Stéphane Dion: un équilibre budgétaire «artificiel»

Le député libéral de Saint-Laurent-Cartierville, Stéphane Dion, et... (photo Alain Dion)

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Le député libéral de Saint-Laurent-Cartierville, Stéphane Dion, et le candidat du PLC dans Shefford, Pierre Breton -

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Maxime Massé
Maxime Massé
La Voix de l'Est

(Granby) Le budget déposé hier par le gouvernement Harper favorise les mieux nantis au détriment de la classe moyenne, a indiqué le député et ancien chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, en entrevue avec La Voix de l'Est.

«Un gouvernement qui fait des compressions qui frappent la classe moyenne pour ensuite dégager un surplus qu'il remet aux plus riches par des baisses d'impôts mal ciblées, c'est un gouvernement dont on doit se débarrasser», a-t-il lancé.

M. Dion a notamment dénoncé la décision des conservateurs d'aller de l'avant avec le fractionnement du revenu pour les familles ayant des enfants de moins de 18 ans. Celui-ci permet à un parent au revenu le plus élevé de transférer jusqu'à 50 000$ de revenu imposable à son conjoint et d'obtenir un crédit d'impôt non remboursable pouvant atteindre 2000$.

«Si tu as deux milliards à dépenser, dépense-les de façon à investir pour l'avenir du pays et donner une erre d'aller à une classe moyenne qui est maintenant hyperendettée. Il ne faut pas donner ça à des gens qui vont être heureux de le prendre, mais qui n'en ont pas vraiment besoin», a dit Dion, précisant que cette approche a été dénoncée autant par le directeur du budget que par la majorité des économistes.

L'augmentation du plafond annuel de cotisation à un Compte d'épargne libre d'impôt (CÉLI) qui passe de 5500$ à 10 000$ a également fait sursauter le porte-parole libéral en matière d'affaires intergouvernementales.

«Qui va en profiter sinon ceux qui ont assez d'argent pour économiser 10 000$ par année?», s'est interrogé M. Dion qui était de passage à Granby pour participer en soirée à un cocktail de financement en compagnie du candidat libéral dans Shefford, Pierre Breton.

Il a déploré que les baisses d'impôts annoncées dans le cadre du budget bénéficient à seulement 15% des ménages, qui sont pour la plupart parmi les mieux nantis.

M. Breton ne voit pas non plus d'un bon oeil ces deux mesures fiscales. «C'est dommage. C'est de l'argent qui pourrait être investi chez la classe moyenne (...) J'ai neuf citoyens sur dix qui ne verront jamais un sou de ces réductions-là (dans le comté de Shefford)», a-t-il noté, plaidant plutôt pour la création d'emplois de qualité et la bonification des programmes d'infrastructures.

La priorité: déloger Harper

Tout comme son chef Justin Trudeau, M. Dion a aussi avancé que ce premier surplus budgétaire en huit ans n'était pas dû à une bonne gestion des conservateurs.

Il l'attribue d'abord à l'utilisation du fonds de réserve, à la vente des actions de GM qui a rapporté environ 3,6 milliards et aux diverses compressions réalisées par le gouvernement Harper.

«On se retrouve avec un surplus, c'est vrai. Mais c'est parce qu'il y a eu une vente de feu et qu'il repousse l'essentiel de ses investissements en infrastructures en 2019. C'est loin quand on a besoin tout de suite de créer des emplois.»

«On a un équilibre budgétaire aujourd'hui, mais il est artificiel. Il est bâti sur quelque chose qui hypothèque l'avenir alors qu'au contraire, il faut construire pour l'avenir», a-t-il ajouté.

Accusant Harper d'opposer l'environnement et la culture à l'économie, il s'en est aussi pris aux nombreuses coupes effectuées dans ces deux domaines.

À l'échelle locale, Stéphane Dion a donné l'exemple du Festival international de la Chanson de Granby qui a la capacité d'être un levier économique avec «de petits investissements bien ciblés».

Même chose pour la protection des bassins versants de la rivière Yamaska dans laquelle il faut investir pour assurer la qualité de l'eau et une croissance économique. «C'est le genre de négligence qu'on va payer cher plus tard», estime-t-il.

Toutes des raisons qui, selon lui, rappellent l'importance de déloger Harper lors des prochaines élections fédérales qui auront lieu en octobre. Et, bien entendu, il estime que l'équipe libérale est la mieux placée pour remplir ce mandat, vantant au passage Pierre Breton qu'il a qualifié «de candidat bien enraciné dans son milieu» et «d'excellent gestionnaire».

«J'entends représenter les citoyens du comté de Shefford de façon digne. Les gens s'attendent à avoir un député qui va les écouter, les supporter, qui va pouvoir mener leurs dossiers et avoir une influence à Ottawa. (...) Les gens souhaitent du changement dans le comté de Shefford, ça, c'est très clair», a pour sa part assuré celui qui portera les couleurs du PLC dans la région.

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