Saison écourtée, bilan partagé

Après un début de saison plutôt timide, les... (photo Julie Catudal)

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Après un début de saison plutôt timide, les clients ont répondu présents à l'Érablière Bernard. On y servait un dernier repas cette année, hier soir.

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Jonathan Gagnon
La Voix de l'Est

(Granby) Après un début de temps des sucres aussi tardif qu'inquiétant, les producteurs locaux contactés hier dressent un bilan partagé de la dernière saison.

À la toute fin du mois de mars, La Voix de L'Est rapportait les craintes d'artisans locaux concernant la persistance de températures froides, lesquelles sont peu propices à l'écoulement de l'eau d'érable.

Le propriétaire de la Cabane du Pic-Bois, André Pollender, est de ceux qui anticipaient une saison catastrophique. Ce n'est que tout récemment que l'érablière située aux limites de Brigham et de Bromont a connu des coulées importantes. La saison s'est faite en quelques jours», résume M. Pollender. Mais curieusement, on s'en tire avec une bonne moyenne.»

Ce revirement de situation pourrait être attribuable à l'utilisation d'un mode de production traditionnel «à la chaudière» ainsi qu'au rendement «prodigieux» de 300 arbres situés en bas de montagne. «Un ou deux degrés, ça peut faire toute la différence», explique M. Pollender.

Bien que son prix tende à être plus élevé que la moyenne du marché, André Pollender se réjouit de pouvoir à nouveau offrir un «sirop de qualité supérieure digne d'un grand millésime». Un succès qui se répercute dans la salle à manger de l'endroit, laquelle affiche complet depuis le début du mois de mars. «On refuse autant de monde qu'on en reçoit», affirme M. Pollender. La visibilité offerte par un passage à l'émission L'épicerie n'y serait pas étrangère. Le commerce brighamois devrait demeurer ouvert pour au moins une semaine supplémentaire.

Sombre portrait pour le montagnard

La situation est toutefois bien moins réjouissante à l'Érablière Le Montagnard de Saint-Paul-d'Abbotsford, où le propriétaire Robert Bernard estime que la production de 2015 correspond à 75% de celle de l'an dernier. «Ça a été une saison qu'on ne veut pas retenir. Mars a été très froid, et quand avril a commencé, on attendait toujours». Alors que la période faste s'étend habituellement sur près d'un mois, ses 6000 entailles ont cette fois été limitées à une seule semaine de «bonne coulée».

Puisqu'il doit approvisionner la salle à manger de son érablière et prévoir des surplus en vue de la prochaine saison, M. Bernard a dû couper dans la portion qu'il comptait vendre à la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ). «Ça donne un manque à gagner de 25%», explique-t-il.

Mais malgré une récolte décevante, Robert Bernard juge qu'il serait malhonnête d'ajuster le prix du sirop d'érable en conséquence. Il déplore d'ailleurs le fait que, selon lui, certains «intermédiaires comme les épiceries» profitent d'un contexte de production difficile pour augmenter leurs revenus. «Je dis toujours aux clients que s'ils achètent d'un producteur local, ils vont sauver de l'argent.»

À l'Érablière Bernard de Granby, la saison a aussi été écourtée: la période de production y aura duré deux semaines, soit une de moins qu'à l'habitude, mais pour des résultats similaires. «Ce n'était pas la meilleure récolte, mais ce n'est pas la pire non plus», résume Sarah Bernard, qui gère un lot de 4000 entailles.À la différence de certains grands producteurs, la propriétaire de l'établissement de la rue Denison Ouest ne ressent pas la pression de générer de gros volumes à tout prix. Les trois quarts de sa récolte sont utilisés en restauration.

Et après un début de saison plutôt timide, les clients ont répondu présents. «Les deux dernières semaines ont été assez intenses. Là, on a hâte que ça finisse», blaguait même Sarah Bernard à quelques heures du dernier repas servi par son commerce cette année.

Parmi les producteurs joints hier, seule Lise Martin, copropriétaire de l'Érablière Martin de Sainte-Cécile-de-Milton, rapportait un rendement légèrement supérieur à celui de l'an dernier.

Il n'a pas été possible de contacter les gens de Fédération des producteurs acéricoles du Québec, hier.

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