Fin de l'Association Québec-France : «Nous assistons à une dérive politique»

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Le président de l'Association Québec-France, section Haute-Yamaska, Luc Perron.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Une décision brutale. Ce sont les mots qu'emploie le président de l'Association Québec-France (AQF) - section Haute-Yamaska, Luc Perron, pour décrire l'annonce du gouvernement Couillard de couper les vivres à l'organisation mère. Celle-ci tirera sa révérence, le 30 juin, après des décennies à soutenir des projets d'échanges et de partenariats entre l'État européen et le Québec.

«Comment le gouvernement du Québec peut-il agir de façon unilatérale en coupant une subvention qui a autant de belles retombées ici et de l'autre côté de l'Atlantique?», a lancé M. Perron au bout du fil. «Nous assistons à une dérive politique.»

La France avait graduellement délaissé le financement de cette collaboration au cours des dernières années. Québec a donc emboîté le pas. Ainsi, le 14 avril, le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) a coupé la subvention de 160 000$ octroyée à l'AQF, qui regroupe 18 associations régionales à travers la province.

Les commentaires du président de l'AQF, André Poulin, publiés dans Le Devoir, sont plutôt cinglants. «La relation citoyenne franco-québécoise que nous entretenons depuis plus de 45 ans grâce au réseau des associations Québec-France et France-Québec et à leurs milliers de membres bénévoles n'a visiblement plus de valeur aux yeux des gouvernements français et québécois», a-t-il déploré en marge du conseil d'administration extraordinaire du 24 avril.

Déconnecté

Selon M. Perron, le gouvernement québécois est «complètement déconnecté» de la réalité des échanges entre les deux partenaires de longue date. «La ministre des Relations internationales [Christine St-Pierre] a erré dans le dossier. De toute évidence, elle ne comprend pas la dynamique qui existe entre le Québec et la France. Si nous avions été consultés, le résultat aurait certainement été différent. Nous n'étions pas préparés à une décision aussi brutale», a-t-il clamé, amer.

Le président de la section Haute-Yamaska a aussi mis en lumière le «manque de vision» de Québec dans le dossier, citant en exemple le retrait de l'enveloppe de 55 000$ normalement consentie à l'AQF pour utiliser la Maison Louis-Fornel dans le Vieux-Québec lors d'échanges avec la France. «Couper un si petit montant qui fait toute la différence pour l'Association, c'est incompréhensible.» Rappelons que des travaux de restauration ont récemment été effectués par la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) dans le bâtiment patrimonial.

Continuité

Malgré la décision de fermer l'AQF en juin, plusieurs de ses ramifications régionales, dont celle de la Haute-Yamaska, comptent poursuivre le partenariat ficelé avec la France au cours des décennies. «C'est évident que nous ne pourrons pas remplacer la vigueur de projets majeurs à l'échelle provinciale, faute de budget. Mais nous allons tout faire pour que les relations et les échanges se perpétuent à long terme. C'est notre mission», a indiqué M. Perron.

D'ailleurs, les 11 membres de la section régionale fouleront le sol français du 7 au 22 mai. Ce voyage sera notamment l'occasion de prendre le pouls de quelques associations jumelles. De plus, de nombreux jeunes visiteurs français feront de même dans le cadre d'échanges interculturels, qui auront lieu dans la région en août, puis au cours des deux mois suivants. «Nous ne changeons rien aux plans pour cette année», a assuré M. Perron.

 

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