Don d'organes: «Chaque personne peut sauver jusqu'à huit vies»

Dr Olivier Maynard, urgentologue au CHG, Ariane Morissette,... (photo Janick Marois)

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Dr Olivier Maynard, urgentologue au CHG, Ariane Morissette, de Transplant Québec et Nancy Bonvouloir, ayant reçu une greffe de rein à deux reprises... espacées de 21 ans.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Alors que la semaine nationale du don d'organes bat son plein jusqu'au 25 avril, Transplant Québec tiendra un kiosque d'information aux galeries de Granby, demain, de 14 h à 21 h. Ce sera une belle occasion de déboulonner les mythes entourant la transplantation.

Au 31 décembre 2014, 1073 personnes attendaient une greffe au Québec pour seulement 154 donneurs potentiels. Voilà une statistique pour le moins éloquente. L'équipe du Centre hospitalier de Granby (CHG) a décidé de prendre les choses en main pour renverser la vapeur. «Avant, on mettait beaucoup d'efforts sur la sensibilisation des médecins à l'importance du don d'organes chez leurs patients. Cette année, notre approche vise davantage la poursuite de l'éducation de la population. C'est primordial si on veut faire bouger les choses», insiste le Dr Olivier Maynard, urgentologue au CHG.

Selon celui-ci, près de 90% des gens se disent en faveur de ce type de prélèvement, alors que dans les faits, environ la moitié d'entre eux signent leur carte de don d'organes.

«Il faut qu'il y ait un changement de mentalité. Pour ça, il faut d'une part que les gens adhèrent au don d'organes. Mais il faut aussi qu'ils en parlent à leurs proches pour faire connaître leur volonté puis pour créer un effet d'entraînement», indique-t-il.

À bas les mythes

Plusieurs mythes sont bien enracinés dans la population. Un pas à la fois, les tabous tombent. «Sensibiliser les gens au don d'organes, c'est un travail de longue haleine, concède le Dr Maynard. Bien des gens ont peur de ne pas recevoir tous les soins possibles pour se faire prélever un rein par exemple, alors que ce n'est pas du tout la réalité. Les médecins ont pour principal objectif de tout faire pour sauver les gens.»

Il y a aussi l'âge et l'état de santé qui freinent souvent les gens. «Pourtant, aucun citoyen n'est trop vieux pour faire un don d'organes. Et même quelqu'un qui a un cancer peut contribuer. Il ne faut jamais perdre de vue que chaque personne peut sauver jusqu'à huit vies», insiste l'urgentologue.

Des propos qu'endosse Ariane Morissette, de Transplant Québec. «Les familles sont souvent mal informées au sujet du don d'organes. Et même quand un de leurs proches a signé sa carte, il arrive que les parents s'y opposent. C'est pour cette raison qu'il est important d'en parler. Chaque personne, par un simple geste, peut redonner la santé à 20 autres. C'est majeur!», lance-t-elle.

Un second souffle

Signer sa carte de don d'organes peut faire toute la différence. Nancy Bonvouloir, une jeune femme de Saint-Alphonse, peut en témoigner. Ayant reçu une greffe de rein à l'âge de 16 ans, sa vie a basculé 21 ans plus tard, alors qu'elle a dû à nouveau subir le même type de transplantation. «Les gens ne réalisent pas à quel point la vie est fragile, confie-t-elle. J'étais en dialyse depuis un bout et j'ai reçu le plus beau cadeau de Noël le 24 décembre dernier, quand on m'a appelée pour me dire qu'on avait trouvé un donneur. Il ne se passe pas une journée sans que je pense à la personne qui m'a sauvé la vie.»

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