Les enseignants font du bruit

Une centaine de membres de la Fédération autonome... (photo Alain Dion)

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Une centaine de membres de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) ont défilé devant le centre administratif de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, hier. À droite, Éric Bédard, président du Syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska, membre de la FAE.

photo Alain Dion

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Trompette à la bouche et pancarte à la main, une centaine d'enseignants ont manifesté bruyamment devant le centre administratif de Val-des-Cerfs, hier.

Les membres de la Fédération autonome de l'enseignement ont pesté pendant 30 minutes contre les offres patronales de Québec, qui veut augmenter leur charge de travail, et les coupes dans les services aux élèves annoncées par la commission scolaire.

«Les enfants en difficulté d'apprentissage n'ont pas fini de l'être», a déclaré Chantal Beauchemin, enseignante au primaire.

L'augmentation du nombre d'élèves par classe et la fin du système de «cotation» des jeunes en difficulté viennent alourdir leur tâche. «S'ils bourrent nos classes, ça va faire une différence, dit Mme Beauchemin. On ne va pas augmenter la réussite.»

«Il faudrait nous cloner!», ajoute sa collègue, Marie-Claude Chevrier.

Moyens de pression

Entre deux cris de ralliement, les enseignants reprochent à Val-des-Cerfs de vouloir économiser dans les écoles sans toucher au centre administratif. Le même reproche est adressé à Québec. «Le jour où le gouvernement coupera lui-même dans ses dépenses inutiles, ce sera moins dur pour nous d'accepter les coupes», dit Line Perreault.

Le président du Syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska, Éric Bédard, a mentionné le port d'un macaron interdit par la commission scolaire parce qu'il porte le slogan «J'enseigne: mon patron me méprise».

«On rappelle qu'on a le droit de s'afficher, dit-il. On a eu des menaces, on essaie de nous museler... C'est la poutine habituelle.»

En guise de moyens de pression, des enseignants de Val-des-Cerfs ont aussi réduit leur zèle, notamment dans l'organisation d'activités. «C'est clair que les élèves vont en être affectés, reconnaît Éric Bédard. Mais c'est moins pire que tout ce qu'il y a sur la table. L'éducation, est-ce là où il faut couper? L'austérité, je n'y crois pas. L'argent, il est là, il faut aller le chercher. Ça prend du courage politique.»

Les professionnels aussi

Par le biais de leur président, les employés professionnels (psychologues, orthophonistes, conseillers en orientation) de l'est de la Montérégie ont aussi fait connaître leurs inquiétudes, hier, à la faveur d'une conférence de presse tenue à Brossard.

Si les coupes annoncées par Val-des-Cerfs sont appliquées, «c'est la mort des services aux élèves», souligne Robert Huard, président du Syndicat des professionnelles et professionnels des commissions scolaires de Richelieu-Yamaska (SPPRY), joint hier. «On est déjà au minimum.»

Les psychologues ont «la langue à terre», donne-t-il en exemple. À Val-des-Cerfs, ils ne sont que 10 pour 18 000 élèves et deux postes doivent être abolis par attrition d'ici trois ans. Ils ne pallient donc que les urgences.

Or, la commission scolaire devra faire en sorte que les services soient assurés quand même, sinon le SPPRY «ira en arbitrage», dit son président. «Les élèves ne doivent pas être pénalisés, mais c'est eux qui vont payer le plus. C'est très dangereux.»

  

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