Coupes dans le programme «chapeau, les filles!» : «Un beau petit plus» en moins

Sonia Douillard, diplômée en électromécanique de systèmes automatisés,... (photo Janick Marois)

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Sonia Douillard, diplômée en électromécanique de systèmes automatisés, a remporté une bourse en 2010 et garde un très bon souvenir de son expérience. À ses côtés, Pascale Robidoux, conseillère chez Avenue Profession'elle.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) La disparition des finales régionales du concours «Chapeau, les filles!», du moins pour cette année, ne devrait pas décourager les femmes de se lancer dans des métiers non traditionnels. Mais elles devront le faire sans la petite tape dans le dos qui fait du bien quand l'aventure n'est pas toujours rose.

«C'était un beau petit plus, commente Véronique Tardif, conseillère en emploi chez Avenue Profession'elle, l'organisme qui accompagne les femmes dans leurs démarches vers un secteur d'emploi majoritairement masculin. Ça ne devrait pas décourager les femmes de continuer, mais c'est malheureux d'enlever une initiative qui récompensait leurs efforts. C'était une motivation supplémentaire à persévérer.»

«On en sait très peu» sur l'abolition du volet régional du concours, admet Mme Tardif, si ce n'est que la documentation nécessaire à l'inscription n'a pas été acheminée aux organismes en novembre, comme c'était l'habitude. La mise en candidature aurait d'ailleurs dû avoir lieu ce mois-ci. «C'est déjà arrivé une année que le processus avait été retardé, alors on s'était dit que ça se pouvait que ce soit le cas cette année», poursuit la conseillère, qui a appris la nouvelle mardi, quand le ministre de l'Éducation Yves Bolduc a confirmé l'information.

«On en avait entendu parler, mais ce n'étaient que des rumeurs qui n'avaient pas été confirmées», renchérit sa collègue Pascale Robidoux.

«Chapeau, les filles!» pouvait remettre jusqu'à 200 prix régionaux, d'une valeur allant de 500 à 1000$. Les finalistes étaient par la suite admissibles à la finale nationale. La mesure permettrait, selon des chiffres avancés par l'opposition officielle, de réaliser des économies d'environ 60 000$.

Dans la région, c'est environ 64% de la clientèle d'Avenue profession'elle qui était admissible au concours.

Obstacles

Au cours des cinq dernières années, au moins cinq femmes de la région se sont distinguées au concours et ont décroché une bourse. «C'est toujours difficile de se faire une place dans un métier non traditionnel, mais la majorité du temps, ça se passe bien, indique Mme Tardif. Le concours, c'était aussi la fierté de mettre ça sur son CV, d'être une lauréate.»

Sonia Douillard, diplômée en électromécanique de systèmes automatisés, en sait quelque chose. Celle qui a remporté une bourse en 2010 garde un très bon souvenir de l'expérience. «C'est valorisant de gagner quelque chose, ça vient nous encourager pendant le parcours qu'on fait, et ce n'est pas toujours évident», explique-t-elle.

La conciliation entre les études, le travail et la vie de famille, et les sacrifices financiers inhérents à un retour aux études font partie des difficultés avec lesquelles Mme Douillard a eu à jongler pour atteindre ses objectifs.

D'autres obstacles se dressent parfois sur le chemin de ces femmes qui choisissent de sortir des sentiers battus: limitations physiques liées à leur carrure généralement plus petite, comme la force ou la grandeur, et difficultés d'intégration, comme la discrimination ou du harcèlement, énumère Mme Robidoux.

Néanmoins, le jeu en valait la chandelle. «Ce que j'aime de mon métier, c'est la diversité. Tu ne fais jamais la même tâche, tu manipules différentes machines, c'est tellement vaste ce qu'on peut obtenir avec ce DEP-là», énumère Mme Douillard.

Avenir profession'elles est actuellement en recrutement pour son prochain groupe de formation, qui entamera ses activités à la fin avril. Sont admissibles les femmes sans emploi désireuses de se tourner vers des métiers où plus de deux travailleurs sur trois sont des hommes.

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