Construction dans la montagne : la Ville de Sutton veut édulcorer ses règlements

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«Pourquoi se lance-t-on là-dedans? Il y a un consensus dans la population pour limiter la construction en zone rurale et dans la montagne et pour protéger l'environnement», insiste Dominique Parent. L'ancienne conseillère municipale est la porte-parole d'un groupe de citoyens opposés aux projets de règlements de la Ville.

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Michel Laliberté
Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Sutton) La Ville de Sutton se prépare à répudier une partie de son plan d'urbanisme adopté en 2010. Le conseil étudie des propositions pour édulcorer ses règlements régissant la construction résidentielle dans la montagne, décrient des ténors de la protection de l'environnement. Ces décisions favoriseront le développement, soutient le maire.

Le conseil a déposé la semaine dernière deux projets de règlement: le premier porte sur le zonage, le second sur le lotissement. Les deux projets renferment plusieurs changements au plan d'urbanisme. Quatre propositions retiennent davantage l'attention: baisse de la superficie des lots où des maisons peuvent être construites dans la montagne, baisse de la superficie des lots en zone rurale et hausse des pentes où des entrées de cours peuvent être aménagées dans la montagne ainsi que longueur illimitée de ces mêmes entrées.

Le nouveau règlement sur la superficie des lots propose de la faire passer de quatre à deux hectares dans la zone de protection d'altitude moyenne (de 350 à 550 mètres) et de deux à un hectare dans la zone rurale. L'autre règlement contesté par les opposants permettrait aux propriétaires de terrains dans la montagne d'aménager des entrées de cours sur une pente maximale de 15 degrés. La pente maximale est présentement de 12 degrés. Leurs entrées pourront aussi être de la longueur de leur choix. La limite est maintenant 100 mètres.

Ces changements, plaide le maire Louis Dandenault, visent avant tout à ce que la Ville poursuive son développement. «On a 240 kilomètres de chemins à entretenir, des services à donner à nos citoyens. On a besoin de revenus pour ça. Une ville doit se développer pour avoir des revenus.»

M. Dandenault soutient également que les changements aideront les jeunes ménages à accéder à la propriété. Le plan d'urbanisme adopté sous l'ancienne administration, qui restreignait la construction résidentielle, a eu des effets à la hausse sur la valeur des terrains, a-t-il dit. «Ça (le plan d'urbanisme) limite tellement la construction qu'il y a maintenant une rareté de terrains dans le secteur du village; les terrains coûtent très cher.»

Pour le maire, le plan d'urbanisme pêche par idéologie écologiste. «Ce n'est pas tout le monde qui était d'accord avec une vision aussi restrictive du développement. Quand on a été élus, plusieurs personnes sont venues nous voir pour nous dire qu'elles n'étaient pas d'accord avec tout ce qui avait été fait. Les gens se sentent expropriés de leur propriété.»

Le conseil municipal a rencontré avant les Fêtes des entrepreneurs, des arpenteurs et des promoteurs pour discuter de leurs doléances. «On les a écoutés. Mais on n'a pas tout pris pour du cash. On ne virera pas le village et la montagne à l'envers. On veut trouver un juste milieu entre développement et protection de l'environnement», assure M. Dandenault.

Retour en arrière

Les changements proposés par le conseil déplaisent à Dominique Parent. L'ancienne conseillère municipale, qui s'est faite la porte-parole d'un groupe de citoyens, y voit un retour en arrière. Ces changements, croit-elle, auront pour effet de fragmenter encore plus le territoire, densifieront le secteur de la montagne et nuiront aux milieux naturels. «Il y a un consensus dans la population pour limiter la construction en zone rurale et dans la montagne et pour protéger l'environnement. Pourquoi le conseil se lance-t-il là-dedans?»

Mme Parent trouve inconcevable que l'administration municipale dise vouloir aider les jeunes ménages à accéder à la propriété. Les prix demandés pour ces terrains sont hors de portée pour ces derniers. «Ils ont de la difficulté à se loger, c'est vrai. C'est un problème complexe auquel il faut s'attaquer. Mais pas de cette façon», dit-elle.

Alléger les règles pour accroître la construction de maisons dans la montagne et pour aménager des entrées de cours est également une mauvaise idée, estime Mme Parent. Elle craint des impacts sur l'environnement, rappelant les problèmes vécus lors de fortes averses.

Mme Parent, qui a siégé de 2009 à 2013, croit toujours que le plan d'urbanisme répond aux attentes d'une majorité de citoyens. «On était confiants que le travail avait été bien fait. Le plan d'urbanisme allait faire en sorte que le territoire allait être protégé et que la Ville continuerait de se développer. On ne pensait pas qu'on reviendrait en arrière.»

Bon an, mal an, environ 25 logements sont construits à Sutton, selon l'urbaniste de la Ville, Réal Girard.

Le maire Dandenault n'a pu dire combien de lots sont concernés par les nouveaux règlements proposés.

Une assemblée publique de consultation, portant sur les deux projets de règlements, aura lieu le samedi 21 mars, dès 9 h, à l'hôtel de ville. «On va écouter tous les citoyens», promet M. Dandenault.

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