«Ça veut dire que le projet est mort»

René Beauregard, à l'avant, et André Pontbriand, à... (photo Julie Catudal)

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René Beauregard, à l'avant, et André Pontbriand, à l'arrière, se disent déçus de la tournure des événements concernant le centre de tricompostage.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) «Pour moi, ça veut dire que le projet est mort.» Le maire de Shefford, André Pontbriand, croit que les chances sont minces pour convaincre les trois maires qui ont voté en faveur d'une résolution exigeant la fin du projet de centre de tricompostage, mercredi, de revenir sur leur position.

Si le veto du préfet Pascal Russell, qui espère un consensus, permet d'arrêter pour un mois toutes les procédures, M. Pontbriand croit que le vote sera le même en avril et qu'il sonnera le glas du projet.

Le projet a été entamé il y a dix ans et n'avait toujours pas abouti sur une ouverture des soumissions.

Un tel centre de tri et de traitement des matières résiduelles fonctionnerait selon une technologie de compostage, de biométhanisation ou des deux.

Or, une nouvelle étude était nécessaire pour s'assurer que le terrain, à Granby, était conforme.

Le conseil des maires de la MRC Haute-Yamaska était réuni mercredi et la nécessité d'une nouvelle étude a été discutée. C'est alors que le maire de Sainte-Cécile-de-Milton, Paul Sarrazin, a déposé une résolution pour abandonner les procédures. La résolution a été appuyée par Pascal Bonin - qui vaut à lui seul quatre voix - et le maire de Warden, Philip Tétreault.

Le préfet a dû apposer son droit de veto. Le sujet sera ramené à la table dans un mois.

Déçus

René Beauregard, maire de Saint-Joachim-de-Shefford, était là lorsque le projet s'est entamé, il y a une décennie.

 «Je trouve ça triste pour la région. Tout le monde a le droit à son opinion, mais on est là pour la région. Au-delà du fait que ça met en péril le projet, ça m'attriste dans le sens que je vois qu'il peut y avoir de la discorde (dans le conseil des maires). Ça a toujours été agréable de travailler en équipe et je voudrais que ça continue. Je ne voudrais pas qu'on se retrouve un matin et qu'on ne soit plus capable d'avancer et de travailler en équipe.»

Messieurs Pontbriand et Beauregard ont tous deux voté contre la résolution de M. Sarrazin et soutiennent que le projet doit se rendre à sa finalité.

«Ça me déçoit énormément, surtout qu'on était rendu à la limite de dire oui (à l'ouverture des soumissions) après avoir injecté, je pense, au-dessus de 2 M$ pour répondre à certaines demandes gouvernementales», confie André Pontbriand.

Il ne restait, selon le maire de Shefford, qu'à caractériser le sol du terrain qui doit recevoir l'usine. Par contre, si le terrain ne convenait pas, il aurait fallu recommencer les recherches et le cahier de charges pour les soumissionnaires, convient son confrère, René Beauregard.

«Ceux qui ont voté pour cette résolution-là mentionnent clairement qu'ils vont encore voter contre. S'ils votent contre, le préfet ne pourra pas apposer son veto pour une deuxième fois. Pour moi ça veut dire que le projet est mort.»

Des embûches durant 10 ans

Le centre de tricompostage a déjà été sur le point de voir le jour, en 2009.

«On avait franchi toutes les étapes pour une première fois et le gouvernement a décidé de changer les règles du jeu, se rappelle M. Beauregard. Les choses ont commencé à être compliquées.»

Les critères pour obtenir des subventions ont changé.

Le modèle de l'usine a dû changer et de nouvelles normes ont dû être atteintes pour respecter l'essence du partenariat public-privé (PPP). «On ne se rendra pas à l'ouverture des soumissions, se désole-t-il. C'est là que ça fait mal, on était tellement proche du but. Les personnes qui se sont opposées n'étaient pas là et n'ont pas vu toutes les transitions. Ils arrivent aujourd'hui et voient que ça coûte ce que ça a coûté et que ça n'avance pas à la vitesse qu'on voudrait.»

Raymond Loignon, aussi contre la résolution de M. Sarrazin, n'a pas désiré commenter la situation et le projet dans son ensemble.

Marcel Gaudreau, maire de Saint-Alphonse-de-Granby, et Philip Tétreault, maire de Warden, n'ont pas retourné nos appels.

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