Les empreintes digitales à l'ère du numérique

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Les empreintes digitales sont maintenant numérisées. Terminés l'encre et le papier. La technologie est désormais au service des policiers.

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Bromont) Terminés l'encre et le papier. La technologie est mise à profit par les organisations policières afin de prélever et acheminer de façon numérique les empreintes digitales des criminels, répondant ainsi à une nouvelle exigence ministérielle. Le Service de police de Bromont est le premier corps policier municipal au Québec à avoir été branché au réseau national.

La banque nationale des empreintes digitales relève de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC). Une contient celle des criminels, l'autre, la banque criminalistique, conserve les empreintes retrouvées sur des scènes de crime.

Au Québec, les services de police municipaux doivent transmettre toutes les empreintes qu'ils prélèvent à la Sûreté du Québec, mandataire désigné pour la province. À son tour, elle transfère les empreintes reçues à la GRC.

Il n'y a pas si longtemps, les empreintes étaient prises selon la bonne vieille méthode à l'encre. Deux fiches du criminel étaient acheminées à la SQ, qui en conservait une et qui transmettait la deuxième à la GRC. Le tout se faisait par courrier.

«On avait beaucoup de retours parce que les empreintes n'étaient pas assez claires. Des fois, il y avait trop d'encre, parfois pas assez», explique Mario Genest, directeur adjoint au Service de police de Bromont et responsable du département des enquêtes.

La GRC avait annoncé, il y a quelques années, que les corps policiers du pays devraient se doter d'un appareil permettant la transmission des empreintes digitales par voie numérique, ce qui est une obligation depuis le 1er avril. Au cours des deux dernières années, la SQ a équipé ses postes de façon progressive.

C'est maintenant au tour des services policiers municipaux de se mettre au diapason. Le Service de police de Bromont s'est équipé de l'appareil LiveScan, qui se détaille entre 35 000$ et 40 000$. L'appareil sert de courroie de transmission et non de banque pour conserver les données. Tous les corps policiers en possèdent désormais un et préparent actuellement le branchement au réseau national.

La technologie au service des policiers

Bromont est toutefois le premier a, il y a près d'un mois, avoir été branché au réseau national en temps réel. Lorsqu'une personne se présente au poste de police pour prélever ses empreintes digitales, un nouveau ficher est créé à son nom grâce à l'appareil. Tous ses renseignements personnels sont inscrits, notamment en scannant son permis de conduire ou en entrant ses données manuellement.

Un doigt à la fois, le policier place ensuite la main de la personne sur le lecteur en suivant un ordre établi. «Tu commences par une série de doigts et tu ne peux pas en sauter un sinon l'appareil le reconnaît», explique Sandy Robitaille, agente multiplicateur au Service de police de Bromont, qui a formé ses collègues pour l'utilisation de l'appareil.

Les paumes et les côtés des mains sont également pris. Des pastilles de couleurs apparaissent pour valider si l'empreinte, qui s'affiche en gros plan à l'écran, a été scannée correctement ou si elle doit être reprise.

Un appareil photo fixé au mur permet de prendre en photo le criminel. L'appareil s'assure de bien cadrer le cliché qui est joint à la fiche. Une trentaine de minutes sont nécessaires pour compléter l'identification du criminel. Une fois le processus complété, la fiche regroupe les informations de l'individu, ses empreintes et son portrait dans le même document.

L'appareil permet finalement de transmettre la fiche complète à la Sûreté du Québec, qui la relaie ensuite à la GRC, comme c'était le cas auparavant, l'encre en moins.

Pour arriver à la transmission en temps réel, tout un processus a dû être complété, notamment en établissant les liens entre les organisations policières concernées sur une bande sécurisée. L'étape la plus complexe a été de s'assurer qu'en cas d'erreur, le document revenait au corps policier, qui avait prélevé les empreintes et non à la SQ, explique M. Genest.

Le Service de police de Bromont a ensuite obtenu sa certification avant de pouvoir procéder à l'envoi des empreintes digitales par voie numérique. «C'est bon pour la sécurité en général de la population», conclut M. le directeur adjoint.

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