Hors des sentiers battus

Les participants, dont le biologiste Patrick Paré, ont... (photo Julie Catudal)

Agrandir

Les participants, dont le biologiste Patrick Paré, ont monté la crête à l'arrière de la ferme héritage Miner pour amorcer l'inventaire de la faune des boisés Miner.

photo Julie Catudal

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Une trentaine de pisteurs d'un jour sont partis à la recherche de traces laissées par les animaux sauvages des boisés Miner, samedi. Raquettes aux pieds, sous la fine neige qui se déversait du ciel, ils ont suivi un trio de biologistes et d'experts pour trouver et identifier les traces des mammifères dans le but de dresser un inventaire de la faune qui s'y trouve.

L'exercice suivait deux autres sorties, faites uniquement par des spécialistes. Ces derniers ont déniché les endroits les plus intéressants, hors sentiers, pour les participants à la sortie de samedi. Un arbre particulièrement apprécié des porcs-épics, une tanière, un arbre où un cerf a frotté ses bois... Les marcheurs ont pu découvrir plusieurs indices de la vie sauvage dans ces boisés pas si sauvages.

«C'est la première fois que le Zoo de Granby invite des citoyens à participer à une expérience scientifique, indique Patrick Paré, biologiste et directeur Recherche et Conservation au Zoo de Granby. Le pistage, ce n'est pas simplement d'aller trouver des empreintes d'animaux dans la neige, mais aussi de voir des marques sur les arbres, par exemple des dents, les incisives des cerfs qui ont gratté l'écorce des arbres pour s'en nourrir. Ça peut être un poil qu'on trouve, ça peut être des excréments d'animaux qu'on trouve le long des empreintes. C'est ça qu'on veut identifier le plus possible, pour faire en sorte que même si on ne voit pas les animaux, les gens peuvent les identifier et savoir ce qu'il y a dans les boisés Miner comme faune.»

Un tel exercice permet aux gens de s'approprier les boisés, de les voir autrement. Du coup, d'un point de vue scientifique, les biologistes pourront dresser un portrait de la population animale au fil des ans.

En été

«On retrouve de la faune urbaine, souligne M. Paré, responsable du projet. On trouve de la faune qu'on pensait voir là, autrement dit du porc-épic, du cerf de Virginie, du renard, du lapin à queue blanche, beaucoup de micromammifères, dont de petites musaraignes.» Il croit qu'on pourrait éventuellement trouver des coyotes, loutres et castors, ainsi que des mustélidés, comme le pékan et le vison. À cela s'ajoutent le raton laveur et la moufette.

L'observation de l'habitat de la moufette pourra davantage être faite en été, de même que celle de la grande famille des écureuils puisqu'il est difficile de différencier les roux des gris. «L'été, on va faire l'inventaire des amphibiens et reptiles. Les grenouilles, par les chants.» S'ajoutera l'inventaire de la flore et des milieux humides. Le club d'ornithologie se joindra à l'équipe pour inventorier les espèces d'oiseaux.

Faune en danger?

Riche habitat, les boisés sont toutefois devenus un îlot, selon Isabelle Grégoire, urbaniste engagée pour l'inventaire.

«La disparition des espèces est principalement due à la disparition des habitats», a lancé Mme Grégoire devant un groupe de participants réunis devant les tables recouvertes d'os, de pattes et de fourrures. Pour survivre, les animaux ont besoin de plusieurs hectares forestiers pour se nourrir et les corridors d'accès aux boisés Miner sont quasi nuls en raison du développement résidentiel. Pour avoir accès à ces boisés ou en sortir, les mammifères doivent traverser une route. Toutes les pattes d'animaux présentées samedi matin, durant l'atelier précédant la marche, proviennent de bêtes happées par une voiture.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer