Motoneige : une saison au-delà des attentes

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Le président du club Les motoneigistes du coridor permanent, Clément Gauthier.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Chute de neige. L'évocation de ces trois petits mots fait grincer des dents bien des gens, qui souhaitent que l'hiver relâche son emprise. Or, il en va tout autrement pour les motoneigistes et les commerçants de la région qui gravitent dans ce créneau, à qui profite cette «saison de rêve».

Clément Gauthier, président du club Les motoneigistes du corridor permanent qui couvre plus de 340 kilomètres de sentiers dans les régions de Granby, Cowansville, Acton Vale et Waterloo, était aux oiseaux lorsque La Voix de l'Est l'a rencontré, hier, à mi-parcours d'une longue randonnée. «Jusqu'à maintenant, on a vraiment une saison merveilleuse!, a-t-il lancé une fois sa monture au repos. On ne peut pas demander mieux comme conditions de pistes. Pour un club comme le nôtre, c'est une très bonne nouvelle parce que plus il y a de neige, plus les amateurs sont au rendez-vous.»

Plutôt que de s'exiler dans des contrées plus nordiques pour pratiquer leur sport favori, notamment dans le Parc national des Monts-Valin au Saguenay, les motoneigistes sont restés dans la région. Bien qu'il n'ait pas les chiffres précis, M. Gauthier a indiqué que le nombre de cartes de membres donnant accès aux sentiers a surpassé celui de la saison précédente. «Ça fait deux bonnes saisons de file. On voit qu'il y a vraiment un engouement pour notre sport. Il y a plusieurs nouvelles personnes dans les trails. Tout ce qu'on espère, c'est que ça dure quelques années comme ça. Une chose est certaine, la motoneige est loin d'être morte», a illustré celui qui vient de succéder à Jean-Maurice Saumier à la tête du club.

Prévention

Comme la neige est au rendez-vous, plusieurs amateurs perdent le contrôle de leur pouce droit. Malgré les nombreuses opérations de sensibilisation auprès des motoneigistes, les responsables des pistes du vaste territoire sont loin de crier victoire. «Je dirais qu'en majorité, les gens sont responsables dans les sentiers. Mais pour des centaines de gens qui respectent les règles, il y a toujours quelques "fous de la vitesse" qui n'écoutent rien. On n'est jamais assez vigilants. Le pire là-dedans, c'est qu'il y a des morts», a fait valoir M. Gauthier, faisant le parallèle avec les deux accidents mortels survenus au cours des derniers jours dans la région.

La première collision a eu lieu au début février, dans le secteur du 8e rang, à Sainte-Anne-de-la-Rochelle. Un motoneigiste de 48 ans est décédé après avoir été incapable de négocier une courbe, pour ensuite percuter un arbre. Le second accident s'est déroulé samedi à Roxton Falls, près de la route 139. La victime, une motoneigiste maskoutaine, a péri après avoir été happée par une voiture en traversant l'artère pour poursuivre son chemin dans le sentier banalisé.

Rappelons que selon les données de la Sûreté du Québec, «15 personnes sont décédées et 72 ont subi de graves blessures» dans les pistes desservies par le corps policier à l'échelle provinciale, en 2014.

Hors-piste

Depuis quelques années, les motoneiges hors-piste ont la cote. Bien que la montée en crescendo de la demande pour ces redoutables machines réjouisse les commerçants, le phénomène n'est pas sans causer certains maux de tête aux dirigeants du club Les motoneigistes du corridor permanent. «Je n'ai rien contre ceux qui font du hors-piste et qui sont équipés pour ça. Mais il y a des endroits pour ça. Depuis quatre ans, on a beaucoup de problèmes avec ça. Parce que le plus difficile pour un club comme le nôtre, c'est la négociation des droits de passage sur des terres privées. Quand les gens sortent de la piste, c'est évident que ça ne fait pas l'affaire des propriétaires des terrains. Je viens d'en rencontrer un pas plus tard qu'hier (mardi). Si on veut continuer de pouvoir pratiquer notre sport ici, il va falloir que les mentalités changent!», a clamé M. Gauthier.

Comme des petits pains chauds

Le directeur de la succursale Performance NC de Saint-Alphonse-de-Granby, Réjean Lapointe, avait le sourire facile lors du passage du journal, hier. Et pour cause. Les motoneiges s'envolent comme des petits pains chauds cette saison.

«C'est une très, très bonne année pour la vente de motoneiges. On a dépassé largement nos objectifs», a-t-il mentionné, précisant qu'il lui reste seulement deux engins neufs en entrepôt. «On va certainement tout écouler avant la fin de l'hiver», a-t-il poursuivi.

M. Lapointe a corroboré ce qu'a affirmé Clément Gauthier au sujet de l'engouement pour le phénomène du «backcountry». «On vend beaucoup de motoneiges hors-piste parce que les gens sont habitués d'avoir des hivers inégaux dans la région. Depuis trois à quatre ans, la demande est très forte. Les amateurs d'ici sont habitués de partir loin. Et pour avoir du plaisir, c'est la machine parfaite.»

Le dirigeant de l'entreprise spécialisée dans le commerce des véhicules récréatifs de marque Bombardier avoue avoir été pris de court par Dame nature. «L'année passée, à pareille date, on vendait déjà des Spyder (motos à trois roues). Il faut savoir s'ajuster rapidement parce que les hivers sont très cycliques. Mais quand la nature est de notre bord, on le prend bien volontiers.»

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