Poursuite contre le club de tir de Granby

«On a le droit de se reposer»

Julie Bourgea (au centre) et Sébastien Lefebvre sont... (Photo La Voix de l'Est)

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Julie Bourgea (au centre) et Sébastien Lefebvre sont excédés par le bruit qui provient du Club de tir de Granby. Ils sont représentés par Me Geneviève Lambert (à gauche).

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) La tristesse a marqué le premier jour du procès intenté contre le Club de tir de Granby par un couple voisin. Sébastien Lefebvre et Julie Bourgea affirment que le bruit des détonations a augmenté, en volume et en fréquence, depuis la fin des années 2000.

Invitée à décrire l'impact de cet environnement sur sa vie et celle de sa famille, Mme Bourgea n'a pu retenir ses larmes. «Moi aussi j'aimerais jouir de ma maison, de mon terrain, sans être obligée de quitter, le samedi, à cause du champ de tir», a déclaré l'hygiéniste dentaire de 37 ans, hier, d'une voix saccadée.

«J'aimerais retrouver la paix que j'avais. Le samedi, on n'entend que tirer, tirer, tirer... Je pense qu'on a le droit de se reposer.»

Comme la Ville ne donnait pas suite à ses plaintes, le couple Lefebvre-Bourgea a déposé une poursuite de 20 000$ en dommages-intérêts contre Granby Multisports, responsable du Club de tir situé sur le 11e rang. Il demande aussi que les décibels et les heures d'ouverture soient réduits, tout comme le nombre de membres qui tirent en même temps.

Le bruit venant de l'établissement est «excessif, pas vivable, enrageant», a dit Mme Bourgea. «C'est coup après coup.» Elle est convaincue que la situation a empiré depuis qu'elle a emménagé à 150 mètres du Club, en 2003.

Mauvaises vibrations

À l'époque, elle s'était assurée que l'activité ne constituait pas une nuisance. Elle n'en a d'ailleurs pas souffert pendant quelques années. «C'était comme un voisin absent. Je ne m'en rendais presque pas compte. Mais petit à petit, le bruit a augmenté, plus fort et plus fréquent. Aujourd'hui, on sent les vibrations à l'intérieur de la maison. Les fenêtres bougent. L'hiver, c'est moins pire.»

L'amélioration de l'insonorisation et l'ajout d'une butte de terre, devant le Club de tir, n'ont pas réduit le bruit, a dit Mme Bourgea. «C'est toujours aussi fort.» Le couple a voulu vendre sa maison, il y a quelques années, mais s'est buté à des échecs à cause des détonations voisines.

Leur voisine, Caroline Chartier, fait le même constat. «Aujourd'hui, les tirs sont très répétés et très forts. Je dirais qu'il y a plus de gens, aussi. J'ai de la misère à me concentrer si je veux lire un livre, et mes enfants ne peuvent s'endormir avant 20 h 30 (NB: l'heure de fermeture du Club).»

Elle aussi quitte sa maison avec sa famille, les samedis d'été. «Quand on n'est pas dedans, on n'imagine pas à quel point on vit les choses», a laissé tomber Mme Chartier dans un sanglot. «Un coup de fusil, c'est percutant, ça rentre dans le corps.»

«Je n'ai jamais compris pourquoi le Canton de Granby avait mis le champ de tir là, en sachant que les terrains en face allaient être développés», a dit un autre voisin, René Cabana, lui aussi appelé à la barre.

Échantillon

Plus tôt dans la journée, l'expert en acoustique Raphaël Duée a témoigné pour les demandeurs. Ayant analysé un enregistrement pris un samedi matin d'été, il en conclut que le bruit des activités du Club de tir dépasse la «note d'instruction», une norme provinciale.

«Pour que le site soit conforme, il faudrait descendre de 10 décibels», a dit M. Duée.

Le procès se poursuit jusqu'à jeudi en chambre civile au palais de justice de Granby. Les demandeurs sont représentés par Me Geneviève Lambert, tandis que Me Vanessa Gravel occupe le même rôle pour Granby Multisports. Le juge Paul-Marcel Bellavance, de la Cour supérieure, prendra ensuite sa décision en délibéré.

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