Saison des sucres: à la merci de Dame Nature

Sarah Bernard, de l'érablière Bernard... (photo Catherine Trudeau)

Agrandir

Sarah Bernard, de l'érablière Bernard

photo Catherine Trudeau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Il n'y a pas que les amoureux de la chaleur qui ont hâte que le froid cesse. Les acériculteurs sont prêts à récolter la précieuse sève sucrée des érables, mais rien ne coule.

Le mois de février a été le plus froid et intransigeant depuis 115 ans. Résultat, il n'y a eu aucun redoux propice à la coulée de la sève. Par contre, la saison n'est pas compromise. Il faut seulement que l'été n'arrive pas avant le printemps, indique Sarah Bernard, propriétaire de l'érablière Bernard, à Granby.

«Si on recule de 3 ans, on a eu un printemps où on avait eu des 20 degrés, les gens venaient manger à la cabane à sucre en camisole et en gougounes. On était à la mi-mars et il faisait 20 degrés. C'est beaucoup trop chaud, trop vite. On avait eu une période de coulée beaucoup plus courte, se souvient-elle. Quand ça va se mettre à réchauffer, si on a des températures entre 5 et 10 degrés, et que ça ne dépasse pas ça, ça va être génial. Il y a beaucoup de neige, ça va garder le sol froid plus longtemps et ça c'est bon pour nous.»

Donc, pour le moment, mis à part le retard, le froid n'a pas d'impact sur la saison de récolte de l'eau d'érable.

«Le printemps arrive le 21 mars, rappelle Robert Bernard, propriétaire depuis 32 ans de l'érablière Le Montagnard, à Saint-Paul-d'Abbotsford. Tant qu'on est en hiver, il ne faut pas partir en peur. Autour du 21 mars, si ça ne dégèle pas, faut faire des prières, ajoute-t-il en riant. Les décennies qu'on a connues, on était gâtés, on avait toujours un dégel en février. Quand j'étais petit garçon, on embauchait rarement avant le 12 mars. J'ai l'impression que le climat est en train de revenir au climat que nos parents et nos grands-parents ont connu.»

Sur les réserves

En général, les semaines de coulée battent leur plein dès la mi-mars, mais la météo est de plus en plus variable. Avec toute la neige tombée, «souvent les gens nous disent que ça va être une bonne année, mais la saison, on sait comment elle a été quand elle est terminée parce que, dans le fond, les prévisions météorologiques, on ne peut plus tellement s'y fier. C'est vraiment un coup de dés. On prend les journées au jour le jour. On bout l'eau d'érable quand elle vient. C'est elle le boss», observe en s'esclaffant Sarah Bernard.

En attendant, les réserves de sirop de 2014 seront utiles pour rassasier l'appétit des dents sucrées. «Une chance que j'en ai gardé!», dit Jean-Louis Martin, de l'érablière qui porte son nom.

Il a fait plus de 1500 entailles sur ses érables, récemment, mais rien n'a été récolté en raison du froid. À pareille date l'an passé, il y avait déjà eu une coulée.

Ce redoux avait cependant été suivi de trois semaines de grands froids. Au final, la saison n'avait pas été ruinée et la récolte s'inscrivait dans la moyenne.

La congélation du sirop frais permet à l'érablière Bernard d'offrir un sirop d'érable qui a gardé son bon goût. Et Robert Bernard, du haut de sa montagne, s'assure de garder quelques barils de sa meilleure cuvée pour l'année suivante.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer