Le directeur général du CSSSHY Yves Fortin tire sa révérence

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Après 35 ans de service dans le réseau de la santé, le directeur général du CSSSHY, Yves Fortin, prendra sa retraite.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Dans la foulée de la loi 10, le directeur général du CSSS de la Haute-Yamaska, Yves Fortin, vient d'annoncer qu'il quittera ses fonctions le 31 mars. Celui qui carbure aux défis tire un trait sur une carrière de plus de 30 ans à titre de gestionnaire dans le réseau de la santé.

«Je souhaitais prendre ma retraite en 2016, a indiqué Yves Fortin en entrevue à La Voix de l'Est. Avec la réforme, j'ai été confronté à prendre une décision rapidement. J'ai évalué tout le contexte et j'ai choisi de ne pas soumettre ma candidature pour des postes dans la nouvelle structure.»

Bien qu'il ait pesé le pour et le contre à vitesse accélérée, M. Fortin concède qu'il n'a pas été aisé de trancher. «Mettre un terme à une longue carrière, ce n'est pas facile. Mais quand je fais le bilan, je peux dire que j'ai eu beaucoup de beaux défis au cours des années. En même temps, je suis quelqu'un d'intense. Je ne comptais pas mes heures. Il était temps de penser à moi. À ma santé.»

Yves Fortin a fait son arrivée à la barre du CSSSHY le 1er mars 2010. Puis, le 12 mars 2014, l'homme d'action a entamé un mandat supplémentaire, cette fois à titre de directeur général intérimaire au CSSS Alphonse-Desjardins, affilié au Centre hospitalier universitaire de Lévis.

À l'aube de la mi-cinquantaine, le gestionnaire chevronné a choisi de mettre de côté son agenda chargé pour passer du temps de qualité avec ses proches. «J'ai deux filles, une de 22 ans et une de 25 ans. Elles sont encore jeunes et je veux être plus présent. C'est sans compter que je suis grand-père depuis quelques mois. Il y a aussi le fait que ma mère va avoir 80 ans le 1er avril. Je vais me rapprocher d'elle en retournant chez nous, à Alma au Lac-Saint-Jean. Je veux profiter de la vie. Faire du bateau, de la moto et du vélo. Je suis aussi musicien amateur, alors je n'aurai certainement pas le temps de m'ennuyer!», a-t-il lancé.

La porte n'est toutefois pas complètement fermée au plan professionnel. «Je demeure à l'écoute. Si quelque chose dans mon champ d'expertise passe, entre autres comme consultant, je saisirai possiblement l'opportunité», a-t-il glissé.

Bouleversements

Au cours des années, M. Fortin a vu plusieurs réformes se succéder dans le réseau de la santé. Le cadre supérieur croit néanmoins que le coup de barre que veut donner le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'opère trop rapidement. «Ce qu'on [le personnel du réseau de la santé] est en train de vivre, c'est un des plus grands bouleversements des dernières décennies. Pour l'instant, c'est difficile de dire si c'est la meilleure solution. Une chose est certaine, ça se fait très vite. Est-ce qu'on est capables de suivre le rythme? Ce qu'on constate, c'est que l'on n'a pas tous les outils pour suivre la cadence.»

Alors que plusieurs organisations tirent à boulets rouges sur le projet de loi 20, qui vise principalement une meilleure accessibilité aux soins de santé, M. Fortin tient des propos nuancés. «Je considère qu'on n'a pas moins de médecins qu'ailleurs. Il y a certainement des choses qu'on fait différemment. On va devoir revoir le modèle, c'est évident.»

De plus, le DG du CSSSHY souligne que la réforme, qui engendrera l'abolition de 39 des 79 postes de cadres au CSSSHY, entraînera «de lourdes pertes d'expertise». «Il y a des cadres très jeunes et extrêmement compétents qui se tourneront vers d'autres domaines parce qu'il n'y aura plus de place pour eux dans le système [de santé]. C'est triste. J'ai peur que ces départs nous fassent perdre nos gains en performance. Jusqu'où l'hémorragie se poursuivra-t-elle? Ça reste à voir», a-t-il fait valoir.

Fierté

Sur une note plus heureuse, une des choses qui rend Yves Fortin le plus fier est d'avoir pu «faire la différence» lors de son passage au CSSSHY. «J'ai passé quatre des plus belles années de ma carrière en Haute-Yamaska. Les gens sont très ouverts et leur accueil est exceptionnel. On a eu beaucoup de succès en équipe parce que les gens ont adhéré au changement. On ne peut jamais faire l'unanimité auprès de tout le monde dans une organisation, mais je pense que tous les commentaires positifs que j'ai reçus de mes collègues, c'est le plus beau des trophées qui soit.»

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