Dossier du Val 8 : Bromont compte trancher d'ici la fin mai

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La balle est maintenant dans le camp de la municipalité de Bromont, qui devra choisir une des trois options concernant l'avenir d'une partie du massif du mont Brome.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Un grand parc nature à l'abri de l'étalement urbain, un vaste développement immobilier ou un amalgame des deux? Les conseillers municipaux de Bromont auront à statuer à propos des trois options concernant le massif du mont Brome au cours des semaines à venir. Pour éclairer en toute neutralité les élus, la Ville vient d'annoncer, lors de la dernière séance du conseil, l'embauche de consultants spécialisés en matière d'environnement.

Bromont entend principalement recourir aux services d'experts externes pour faire la lumière sur le dossier de la phase 8 du Val des Irlandais, piloté par Ski Bromont immobilier (SBI), en raison des rapports divergents du biologiste du promoteur et de ceux du ministère des Ressources naturelles (MRN), a indiqué à La Voix de l'Est le directeur général Jean Langevin. Ces documents concernaient la présence d'écosystèmes forestiers exceptionnels (EFE) sur le site du Val 8.

Le 19 août 2013, la Ville avait demandé au MRN de confirmer officiellement cette information cruciale. «L'EFE de Bromont [numéro 1466] est une forêt refuge d'espèces menacées ou vulnérables reconnues par le ministère des Ressources naturelles en vertu de son intérêt pour la diversité biologique (...) À la suite des travaux d'inventaire sur le terrain, la localisation des populations jugées les plus remarquables a été établie par l'équipe de forestiers et botanistes sous ma direction au MRN», a répondu le 27 août l'ingénieur forestier, Normand Villeneuve, chef d'équipe de la division de la conservation des espèces et des aires protégées.

Or, dans un rapport daté du 30 juillet 2013, le président de la firme de consultants Enviro-Guide, André Legault, concluait «que nous ne sommes pas en présence d'écosystèmes forestiers exceptionnels».

«Nous avons reçu la demande de Ski Bromont pour le traitement du permis du Val 8, a réitéré M. Langevin. Nous avons une analyse des rapports déposés [par SBI] qui ne sont pas concordants avec ce que nous avions comme expertises du gouvernement. Comment interpréter ça quand nous ne sommes pas des spécialistes?»

Impartialité

Ainsi, dans une optique de transparence et d'objectivité, la Ville a embauché Me Jean-François Girard, membre du cabinet Dufresne Hébert Comeau. La tâche du biologiste spécialisé en droit de l'environnement ainsi qu'en droit municipal sera «d'encadrer de façon juridique tous les aspects du dossier».

Le réputé avocat-conseil devrait être épaulé «sous peu» par un autre biologiste puis un ingénieur forestier pour décortiquer l'ensemble des options sur la table, a précisé M. Langevin.

Les noms des candidats en lice ne peuvent toutefois pas être dévoilés pour le moment. Des contre-expertises sur le terrain par les membres du groupe de consultants sont également dans les cartons. Questionné à propos d'une date butoir pour trancher, le directeur général de Bromont a évoqué la fin mai comme cible.

Boucler la boucle

Avec le Val 8, Ski Bromont veut compléter son vaste projet domiciliaire s'étendant sur près de 400 hectares en érigeant 39 résidences cossues dans le massif du mont Brome. La résolution (2013-07-431) portant sur «l'implantation et l'intégration architecturale du projet résidentiel» a été entérinée lors de la séance extraordinaire du 30 septembre 2013. «Avant le début de tous travaux, le promoteur devra déposer à la Ville une demande visant l'approbation d'une modification au PIIA [plan d'implantation et d'intégration architecturale] déjà approuvé par la ville [sic] afin de prendre en considération tout écosystème forestier exceptionnel (EFE) ainsi que toute forêt âgée de 70 et 90 ans et plus qui pourraient se trouver sur le site, ainsi que des mesures visant à les protéger», peut-on lire dans le document adopté par les conseillers municipaux.

En février dernier, le ministère de l'Environnement a donné son aval au projet immobilier. Pour ce faire, le promoteur devra toutefois respecter une dizaine d'engagements, notamment la création d'une «zone permanente de protection de la flore».

 

Mouvement citoyen

Avec près de 4000 citoyens appuyant sa démarche, dont plus de 2000 Bromontois, Protégeons Bromont veut acquérir le vaste site pour en faire un parc protégé. De son côté, la Ville s'est engagée à contribuer à la démarche de l'organisation jusqu'à concurrence d'un million de dollars. D'ailleurs, une récente «campagne éclair» a permis à l'OSBL d'amasser un demi-million de dollars. À ce jour, Conservation de la nature Canada (CNC) est pressenti comme acheteur potentiel du site. Québec pourrait aussi octroyer une «enveloppe substantielle» afin qu'une transaction entre les deux parties soit ratifiée.

 

Contrepoids

Bien qu'il se dise «toujours ouvert» à vendre le site du Val 8, le président de Ski Bromont, Charles Désourdy, veut faire contrepoids à l'initiative de Protégeons Bromont. De fait, Ski Bromont a déposé une offre officielle à la municipalité, le 27 mars, visant la vente d'une partie du mont Bernard au coût d'un million de dollars. Cette somme serait amortie sur cinq ans. Le promoteur est aussi prêt à se départir de trois terrains situés dans son projet domiciliaire. L'homme d'affaires estime entre 250 000$ et 400 000$ la valeur marchande de chacun des lots. Si Bromont choisit cette avenue, l'enveloppe globale consentie par les contribuables pourrait donc avoisiner 2,2 millions de dollars.

Rappelons que le protocole d'entente du Val 8 prévoit que 60% de la superficie du site (environ 55 hectares) soit cédé à la municipalité pour des fins de protection. Ceci inclut les parcs, le mont Horizon, des zones de préservation publiques puis des servitudes de conservation sur des terrains privés. Selon Ski Bromont, la nouvelle offre permettrait à la population d'avoir accès à près de la moitié de l'ensemble du site, soit environ 70 hectares. - JEAN-FRANÇOIS GUILLET

 

 

 

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