Une page d'histoire se tourne pour La Voix de l'Est

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Maxime Massé
Maxime Massé
La Voix de l'Est

(Granby) La Voix de l'Est a tourné une longue page de son histoire hier en passant dans le giron du nouveau groupe Capitales Médias, après avoir fait partie de la filiale médiatique de Power Corporation pendant 47 ans.

La présidente et éditrice du quotidien granbyen, Louise Boisvert, estime que ce changement de mains sera bénéfique pour le journal puisqu'il lui permettra de «gagner de la liberté».

«C'est une excellente nouvelle pour nous. Je suis très contente. On est bien excité par ce nouveau défi qui nous attend. Lorsqu'on réalise que notre avenir est vraiment entre nos mains, c'est vraiment intéressant», a-t-elle souligné.

Si Gesca - qui conserve seulement le quotidien La Presse - semble prêt à faire une croix sur le papier préférant miser sur le développement de l'édition numérique La Presse +, la réalité n'est pas la même pour La Voix de l'Est, précise Mme Boisvert.

«Souvent, ce qu'on entendait à La Presse, c'est il faut penser au numérique, le papier est mort. Nous, ce n'est pas notre philosophie. Notre papier, un jour peut-être qu'il va disparaître, mais pour l'instant, il est très vivant. On a encore un bon tirage.»

«À Granby, quand on parle de La Voix de l'Est, tout le monde sait c'est quoi. Elle est bien ancrée, elle est distribuée partout, les gens aiment bien la lire. C'est une entreprise qui est rentable», ajoute l'éditrice.

Cela ne veut pas dire que La Voix de l'Est ne fera pas le saut vers le numérique, mais plutôt qu'elle le fera à son propre rythme, note Mme Boisvert.

«Au lieu d'être dans le sillon de La Presse, on va avoir notre propre identité. Et ça, je pense que c'est vraiment une bonne nouvelle pour nous. Dans une organisation, quand tu n'as pas les mêmes priorités, ça ne peut pas fonctionner. Avec notre nouveau groupe, on va vraiment focuser sur notre propre développement.»

Profession de foi envers l'information régionale

Le président et unique actionnaire du groupe Capitales Médias, Martin Cauchon a tenu sensiblement le même discours. L'ex-ministre libéral envisage en effet de migrer vers un modèle hybride, dont la forme exacte reste à déterminer.

«Je vois là un beau défi, une belle aventure. Les médias sont en transformation, c'est commencé depuis longtemps. Ce qu'il faut dire, c'est que l'érosion s'effectue moins rapidement dans les régions avec comme résultat qu'on va finir avec un modèle hybride qui va être papier et probablement tablette. On verra ça va être quoi.»

L'ancien politicien, qui séjourne souvent dans un chalet à Shefford durant l'hiver, a d'ailleurs tenu à réitérer sa profession de foi en faveur de l'information régionale.

«La transaction d'aujourd'hui, qui sort les médias régionaux du groupe Gesca, vise à assurer la pérennité. On va continuer à livrer une information de qualité pour les gens. C'est un commitment [ndlr<saxo:ch value="226 128 137"/>: engagement] que j'ai. Et je suis certain que la région va répondre positivement à mes attentes.»

La Voix de l'Est, tout comme les cinq autres quotidiens régionaux, conservera la même équipe de direction. Elle prévoit aussi maintenir une belle collaboration avec La Presse dans l'avenir autant au niveau de l'échange de textes que des revenus publicitaires nationaux.

«Il reste des choses à négocier avec les syndicats, mais dans le fond, il n'y a pas grand-chose qui change. Avant La Presse, c'était la maison-mère, maintenant on va être cousin», a imagé Mme Boisvert.

La renégociation des conventions collectives avec les six quotidiens régionaux qui sont échues depuis décembre s'amorcera quant à elle au début du mois d'avril. Les charges actuarielles liées aux fonds de pension de ces journaux auraient par ailleurs diminué ces derniers mois ce qui a certainement facilité la transaction, dont le montant n'a pas été dévoilé.

La présidente-éditrice de La Voix de l'Est a aussi affirmé que la vente des quotidiens n'entraînera pas de nouvelles compressions, du moins à court terme. «Ça ne change rien. Que ce soit ce propriétaire-là ou l'autre, on va avoir les mêmes défis. C'est une organisation qui doit rester rentable à tous les niveaux. Actuellement, les journaux régionaux sont rentables et il faut le demeurer», a-t-elle résumé.

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