Projet de centre de tricompostage en Haute-Yamaska : la MRC tourne la page

Dans une décision partagée, les maires de la... (photo Julie Catudal)

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Dans une décision partagée, les maires de la Haute-Yamaska ont résolu, hier, de mettre un terme au processus entourant la réalisation d'un futur centre de tricompostage.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) Le veto imposé par le préfet Pascal Russell n'aura pas suffi. Réunis hier soir en assemblée ordinaire, les maires de la Haute-Yamaska sont demeurés sur leur position respective, enterrant du même coup l'important projet de centre de tricompostage lancé en 2005.

Le 11 mars dernier, Pascal Bonin (Granby) et Philip Tétreault (Warden) avaient appuyé une résolution déposée par le maire de Sainte-Cécile-de-Milton, Paul Sarrazin, exigeant de mettre un terme au processus d'appel d'offres pour la conception, la construction, le financement et l'exploitation du centre de tri et de traitement des matières résiduelles.

À eux trois, ils obtenaient suffisamment de votes pour que la résolution soit adoptée, mais le préfet et maire de Waterloo, Pascal Russell, s'y était opposé en usant de son droit de veto, un privilège dont il se servait pour la première fois.

Ce dernier espérait ainsi avoir le temps de convaincre ses collègues de revenir sur leur décision. «C'est encore possible d'en venir à un consensus. Je me donne un mois, sinon tout le projet tombe à l'eau. Je vais tout faire pour ne pas que ça arrive», avait-il déclaré, désireux d'aller au bout de l'appel d'offres après dix ans de procédures et plus de 2 millions $ investis dans la préparation du dossier.

Pour les convaincre du bien-fondé de ce projet mené en partenariat public-privé (PPP), M. Russell a usé de nombreux arguments, mais cela n'a pas convaincu les trois maires de changer leur fusil d'épaule. Autour de la table du conseil, hier, MM. Sarrazin, Bonin et Tétreault ont de nouveau voté pour la résolution, obtenant encore la majorité des voix.

«C'est clair. On tourne la page», a alors conclu Pascal Russell sèchement avant de passer à un autre point.

En marge de la réunion, toutefois, le préfet a été plus loquace. «Mon devoir était de m'assurer de pousser la réflexion au maximum. On ne pouvait pas passer à autre chose sans avoir regardé tous les aspects», a-t-il déclaré au sujet de ce mois de sursis. Ce dernier a toutefois refusé d'y voir là un échec. «Ça me déçoit. Mais ç'a été fait de manière légale et la décision est prise.»

Selon lui, la MRC est désormais en mode urgence. Avec l'abandon du projet, les maires devront revoir le plan de gestion des matières résiduelles et le déposer au gouvernement d'ici au 31 octobre prochain. «Il faut trouver une autre solution pour éliminer nos déchets et indiquer comment on le fera. Toutes les options seront mises sur la table.»

Pas une victoire

Paul Sarrazin, pour sa part, était satisfait de la tournure des événements, mais refusait de pavoiser. «Ce n'est pas une victoire pour nous. C'est juste que ce projet n'était plus viable. Mais on ne veut surtout pas pénaliser nos populations. Il faut se relever les manches et travailler ensemble, tous les maires, avec un objectif commun. On peut désormais envisager toutes les possibilités, sans avoir l'obligation de dépenser des dizaines de millions de dollars sur 20 ans [NDLR : les coûts de construction du futur centre de tricompostage étaient estimés à 45 millions $ et son exploitation à environ 132 millions $ sur 20 ans.] C'est comme une page blanche», s'est-il réjoui.

Quant à l'urgence évoquée par Pascal Russell, Paul Sarrazin ne s'en inquiète pas outre mesure. «Si le projet de centre de traitement ne s'était pas concrétisé pour une raison ou une autre, on aurait dépassé les délais quand même. C'est une situation particulière; on n'a pas à se mettre de pression.»

De son côté, le maire de Granby, Pascal Bonin, a rappelé que sa décision était déjà mûrement réfléchie en mars, au moment du premier vote en faveur de l'annulation du projet. «Je n'ai jamais caché que j'étais très inconfortable avec la formule de partenariat public-privé. J'aime construire sur des bases solides, et je n'ai pas senti que ce projet était solide», a-t-il laissé entendre.

«Je vois ce qui arrive de façon positive. Et je suis prêt à mettre tous les efforts nécessaires pour trouver une solution. On va maintenant devoir travailler de façon plus condensée.»

 

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