Récidiviste en matière de pornographie infantile : une peine de 34 mois de prison

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«Je suis vraiment disposé à changer et je ne veux pas retourner en incarcération, a dit Steve Desormiers du box des accusés. Les thérapies, je suis disposé à les faire.»

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) À sa sortie de prison, il sera interdit à Steve Desormiers d'aller sur internet pendant 20 ans.

Ainsi en a décidé le juge Érick Vanchestein, hier, lors du prononcé de la sentence du Granbyen de 34 ans reconnu coupable de trois accusations liées à la possession et la distribution de pornographie infantile. Il s'agissait d'une récidive: l'accusé avait déjà été condamné à six mois de prison, en 2013, pour des crimes similaires.

Calme et vêtu d'une chemise orange brûlé, M. Desormiers s'est cette fois-ci vu condamné à 34 mois de prison pour ses délits, une suggestion commune de la Couronne et de la défense.

Compte tenu du temps déjà passé en détention préventive, il lui reste 13 mois à purger.

Tentation

La Couronne avait demandé qu'il lui soit interdit d'utiliser un ordinateur pour le reste de sa vie. «J'y vois vraiment un danger, a répété hier Me Karyne Goulet. C'est pour encadrer. Le risque est toujours grave.»

La défense, représentée par Me Patrick Fréchette, a plaidé que cela était déraisonnable et qu'une interdiction d'aller sur internet pendant 10 ans suffirait pour permettre à l'accusé de se réhabiliter.

Sinon, il ne pourrait aller rester chez sa belle-famille, comme c'est son intention «et cela l'isolerait».

«La réalité, c'est qu'on est entourés d'ordinateur et d'accès internet, a dit Me Fréchette à sa sortie de la salle d'audience. L'interdiction totale, c'est illusoire. Qu'il y ait un encadrement requis, ça va lui permettre de les utiliser comme on doit les utiliser. C'est comme si un alcoolique ne pouvait entrer dans aucune maison où il y a de l'alcool: l'interdiction amène encore plus de tentation.»

Ubiquité

Le juge a coupé la poire en deux: M. Desormiers pourra utiliser un ordinateur, après trois ans de probation, mais sans accéder à internet, et ce pendant 20 ans. Avec comme exceptions qu'il pourra naviguer dans des lieux publics aux fins d'études ou de recherche d'emploi, par exemple.

Le magistrat voyait difficilement comment l'accusé aurait pu être interdit de toucher un ordinateur à vie puisque ces appareils sont aujourd'hui partout, que ce soit sous leur forme classique ou celle d'un iPad ou d'un téléphone «intelligent».

«Dans dix ans, il n'y aura peut-être même plus de journal papier, a illustré le juge Vanchestein. Aujourd'hui, c'est ça. Résider dans une maison où il n'y a rien, pas d'ordinateur... Soyons réalistes! À part le mettre dans une cage de verre, qu'est-ce qui reste?»

 «Je veux changer»

Du box des accusés, M. Desormiers s'est exprimé au soutien de sa défense. «Je comprends les risques de récidive élevés, a-t-il dit. Je suis vraiment disposé à changer et je ne veux pas retourner en incarcération. Je sais que j'ai blessé, trahi beaucoup de monde. Les thérapies, je suis disposé à les faire.»

À sa dernière arrestation, en février 2014, le père de deux enfants avait dans sa voiture un ordinateur contenant 965 images et 15 vidéos illicites, certains particulièrement répugnants. Il a aussi rendu des documents disponibles à d'autres personnes via internet.

Ses proches ont refusé de commenter sa sentence. «J'aime mieux ne rien dire», a dit une jeune femme à sa sortie du tribunal.

Ordonnances

M. Desormiers devra aussi respecter plusieurs ordonnances judiciaires, dont l'interdiction d'être dans un parc ou en compagnie de personnes âgées de moins de 16 ans, sauf s'il est en compagnie de ses propres enfants ou d'un adulte responsable qui connaît ses antécédents. Cela inclut tout éventuel emploi ou bénévolat.

Il sera inscrit au Registre des délinquants sexuels de façon permanente et le matériel informatique saisi par les policiers sera détruit.

Le juge a aussi émis une ordonnance afin que, si possible, M. Desormiers purge le reste de sa peine à l'établissement carcéral de Percé, en Gaspésie, qui offre des thérapies adaptées à sa déviance.

«Je vous souhaite bonne chance, monsieur», a conclu le magistrat.

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