l'expérimenté menuisier.

Jusqu'ici, la Fondation a réuni quatre imposantes tranches d'arbres dans son vaste atelier, situé rue Laval Sud à Granby. À terme, le projet pourrait déboucher sur une expo-vente. «On compte maintenant sur la population pour faire une bonne action pour la cause en nous appelant s'ils veulent se débarrasser de souches sur leur terrain», indique M. Racicot. Pour ce faire, les citoyens de la région n'ont qu'à le contacter au 450-770-8088, poste 32.

Comme chaque pièce est unique et concoctée au goût du client, le prix est aléatoire, mentionne M. Racicot. «Certaines tables pourraient se vendre 1000 $, d'autres plus. Tout dépend du temps pour la fabriquer et de l'essence d'arbre choisie.»

Repousser ses limites

La douzaine de candidats du programme sont, pour la plupart, toxicomanes ou décrocheurs en raison de problèmes en santé mentale. Noah (nom fictif) est du nombre. L'initiative Ma vie en main a été pour lui une véritable révélation. «Ça fait sept ans que je viens ici, confie le jeune schizophrène. Avant, juste aller faire l'épicerie, c'était tout un défi. Grâce au programme, j'ai surmonté mes faiblesses. J'ai pris ma place. Maintenant, j'ai du leadership!», lance-t-il fièrement.

En fait, Noah est devenu «père-aidant» au sein du groupe. «Noah a beaucoup d'aptitudes en ébénisterie et comme individu. Ses qualités font de lui un modèle pour les autres. Il est donc une référence pour les autres participants du programme», explique Danny Lamoureux.

Pour Noah, le projet de tables est une belle façon de repousser ses limites. «Mon but ultime, c'est de retourner sur le marché du travail. Et je sais que je vais y arriver, insiste le jeune homme. Faire des tables avec de vieux arbres, c'est super! Ça nous sort de notre zone de confort.»

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