Béa attitude : consommer intelligemment, l'idéal de l'auteure de Zéro déchet

«Il faut refuser ce dont on n'a pas... (Photo Janick Marois)

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«Il faut refuser ce dont on n'a pas besoin, dit Béa Johnson. Maintenant, tout ce qu'on a chez nous a une fonction.»

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Une seule cuillère en bois. Deux pantalons. N'acheter qu'en vrac et usagé. Utiliser de la poudre de cacao comme fond de teint et du bicarbonate de soude comme déodorant. Et surtout refuser, recycler et composter. Voilà le quotidien de Béa Johnson.

La plus célèbre Californienne d'origine française (à part, peut-être, Marion Cotillard) n'est ni hippie ni grano. Enfin, pas trop. Avec ses talons hauts, sa silhouette élancée et son sens de l'à-propos, on l'imagine davantage déambuler les Champs-Élysées que composter les cheveux de ses enfants. Mais elle fait les deux avec aisance.

Depuis sept ans, la mère de deux enfants a fusionné les concepts de consommation et de simplicité volontaire. Fini les produits emballés, les circulaires, les cadeaux promotionnels et même l'eau embouteillée. Avec comme résultat que sa famille de quatre ne produit plus qu'un litre d'ordures par année et économise 40 % sur les coûts de la plupart des produits, affirme l'auteure de Zéro déchet, de passage au Cégep de Granby, cette semaine.

Comment est-ce possible? Acheter toute sa nourriture en vrac, choisir des vêtements usagés et fabriquer soi-même ses produits de nettoyage et de beauté, ça doit prendre un temps fou, non? Au contraire, dit Béa Johnson. «On s'est aperçus que vivre avec moins nous permettait de vivre mieux, de faire beaucoup plus de choses en famille», explique-t-elle.

Au début, avec son mari yankee, Mme Johnson a embrassé le «rêve américain»: grosse maison, grosse voiture et grosse consommation. Puis, à la faveur d'un déménagement en banlieue de San Francisco, ils habitent temporairement un petit appartement et remettent en question tous leurs besoins familiaux.

Épuré

Dans leur nouvelle maison, tout - même les jouets - a été réduit à sa plus simple expression: un seul produit de nettoyage - «c'est pas vrai qu'on a besoin d'un produit pour nettoyer chaque chose» - composé d'eau, de vinaigre blanc et de savon de Marseille. Un seul savon pour le corps. Pas de serviettes en papier. Bref, tout est épuré. Même la décoration, où les murs d'un blanc chirurgical alternent avec le vert des plantes d'intérieur.

Difficile à croire, mais Béa Johnson ne possède également que deux paires de chaussures, deux pantalons, deux jupes, deux robes, un short, sept hauts, trois chandails chauds, sept culottes et... un soutien-gorge. Et elle fait moins de lessive. «On a tout ce qu'il nous faut pour la semaine. Quand on part en week-end, tout rentre dans un bagage à main! »

Dans sa salle de bain, plus de poubelles, et les deux seuls produits achetés emballés sont la crème solaire et le papier de toilette. Elle a bien essayé de troquer celui-ci par certaines plaintes, mais le résultat n'a pas été concluant...

Exception

La cuisine est ce qui lui demande le plus de travail. Elle ne fait pas qu'acheter en vrac, et dispose tous ses aliments dans des bocaux de verre afin d'éliminer, encore une fois, tout emballage. Même son vin est acheté directement chez un vignoble et déversé dans des bouteilles réutilisables. Elle traîne aussi ses boîtes de lait et d'oeufs afin de les remplir au marché. Seule exception: son beurre bien-aimé, qu'elle se résigne à acheter en petits paquets.

Finalement, elle va jusqu'à refuser les cartes d'affaires, puisqu'«il y a toujours une façon de contacter la personne». Elle a son blogue, de toute façon, qui a déjà reçu 8 000 000 de visites! «On devrait éviter le plastique à tout prix, dit-elle. Ça finit à la décharge de toute façon. Et 15 % du prix de chaque produit va à l'emballage.»

Elle termine en précisant que chacun est libre de consommer comme il veut. Mais elle assure que sa famille en est ressortie grandie. «Notre mode de vie est désormais basé sur les expériences et non sur les biens matériels, dit Mme Johnson. Acheter, c'est voter. Faites-vous entendre! C'est de cette façon qu'on peut changer les choses.»

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