Subsister grâce à l'aide alimentaire

La visite à l'épicerie s'est transformée en véritable... (photo Julie Catudal)

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La visite à l'épicerie s'est transformée en véritable rallye, afin de réunir toutes les denrées mentionnées sur la liste.

photo Julie Catudal

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Peut-on bien se nourrir avec peu de moyens? La Voix de l'Est a fait le test, en s'alimentant avec l'équivalent d'une semaine de dépannage alimentaire offert par SOS Dépannage. En voici le résultat.

Sept jours. Deux adultes. Un défi. Subsister pendant une semaine, ou plus, avec les denrées remises par SOS Dépannage, tout en tentant de s'alimenter le mieux possible.

Avant de procéder, quelques mises au point. L'idée derrière l'expérience était de mettre à rude épreuve le vieux préjugé voulant qu'en étant démuni, on soit condamné à manger mal. Toutefois, loin de moi l'idée de me glisser dans la peau de la clientèle de SOS Dépannage, car on ne peut la réduire au simple dépannage alimentaire.

Par ailleurs, le fait de se nourrir pendant une seule semaine à l'aide des denrées remises ne permet pas d'expérimenter la réalité, à plus long terme, de ces personnes.

Sacs à surprises

«Je ne veux pas t'en mettre plein la vue: tu auras vraiment ce qu'on donne réellement aux gens», prévient Norman Dunn, le directeur général de SOS Dépannage.

Les denrées en question sont offertes gratuitement aux personnes admissibles à l'aide alimentaire. On remet également aux familles dont les enfants fréquentent l'école des items servant à la préparation des lunchs. À cela peuvent s'ajouter des produits d'hygiène personnelle, offerts au besoin.

Pour vérifier la valeur des paniers de dépannage, et ne pas en priver une famille réellement démunie, j'ai quitté la banque alimentaire de la rue Matton avec deux listes pour un ménage de deux adultes; une pour les aliments périssables, et une autre pour les denrées en conserve. Celles-ci ont été préparées par les bénévoles de l'organisme selon la taille de la famille à dépanner.

J'ai d'abord été surprise par le volume d'articles que j'aurais à acheter. J'ai aussi été étonnée par la faible quantité de fruits et de légumes, en comparaison avec tout ce que je devais me procurer en féculents... et en yogourt!

SOS Dépannage justifie cela par le fait qu'elle inclut dans ses sacs des surplus donnés par des entreprises locales; ceux-ci doivent être rapidement écoulés pour ne pas être perdus. Les quantités sont gérées et redistribuées selon le nombre de rendez-vous de dépannage prévus. Et les surplus de fruits et légumes se font plus généreux en été et à l'automne.

Rallye à l'épicerie

La visite à l'épicerie s'est transformée en véritable rallye afin de réunir toutes les denrées énumérées, une opération ayant nécessité près d'une heure et demie.

Certains articles sur la liste étaient non précisés, laissant la liberté de choisir certaines variétés de légumes en conserve, par exemple. Trente-deux des 48 pots de yogourt et un des deux sacs de 5 lbs de pommes de terre ont été abandonnés, en sachant qu'ils ne pourraient être consommés au cours de la semaine.

Je suis sortie du commerce avec quatre gros sacs bien remplis et une facture de 169,59$ - beaucoup plus qu'estimé, et beaucoup plus que ce qu'il en coûte chaque semaine pour nous rassasier, mon amoureux et moi.

Aux fourneaux!

Vint ensuite la partie amusante de l'exercice: cuisiner.

Pour maximiser chaque aliment et apprêter ainsi le plus grand nombre de plats (portions) équilibrés, une liste des recettes a été dressée préalablement à partir de la liste.

La plupart des plats ont été cuisinés simultanément, ce qui a permis d'économiser temps et vaisselle. Au total, un peu plus d'une demi-journée a été nécessaire pour en préparer la vaste majorité.

Beaucoup de choix au petit-déjeuner, et de quoi nous remplir jusqu'à midi: rôties avec confiture et beurre d'arachides, muffins anglais, céréales, yogourt et fruits.

Pour les dîners et les soupers, nous sommes arrivés à cuisiner 44 portions et près d'une dizaine de plats différents (voir encadré).

Au goût, les repas étaient satisfaisants et variés, même si certains aliments, comme les légumes, ont été utilisés plus d'une fois. Malgré cela, si au départ j'étais enchantée de déguster mes créations, au troisième repas à manger la même chose, c'était une autre histoire. Et je ne vous parle pas des hot dogs!

Ajoutons à ces 44 portions préparées les deux dîners préparés achetés en épicerie, le repas en conserve et quelques soupes avec craquelins, nous aurons donc, finalement, pu manger pendant... onze jours. Il demeurait bien quelques boîtes de pâtes, pains et conserves, mais rien de suffisant pour cuisiner un repas complet.

Mission possible

Onze jours. Deux adultes. Un défi relevé. J'en ai conclu qu'il est possible de bien s'alimenter à partir d'un dépannage alimentaire, à condition de faire des choix judicieux.

Il faut aussi faire preuve d'ingéniosité et de débrouillardise pour limiter les pertes, mais c'est possible. Il y a donc un travail de recherche à faire, et cela peut prendre du temps si on ne cuisine pas régulièrement. Et surtout, on ne mange pas toujours ce qu'on veut, quand on veut.

 

Tous les détails dans notre édition de samedi

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