Le conseiller Bresee en situation de conflit d'intérêts

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Le conseiller municipal de Sutton Winston Bresee est propriétaire de terrains vacants en zone blanche dans le sud de la municipalité.

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Michel Laliberté
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La Voix de l'Est

(Sutton) Le conseiller municipal de Sutton Winston Bresee s'est placé en situation de conflit d'intérêts en prenant part à un vote sur un nouveau règlement de zonage touchant la superficie des terrains résidentiels. Or M. Bresee possède lui-même des terrains à vendre à des fins résidentielles.

M. Bresee a participé au vote du conseil le 3 mars dernier sur le Règlement 254. Ce règlement, s'il est adopté au terme d'un processus de consultation, permettra notamment en secteur rural de construire des maisons sur des terrains d'un hectare. La présente réglementation exige que les terrains en secteur rural aient une superficie minimale de deux hectares.

Le conseiller Bresee est propriétaire, par l'entremise de la compagnie 9246-7307 Québec inc, de plusieurs terrains vacants sur une rue reliée au chemin de Jerico dans le sud de la municipalité, le long de la frontière avec les États-Unis. La rue compte six terrains lotis, dont cinq lots ont des superficies de deux hectares et un lot a 10 hectares. Deux terrains de deux hectares ont été vendus le 21 janvier 2013, pour des montants de 65 000$ et 70 000$, selon le Registre foncier du Québec.

La vente des terrains a été confiée à la courtière immobilière Linda Bresee de la firme Royal Lepage. Elle est l'épouse de M. Bresee.

En entrevue hier, M. Bresee s'est défendu d'être en conflit d'intérêts. Il n'a pas cru bon de dévoiler son intérêt avant le vote au conseil parce qu'il a jugé que le règlement proposé touchait l'ensemble de la Ville et pas un secteur précis. «Je ne fais pas partie du comité qui s'est occupé du projet de règlement. On n'en a presque pas parlé avant», a-t-il dit en référence au caucus des élus avant les assemblées.

M. Bresee a une vaste expérience de la politique municipale. Il a occupé le siège de maire du Canton de Sutton de 1975 à 1989 et de 1997 à 2002, puis a été élu maire en 2002 de la nouvelle Ville de Sutton, à la suite de la fusion de la paroisse et du canton la même année. Il a conservé ce poste jusqu'en 2005.

Malgré sa connaissance des règles sur les conflits d'intérêts, il n'a pas cru bon se retirer de la table du conseil le 3 mars dernier. «Je n'avais pas à le faire», a-t-il dit à La Voix de l'Est.

Cela dit, M. Bresee a annoncé lundi lors de l'assemblée du conseil qu'il n'allait prendre part à aucun des votes ou discussions entourant le projet de Règlement 254.

Concernant ses terrains à vendre, le conseiller Bresee a assuré qu'il ne modifiera pas le lotissement pour les scinder en deux. Le projet immobilier prévoit des terrains de deux hectares et plus et rien ne changera. «On a déjà vendu deux terrains. Ça ne serait pas correct pour ces acheteurs de changer les plans», a-t-il dit.

Pour ce qui est de son terrain de 10 hectares au bout de la rue, il sera éventuellement divisé en cinq lots de deux hectares, s'est-il engagé.

Malaise à l'hôtel de ville

Le fait que M. Bresee ait pris part à l'adoption du premier projet de Règlement 254 crée un malaise dans la population de Sutton. Le sujet fait l'objet de discussions et de commentaires sur les réseaux sociaux. La direction générale de la Ville a communiqué avec le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire pour obtenir un avis. «Il n'y a pas de problème», soutient le maire Louis Dandenault.

«On a fait des vérifications et vu que ça touchait l'ensemble du territoire et pas un secteur spécifique, M. Bresee pouvait être là», a-t-il dit hier.

M. Dandenault assure que la présence de M. Bresee n'a aucunement influencé le processus de réflexion et de rédaction du règlement 254. «Pas du tout. Ça n'a rien changé au travail des fonctionnaires et de (conseiller municipal) M. (Kenneth) Hill qui ont travaillé sur ce dossier.»

«On pense que c'est quand même préférable qu'il se retire les prochaines fois qu'il va être question de ça (le règlement)», a-t-il affirmé.

Maintenant qu'il a pris du recul, le maire estime néanmoins que M. Bresee aurait dû se retirer avant. «On joue au Monday morning quarterback. Mais même si tu as de l'expérience, personne n'est parfait. Je pense que les gens vont comprendre.»

Personne hier au MAMOT n'a donné suite à notre demande d'entrevue.

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