Saison des sucres tardive : patience et longueur de temps...

À l'Érablière Brunelle de Bromont, comme partout, on... (photo Janick Marois)

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À l'Érablière Brunelle de Bromont, comme partout, on attend avec impatience l'arrivée du «vrai» printemps pour démarrer la production de sirop. On voit ici Michel Laporte près de l'évaporateur.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

Tout vient à point à qui sait attendre. C'est le bon vieil adage que répètent les producteurs de sirop d'érable de la région devant cet hiver qui n'en finit plus et qui retarde sensiblement la saison des sucres.

L'érablière Brunelle à Bromont compte 20 000 entailles, mais celles-ci coulent avec parcimonie ce printemps. À cette date, les érables devraient être plus généreux, constate-t-on. Le principe est toujours le même: des nuits froides et des journées douces stimulent la production de sève. Or, cette combinaison idéale se fait rare ces temps-ci. «Il fait plus froid cette année», constate l'une des propriétaires de l'érablière, Patricia Boivin.

Et quand le mercure dépasse la barre du 0°C durant le jour, c'est pour quelques heures à peine. «Le temps de coulée n'est pas assez long; il dure d'une à trois heures. Sauf dans la nuit de mercredi à jeudi, où on a eu une coulée nocturne, car ça n'a pas gelé.»

La dame se réjouit néanmoins que l'érablière fonctionne par système tubulaire, ce qui permet d'attendre entre deux faibles coulées. «À la chaudière, si tu ne ramasses pas l'eau tous les jours, elle peut tourner. Nous, on a l'avantage de ne pas perdre d'eau», explique Mme Boivin.

L'an dernier, le printemps avait aussi tardé, mais cela n'avait pas empêché les acériculteurs de connaître une excellente saison des sucres. De quoi rassurer les acériculteurs. D'autant plus que les prévisions météorologiques des prochains jours devraient être enfin propices, ajoute Mme Boivin. «Tant que les bourgeons ne sont pas sortis, on peut récolter. Et ils ne sont pas près de sortir!»

Aline Gaudette de Saint-Joachim-de-Shefford confirme que tout est «au ralenti». «Ça ne coule pas beaucoup. Et il faut que ça coule pour bouillir. Aujourd'hui (hier), on va bouillir pour la troisième fois seulement.» Lorsque les nuits sont très froides, les journées «sont longues à se réchauffer», résume-t-elle, ce qui nuit à la montée de la sève. Son conjoint Étienne Beauregard, des entreprises du même nom, estime qu'une bonne pluie permettrait de dégager la neige autour des arbres, ce qui aiderait les érables à produire davantage.

C'est aussi l'opinion de Sébastien Mantha qui gère une érablière de 12 000 entailles à Roxton Falls. «Il faut que les arbres dégèlent. Leurs pieds sont encore bien enterrés sous la neige. Alors on attend que ça se réchauffe. Depuis le début de la semaine, cependant, ça coule un peu», laisse-t-il savoir.

Il n'a, lui aussi, qu'à penser à l'an dernier pour demeurer optimiste. «En 2014, on n'a eu que 21 jours de bouillage, comparativement à 31 jours en moyenne. Pourtant, on a produit autant de sirop. C'était très intense.»

Jour d'entaillage

Sylvain Perron possède une cabane à sucre familiale à Saint-Joachim. Il n'a même pas encore entaillé ses 800 érables. L'opération - ou plutôt la fête! - se tiendra aujourd'hui avec une trentaine de proches et amis. «J'ai bien fait d'attendre, car ça ne coule pas», fait-il remarquer. Une situation bien loin de celle vécue il y a 3 ans, rappelle-t-il. «Ça avait coulé tôt, à la relâche scolaire. Une semaine et c'était fini.»

Cet acériculteur récréatif croit que la «Semaine sainte» sera propice à la coulée cette année, comme c'est souvent le cas. Il ne s'inquiète pas outre mesure de ce retard, mais il souligne que si la saison tarde trop et que le temps se réchauffe rapidement, la saison des sucres sera forcément écourtée.

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