Privé d'ordinateur à vie?

Steve Desormiers avait dans son ordinateur 965 images... (photo archives La Voix de l'Est)

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Steve Desormiers avait dans son ordinateur 965 images et 15 vidéos illicites.

photo archives La Voix de l'Est

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Un homme reconnu coupable de possession et de distribution de pornographie infantile pourrait se voir interdire l'accès à un ordinateur pour le reste de sa vie.

C'est ce que la Couronne a réclamé, hier, lors des observations sur la peine à imposer à Steve Desormiers. Le Granbyen de 34 ans a plaidé coupable, en octobre dernier, à de nombreux chefs d'accusation en lien avec des délits commis à l'aide d'internet.

Il s'agit d'une récidive: M. Desormiers avait déjà été condamné à six mois de prison, en 2013, pour des crimes similaires.

Raison de plus, affirme le ministère public, pour que ses conditions de probation soient plus sévères cette fois-ci. Les parties s'entendent pour une peine de 34 mois de prison, moins la détention préventive, mais un différend subsiste quant aux futurs accès à l'informatique.

965 images

Pour la Couronne, Me Karyne Goulet demande que l'accusé ne puisse plus jamais avoir accès à internet. Une exception serait l'utilisation d'internet dans un bureau d'Emploi-Québec, par exemple.

Lors de sa dernière arrestation, en février 2014, le père de deux enfants avait dans sa voiture un ordinateur contenant 965 images et 15 vidéos illicites. Il a aussi rendu des documents disponibles à d'autres personnes, dont des policiers à l'identité masquée.

La description de certaines images faites par Me Goulet, hier, était répugnante. La Couronne a aussi rappelé que M. Desormiers était déjà sous le coup d'une interdiction d'avoir un ordinateur en sa possession.

«Le risque de récidive est élevé, a plaidé Me Goulet. Autant la thérapie, le suivi probatoire que la procédure judiciaire n'ont eu d'effet dissuasif.» Elle craint que l'accusé ne passe aux actes de façon directe avec une victime «afin de libérer des désirs refoulés».

«L'arme du crime, c'est l'ordinateur, a dit Me Goulet. Il faut protéger la société et passer un message.»

«Disproportionné»

À la défense, Me Patrick Fréchette a jugé cette condition trop sévère et inapplicable. «Ça m'apparaît nettement disproportionné, a-t-il dit. Ça signifie que tous les gens chez qui il habitera ne pourraient avoir de connexion internet. C'est pas plutôt utile de l'aider à se réhabiliter? On pourrait moduler en présence d'une personne adulte et responsable.»

L'avocat a plutôt proposé une interdiction de 10 ans «afin de ne pas le décourager de s'impliquer dans une thérapie».

Le juge Érick Vanchestein, de la Cour du Québec, a semblé pencher du côté de la défense. «Il y a des ordinateurs partout, aujourd'hui, comme sur les téléphones, a-t-il dit. Et cet individu devra continuer à fonctionner. Aujourd'hui, même traiter avec l'État demande internet. Je veux prendre un peu de temps pour y réfléchir.»

Il doit rendre sa décision vendredi, au palais de justice de Granby. L'accusé reste détenu entre-temps.

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