En cour depuis 10 ans Kyling étouffe un sanglot

Toujours accusé d'avoir opéré un réseau de trafic... (photo La Voix de l'Est)

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Toujours accusé d'avoir opéré un réseau de trafic de marijuana, Werner Kyling (à gauche, accompagné de son avocat, Me Thomas Walsh) entend plaider le délai déraisonnable et l'abus de procédure.

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Le présumé baron de la drogue Werner Kyling a eu la voix brisée, hier en cour, en évoquant la saga judiciaire dans laquelle il est empêtré depuis 10 ans.

«J'avais 62 ans quand...», a déclaré en anglais l'homme de Saint-Armand, étouffant un sanglot en faisant référence à sa dernière arrestation. Puis il s'est reprit. «J'en ai 72 aujourd'hui. Je suis tanné.»

Par le biais de son avocat, Me Thomas Walsh, M. Kyling veut déposer des requêtes pour délai déraisonnable et abus de procédure afin de faire tomber les accusations de gangstérisme, complot, production et trafic de marijuana qui pèsent toujours contre lui.

Après des années de préparation et un procès de longue durée, il avait été condamné à quatre ans de prison, en 2011, tandis que ses coaccusés écopaient de peines allant d'un an et demi à quatre ans d'incarcération. Or, la Cour d'appel a renversé les verdicts et ordonné un nouveau procès, deux ans plus tard, indiquant que le jury n'était pas suffisamment bilingue.

«Procès injuste»

La tâche de tenir un nouveau procès incombe au juge Guy Cournoyer, de la Cour supérieure, qui entend maintenant les parties au sujet des requêtes. Fidèle à son habitude, Werner Kyling a tenu à s'exprimer avec son franc-parler habituel. «Nous ne sommes pas en position d'obtenir un procès juste avec ces gens-là, a-t-il dit en pointant l'équipe de la Couronne. Nous avons déjà eu un procès injuste. Preuve fabriquée, faux témoignages... Comment pouvons-nous nous attendre à un procès juste?»

Le bouillant septuagénaire a aussi demandé que l'argent saisi lors de son arrestation lui soit restitué. Une requête à laquelle le magistrat ne pouvait pas accéder à ce stade-ci.

«Je sais que vous voyez les présentes audiences comme pénibles et difficiles, a dit le juge Cournoyer. Mais si vous étiez trouvé innocent par un jury?»

«Pour moi, ça ne changera rien. J'ai déjà fait 33 mois de prison», a répondu l'ex-vendeur de copeaux de bois. M. Kyling a aussi exigé d'avoir un procès séparé de ses coaccusés puisqu'il n'a «rien à voir avec ces gens-là», a-t-il dit.

«Allégations sérieuses»

Me Robert Rouleau, de la Couronne, ne s'est pas montré chaud à cette demande, tout comme pour les autres requêtes. «Ce sont des allégations très sérieuses, a dit l'avocat. Nous allons devoir les traiter, et le faire avec exactitude.» Les discussions se sont avérées en effet très techniques, hier.

Le juge Guy Cournoyer a dit vouloir «bien faire les choses». «Je ne satisferai pas tout le monde, mais j'offrirai des audiences justes. Il n'y a rien de simple dans ce dossier.» Il a dit hésiter entre entendre les requêtes avant ou après le nouveau procès.

À la défense, Me Thomas Walsh préfère évidemment la première option, qui permettrait à ses clients d'éviter des audiences supplémentaires «avec la même preuve». Sa requête en abus de procédure vise essentiellement les audiences en extradition dont le célèbre «cartel de Bedford» avait fait l'objet en 2006. Invoquant un manque de preuves, le juge James Brunton avait alors refusé que les accusés subissent leur procès aux États-Unis.

Les derniers accusés du projet Cure ont déjà plaidé le délai déraisonnable et l'abus de procédure, en 2011, mais sans succès. Me Walsh avait aussi tenté d'exclure la preuve d'écoute électronique et compte récidiver avec cette requête dans les prochaines semaines.

Il représente Brian Bordo, Martin Castilloux, Martin Clohosy et Gilles Couture dans ce dossier. Quatre jours ont été réservés cette semaine, au palais de justice de Granby, pour que les parties débattent des requêtes.

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