Val 8: Ski Bromont immobilier franchit une nouvelle étape

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Le vice-président planification et développement de Ski Bromont immobilier, Luc Bougie.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(BROMONT) Le ministère de l'Environnement vient de donner son aval à la phase 8 du projet résidentiel du Val des Irlandais, piloté par la branche immobilière de Ski Bromont. La balle est donc dans le camp de la Ville, qui doit valider si la nouvelle version du projet respecte les normes du Plan d'implantation et d'intégration architecturale (PIIA) de la municipalité, desquelles découle le protocole d'entente entre les deux parties, entériné en septembre 2013.

Avec le Val 8, Ski Bromont veut boucler la boucle de son vaste projet domiciliaire s'étendant sur près de 400 hectares, lancé au milieu des années 1990. Comme le site visé par le promoteur dans le massif du mont Brome renferme un écosystème forestier exceptionnel (EFE), qui consiste en une forêt refuge d'espèces menacées ou vulnérables, Québec a dû analyser le projet.

Au terme de cette étude, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) a émis deux autorisations, soit les 6 et 9 février. Celles-ci visent la création d'« une zone permanente de protection de la flore », a indiqué Ski Bromont par voie de communiqué. Une présentation en ce sens a été faite à la Ville, lundi.

Le projet de l'ordre de 50 M $ vise la construction de 43 résidences cossues. À terme, 85 % du couvert boisé devra notamment être préservé. Il s'agit par ailleurs d'une des exigences du protocole d'entente ratifié avec la Ville. De plus, les sommets des deux monts ciblés seront sauvegardés. Comme prévu, le public aura accès à une partie du site.

« Plus de trois millions de pieds carrés seront en parcs boisés. La Ville et les Amis des sentiers [de Bromont] réaliseront les aménagements dans le mont Horizon. Dans le mont Bernard, on a prévu des servitudes d'accès au sommet sur les terrains privés », a indiqué en entrevue le vice-président planification et développement de Ski Bromont immobilier (SBI), Luc Bougie. « On pense que c'est un projet qui correspond aux attentes de la population », a-t-il renchéri. Selon celui-ci, le déploiement du Val 8 devrait s'échelonner sur cinq à sept ans.

JURIDICTION

Le 19 août 2013, la Ville avait demandé au ministère des Ressources naturelles (MRN) de confirmer officiellement la présence d'EFE sur le site du Val 8. « L'EFE de Bromont [numéro 1466] est une forêt refuge d'espèces menacées ou vulnérables reconnues par le ministère des Ressources naturelles en vertu de son intérêt pour la diversité biologique (...) À la suite des travaux d'inventaire sur le terrain, la localisation des populations jugées les plus remarquables a été établie par l'équipe de forestiers et botanistes sous ma direction au MRN », a entre autres répondu le 27 août l'ingénieur forestier, Normand Villeneuve, chef d'équipe de la division de la conservation des espèces et des aires protégées.

De son côté, Ski Bromont avait engagé l'entreprise Enviro-Guide pour évaluer la valeur de la flore sur le terrain. Dans un rapport daté du 30 juillet 2013 destiné à la mairesse de Bromont, Pauline Quinlan, le président de la firme de consultants, André Legault, concluait « que nous ne sommes pas en présence d'écosystèmes forestiers exceptionnels ».

Cette estimation contradictoire n'a pas pesé dans la balance, a confirmé M. Bougie, car l'application de la Loi sur les espèces menacées et vulnérables relève du ministère de l'Environnement. « Ce qui avait été identifié par le MRN, c'est une forêt refuge. Ce qu'on est allé chercher en vertu de la loi, au niveau du ministère de l'Environnement, c'est de déterminer la cartographie des écosystèmes à mettre en valeur avec nos spécialistes, dont M. Legault et une botaniste du Biodôme de Montréal engagée par nous, pour déterminer les emplacements à conserver. »

De plus, le promoteur a mandaté le Groupement forestier du Haut-Yamaska, une firme de Cowansville, pour évaluer les caractéristiques des arbres sur l'ensemble du site. Selon M. Bougie, l'âge moyen de la forêt a été établi à 49 ans. Une attention particulière sera portée aux spécimens plus vieux, a-t-il précisé. « Il y a aussi des arbres qui ont 100 ans. On va prendre les moyens pour les protéger. »

ENGAGEMENTS

Afin de recevoir les autorisations du Ministère, le promoteur a accepté de se conformer à une dizaine d'engagements, a expliqué le vice-président planification et développement de Ski Bromont immobilier. L'une d'elles prévoit la relocalisation d'une série d'espèces menacées dans un secteur protégé. La confidentialité au sujet de ces spécimens est requise. M. Bougie a indiqué que plusieurs de ces plantes vulnérables ont déjà été transplantées dans une « zone de conservation ».

De plus, un suivi devra être assuré, au cours des cinq premières années suivant le début du projet, par des botanistes pour garantir le succès de leur reprise. L'efficacité des mesures de protection du terrain sera également évaluée.

De même, le ministère de l'Environnement demande à ce que certains habitats soient réaménagés. Un protocole d'entente doit être présenté au gouvernement en ce sens.

La mise en place de servitudes de conservation lors de la vente de terrains est une autre exigence. La surveillance de l'évolution des milieux humides et des ruisseaux après les travaux fait aussi partie des engagements de Ski Bromont.

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