Une tendance mondiale, selon Mario Gariépy

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«Ce sont les tendances mondiales de vouloir réduire les impôts pour augmenter les taxes», explique Mario Gariépy, comptable agréé et associé chez Deloitte, à Granby.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Les recommandations faites par Luc Godbout pour réformer la fiscalité de l'État s'inscrivent dans une tendance mondiale, selon Mario Gariépy, comptable agréé et associé chez Deloitte à Granby.

«Ce sont les tendances mondiales de vouloir réduire les impôts pour augmenter les taxes, explique-t-il. Ce que les gouvernements cherchent à faire c'est d'augmenter l'assiette fiscale, c'est-à-dire le nombre de personnes qui paient pour amener des revenus. Tout le monde paie des taxes, ce qui amène une population beaucoup plus large, alors qu'au niveau des impôts, il y a à peu près le tiers des gens qui ne paient pas d'impôts parce que les revenus sont plus faibles, parce qu'ils ont des crédits, etc. On va vouloir taxer la consommation plutôt que taxer les individus.»

Avec une augmentation de la taxe de vente (TVQ) et de la taxe sur l'essence, le gouvernement s'assurerait d'aller chercher des revenus chez pratiquement l'ensemble de la population. «Ça leur donne une assiette qui est beaucoup plus stable et plus facile à budgéter», soutient M. Gariépy. Le rapport Godbout suggère ainsi des mesures s'apparentant au concept d'utilisateur-payeur.

«La famille moyenne va arriver probablement à un montant neutre, c'est-à-dire que ce qu'elle va payer en plus au niveau des taxes, elle va le sauver au niveau des impôts. En principe, ça devrait favoriser la consommation parce que les gens vont avoir plus d'argent disponible et vont l'investir en biens de consommation et payer plus de taxes. Là où ça peut avoir un effet, c'est sur les revenus plus bas. Les gens qui sont à faible revenu, ils paient peu ou pas d'impôts. Même si on baisse les impôts, ça ne leur donne rien. Alors que si on augmente les taxes, ces gens-là peuvent être pénalisés.»

M. Gariépy se questionne sur l'effet de la prime au travail et de la bonification du crédit de solidarité pour compenser. Par contre, il souligne les primes aux travailleurs expérimentés. «Je pense que ce sont de bonnes stratégies en toute logique parce qu'on sait qu'on a de la difficulté au niveau de la main-d'oeuvre disponible. Le nombre de travailleurs disponibles a commencé à baisser et va continuer à baisser à cause des départs à la retraite. Des primes pour les gens expérimentés qui approchent de la retraite pour les garder, ça peut valoir beaucoup. Ça peut avoir un gain réel.»

Quant aux craintes soulevées par François Bonnardel sur la possibilité que le gouvernement augmente les taxes sans diminuer les impôts (voir autre texte), «évidemment, ça serait très pénible et très difficile pour l'ensemble des travailleurs au Québec, fait savoir le comptable agréé. Il faut que ça soit une opération qui donne une situation à peu près neutre. C'est une crainte tout à faire justifiable de M. Bonnardel sur l'augmentation de la charge des contribuables et ne pas leur donner des économies. Ce serait une très mauvaise stratégie.»

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