Tour de Bell à Frelighsburg : des voisins s'opposent

Philippe Choinière et Stacey Lecuyer refusent de voir... (photo Janick Marois)

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Philippe Choinière et Stacey Lecuyer refusent de voir une tour de Bell Mobilité défigurer le paysage qu'ils habitent.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Frelighsburg) La construction d'une tour de télécommunications suscite la grogne à Frelighsburg. Un mouvement d'opposition tente de faire avorter les intentions de Bell Mobilité d'ériger la structure de 36 mètres de haut dans le rang McIntosh. La principale motivation: le maintien de l'intégrité du paysage et du patrimoine agricole de ce coin de pays.

À la tête des opposants, Philippe Choinière de la compagnie Oneka y voit là un non-sens. Son entreprise de produits de soins corporels à base de plantes boréales, décrite comme totalement naturelle et durable, possède à Frelighsburg une ferme biologique basée sur le principe de la permaculture.

L'arrivée d'un tour de cette ampleur à 400 mètres de chez lui pourrait avoir un impact sur ses affaires. «C'est énorme pour nous. On est dans un marché de niche, haut de gamme, avec une clientèle très consciente de sa santé. Ce qui nous distingue, c'est notre authenticité. Or, une tour comme ça n'est pas un symbole de santé», ajoute M. Choinière.

«On est pour le service. Mais il y a plusieurs façons de l'offrir. Et cette façon est incompatible avec le type d'environnement dans lequel on est, et le type d'activités que l'on fait. On ne dit pas que ça touche à la production. On dit que ça vient dévisager sans aucune considération un paysage qui constitue notre atout.»

Le père de Philippe Choinière, qui est propriétaire du site depuis 37 ans, a lui-même refusé que Bell installe la tour chez lui. Par pur principe, précise son fils, et ce, même si un revenu de location de 20 000$ par année durant 20 ans constituait un incitatif plus qu'intéressant. Un voisin, cependant, a acepté cette offre.

Dans son combat, M. Choinière peut compter sur le soutien de vignobles et de producteurs du coin, dont le Clos Saragnat et le Domaine Pinnacle, qui attirent des milliers de visiteurs chaque année. Une douzaine de lettres ont été écrites en guise d'appui. Une pétition circule également sur le web - 1372 signatures avaient été recueillies en date d'hier - et sera remise à Bell comme argument de négociations.

solutions de dernier recours

Le dossier, cependant, est déjà bien avancé. En juin 2014, les maires de Brome-Missisquoi avaient donné leur assentiment à la construction de deux tours de Bell Mobilité sur le territoire de Frelighsburg. Cette décision faisait suite à une approbation préalable de la municipalité.

La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) voit aussi le projet d'un oeil favorable. Elle devrait rendre sa décision finale au cours du mois de mars.

Le 21 janvier dernier, M. Choinière a eu l'occasion d'exprimer ses griefs lors d'une audience à la Commission. Selon lui, une alternative était alors possible: installer la tour sur le site prévu, mais en la bougeant de «quelques centaines de mètres». «Mais on ne ferait que déplacer le problème», constate M. Choinière.

D'une façon ou d'une autre, cette structure demeure incompatible avec le décor bucolique de la municipalité, insiste-t-il.

Pour cette raison, il envisage une solution plus musclée. «Ma conjointe et moi sommes incapables de vivre avec cette idée. C'est contre nos valeurs. On veut donc offrir à Bell de travailler avec eux. On va investir la différence - c'est sûrement plusieurs milliers de dollars - entre les coûts de la tour et une autre solution qui ne jouerait pas sur le paysage, comme le câblage ou les petites tours répétitrices. C'est dire à quel point on y tient. Et tout le monde serait gagnant», avance M. Choinière.

Du côté du Clos Saragnat, Christian Barthomeuf ne se désole pas seulement de l'impact de cette structure sur la beauté du paysage, mais également sur l'écosystème des abeilles et des chauves-souris notamment, qu'il a fallu dix ans à créer, dit-il.

La première des deux tours de Bell Mobilité a déjà été érigée près du chemin Saint-Armand, ce qui fait dire à M. Barthomeuf qu'il n'est pas nécessaire «d'avoir encore plus d'ondes». «Cette deuxième tour est complètement superflue.»

Il n'a pas non plus l'intention de baisser les bras. «On a réussi à la retarder d'un an. Il faut continuer à chialer.»

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