Feu vert au manège équestre à Bromont

Le conseil municipal a accepté les plans proposés... (photo Janick Marois)

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Le conseil municipal a accepté les plans proposés par le comité organisateur des Jeux équestres mondiaux de 2018, malgré l'opposition de deux conseillers. Les commentaires des citoyens étaient peu flatteurs au terme de la décision.

photo Janick Marois

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Bromont) Le projet de manège équestre à Bromont pourra aller de l'avant, même si peu de modifications ont été apportées aux esquisses qui avaient soulevé le mécontentement en mars. Le conseil municipal lui a donné hier son aval dans le cadre d'une séance extraordinaire, même si l'édifice ne respecte pas l'ensemble des critères des PIIA. «Honte» et «aberration» sont des mots peu flatteurs utilisés par des citoyens pour qualifier le projet.

Deux conseillers se sont opposés à la proposition d'Anie Perrault d'accepter la demande relative au plan d'implantation et à l'intégration architecturale (PIIA) d'un manège au parc équestre de Bromont. En mars, le Comité organisateur des Jeux équestres mondiaux de 2018 (COJEM) avait présenté les esquisses du manège destiné à accueillir les huit épreuves des jeux, mais également le Centre d'excellence du sport équestre de l'Est du Canada. Or, les plans présentés ne plaisaient pas au public, notamment en raison de l'apparence, mais aussi de la grosseur du bâtiment projeté. Ce qui était toujours le cas, hier.

«Attendu que, même si le projet ne répond pas à l'ensemble des objectifs et critères des règlements sur les PIIA applicables, que le conseil considère que le projet est conforme à l'intention principale du règlement de distinguer Bromont comme une destination équestre, je propose d'approuver la demande», a lu Mme Perrault à l'assemblée. La résolution est conditionnelle à la remise d'un plan d'aménagement paysagé et d'un dépôt de garantie.

Les conseillers Diane Perron et Louis Villeneuve se sont opposés à son adoption. «Le chemin de Gaspé fait partie des zones à haute valeur paysagère de Bromont, comme parcours champêtre, qui forge l'identité de Bromont, a dit Mme Perron, citant une étude sur les paysages réalisée en 2012. Aussi, le CCU (comité consultatif d'urbanisme) s'est exprimé majoritairement contre l'implantation et l'architecture du manège équestre. Les plans qui nous sont présentés sont, pour moi, un pur calque d'un bâtiment institutionnel qui n'a rien à voir avec la vocation équestre et la beauté du site.»

Commentaires négatifs

L'esquisse (sur la photo) ne diffère que très peu de celle présentée en mars, malgré l'insistance de l'assistance pour que le comité retourne à sa planche à dessin.

 «Sans doute que je vais admirer cette bâtisse commerciale digne d'un parc industriel, a lancé Gabriel Allard. C'est une aberration!»

«Le monde ici est contre une affaire de même, c'est une honte pour un milieu champêtre», a ajouté Claudette Tremblay.

Le copropriétaire de Balnea Spa, Denis Laframboise, a dit encourager le développement, mais pas à n'importe quel prix. «On leur vend la campagne, on leur vend le dépaysement.»

La séance a été mise à l'horaire samedi seulement et les citoyens n'ont pas été avisés, outre dans les pages de La Voix de l'Est. Il y avait certes une note dans le calendrier sur le site Internet de la Ville, mais le sujet abordé n'était pas spécifié, et l'ordre du jour n'était pas en ligne, ce qu'ont critiqué vertement des citoyens.

Une Bromontoise s'est pour sa part questionnée sur le non-usage de l'infolettre pour aviser les citoyens de l'assemblée extraordinaire.

«Comment est-ce que vous pouvez adopter quelque chose comme ça sans nous consulter?», a demandé René Cloutier, de Protégeons Bromont. Anie Perrault a répondu qu'elle avait consulté ses concitoyens d'Adamsville et qu'en tant qu'élue, elle représentait l'avis de la population.

Pas de conflit d'intérêts

Le conseiller Louis Villeneuve a questionné sa collègue Marie-Ève Lagacé sur une apparence de conflit d'intérêts. Très impliqué dans les Jeux équestres mondiaux, Marcel Bundock est secrétaire-trésorier et sa conjointe est présidente du conseil d'administration du service de garde pour lequel la conseillère travaille.

Comme elle l'avait mentionné devant les gens présents, Mme Lagacé a répété hier soir en entrevue qu'elle ne se sentait pas en conflit d'intérêts. Pour obtenir une réponse à la question, aussi soulevée il y a quelques jours, elle a consulté un avocat spécialisé en éthique et déontologie, qui lui a dit qu'elle ne l'était pas.

«Ça m'a fait réfléchir. C'est pour ça que j'ai fait des démarches pour justement être convaincue pour me protéger et faire les bonnes actions dans le futur. Je ne prends pas les choses à la légère. J'ai lu mon code d'éthique, je suis très à l'aise avec ça.»

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