La fête de la colère : des travailleurs de la santé manifestent devant l'hôpital BMP

Éric Bergeron, Francis Collin, Carole Guillette et Michael... (Photo Janick Marois)

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Éric Bergeron, Francis Collin, Carole Guillette et Michael Hémond représentaient hier les différentes instances syndicales présentes à la manifestation.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Cowansville) Trompettes, klaxons, cris de ralliement et musique: plusieurs dizaines de travailleurs de la santé de La Pommeraie se sont fait entendre hier midi, devant l'hôpital Brome-Missisquoi-Perkins (BMP). Une manifestation en apparence des plus festives, même si les employés, eux, n'avaient pas du tout le coeur à la fête.

Drapeau syndical à la main, infirmiers auxiliaires, préposés aux bénéficiaires, inhalothérapeutes et autres collègues syndiqués ont exprimé leur désaccord sur les chambardements passés et à venir dans le réseau de la santé.

Le projet de loi 10, qui donnait naissance mercredi à la superstructure du Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie - CHUS, qui a avalé le CSSS de La Pommeraie, est fortement dénoncé. «Il y a une préoccupation quant aux services aux patients; on craint de perdre des services de proximité maintenant qu'on fait partie de l'Estrie», note Carole Guillette, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la Santé à BMP.

La migration de certains postes de cadres vers Sherbrooke et la fusion des directions de soins l'inquiètent. «Déjà que l'ancienne avait beaucoup d'ouvrage à s'occuper seulement de La Pommeraie, je n'ose même pas imaginer ce qui attend la nouvelle direction de l'Estrie!», s'exclame-t-elle.

Certaines autres fonctions, en administration par exemple, pourraient aussi être groupées en un seul lieu, ce qui causerait des pertes d'emplois supplémentaires.

«On n'a plus aucun pouvoir décisionnel, tout s'en va à Sherbrooke. On perd notre couleur locale», déplore pour sa part Michael Hémond, de l'exécutif local de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

recul des conditions de travail

Les négociations en cours et le budget déposé la semaine dernière à l'Assemblée nationale font aussi craindre le pire aux travailleurs rencontrés hier. «Les offres salariales qu'on a reçues ne comptent pratiquement pas d'augmentation, allègue Éric Bergeron, conseiller syndicat au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Quand on sait qu'on a perdu 10% de notre pouvoir d'achat depuis quelques années, ce n'est pas acceptable.»

Selon Francis Collin, directeur à l'APTS, le gouvernement, en ne procédant qu'à des compressions, oublie de se tourner vers d'autres moyens de financement. Et il ne réalise pas qu'il se tire dans le pied. «Pourquoi ne taxerait-il pas les plus riches, n'instaurerait-il pas des redevances? demande-t-il. Le gouvernement oublie que ses employés sont des contribuables qui paient des taxes et des impôts. Réalise-t-il qu'il se prive de certains revenus en coupant des postes et en n'accordant pas d'augmentations salariales?»

Les pertes d'emplois anticipées, mais aussi les départs à la retraite provoqués par le recul des conditions de travail imposé par Québec, ne feront qu'empirer la pénurie de travailleurs auquel font face les établissements de santé. «Ce n'est pas en refusant des augmentations de salaire qu'on va attirer les gens dans le réseau de santé. Et si le réseau n'est plus capable d'offrir de services, qu'est-ce que le gouvernement va faire? demande M. Bergeron. Il va nous dire d'aller se faire soigner au privé. C'est déjà commencé...» 

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