La famille Turk garde espoir

Ceylan, Kamber et leurs enfants, Helin, Derine et... (photo Julie Catudal)

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Ceylan, Kamber et leurs enfants, Helin, Derine et Sila, sont menacés d'être renvoyés dans leur pays d'origine, la Turquie, où les Kurdes font l'objet de persécutions.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Les portes se sont inexorablement refermées, mais les six Kurdes de Rougemont sont en santé et ne risquent pas leur vie. «On est comme en prison, mais c'est mieux que la Turquie», résume Orhan Turk, réfugié depuis plus de trois mois avec les siens dans le sous-sol de l'église Saint-Michel.

Son frère, sa belle-soeur, ses nièces et lui suivent avec intérêt ce qui se passe dans leur pays d'origine, alors que les djihadistes frappent à la porte de la Turquie à partir de la Syrie. Les Kurdes sont engagés à plein dans les combats contre l'EI depuis plusieurs semaines.

La famille aménage petit à petit le sous-sol, qui pourrait bien demeurer son nid pendant plusieurs mois. Déjà, une pièce supplémentaire est accessible et c'est là que les représentantes de La Voix de l'Est ont été reçues. C'est aussi là qu'Orhan dort et que Ceylan cuisine sur deux ronds électriques. Des cloisons temporaires ont été fabriquées avec du tissu, le même qui recouvre les murs permanents, afin de rendre l'endroit plus chaleureux.

Les enfants parlent parfaitement le français. Les deux plus vieilles, Sila, qui fêtera ses 12 ans en juillet, et Helin, 6 ans, se plaisent à l'école. Elles ont de bonnes amies.

Les trois adultes, Orhan, Ceylan et Kamber, comprennent de mieux en mieux la langue du Québec et disent les phrases d'usage avec plus de confiance. Mais leur professeur de français n'est jamais venu. Ils espèrent qu'il le fera un jour.

En attendant, ils ont la tête ailleurs et du mal à se concentrer pour apprendre. Ils pensent à ce qui les attend s'ils doivent retourner en Turquie, à ce qu'il faut faire pour ne pas en arriver là.

La suite

S'il peut y avoir du positif pour eux dans cette histoire, c'est le rapprochement qu'ils vivent avec la communauté. Ceylan est reconnaissante du soutien reçu et du bien que ça leur procure.

Derine, un an et demi, ne sort que rarement. Quand elle va se promener, c'est avec ses soeurs, et pour de courtes périodes.

C'est peut-être ce qui manque le plus à la mère de famille: les promenades à l'extérieur. Les adultes se permettent à l'occasion de sortir à moins de trois mètres de la porte, mais jamais plus loin, de crainte qu'un agent d'immigration ne soit dans les parages.

Des démarches auprès d'un avocat ont été entamées. La semaine dernière, le comité de soutien qui a pris la famille sous son aile s'est réuni pour faire le point et préparer leur plan pour la suite des choses.

«On a parlé à un avocat. On va présenter une demande de résidence permanente pour circonstances d'ordre humanitaire», explique l'interprète et ami de la famille, Maksuni Oerde. De nombreux documents seront rassemblés, notamment des articles d'actualité sur la situation en Turquie. L'avocat remettra la demande bien ficelée directement au ministère fédéral approprié.

La démarche pourrait coûter plus de 7000$, mais elle vaut la peine d'être tentée. «Il faut avoir de l'espoir, remarque M. Oerde. On savait que ça n'allait pas être facile.»

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