Stukely-Sud

Un élu exclu des réunions de travail

Le maire de Stukely-Sud, Gérald Allaire.... (Photo janick marois, archives la voix de l'est)

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Le maire de Stukely-Sud, Gérald Allaire.

Photo janick marois, archives la voix de l'est

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Stukely-Sud) L'ambiance qui règne au sein de la petite municipalité de Stukely-Sud est à ce point tendue que le conseiller Denis Garneau est désormais interdit de présence aux réunions de travail des élus.

Cette mise à l'écart dure depuis l'automne dernier et le problème ne semble pas être sur le point de se régler. «Ils m'ont exclu parce que je dérangeais... et que je continue à déranger. À l'automne, le maire Gérald Allaire et les autres membres du conseil se sont aperçus que je me tenais avec quelqu'un qui leur faisait la guerre. Ils ont alors commencé à se méfier de moi. Ils m'ont fait venir à une réunion. J'étais devant eux, ils ont parlé chacun leur tour... C'est là que la guerre a commencé», raconte M. Garneau, qui fait partie du conseil municipal depuis cinq ans.

Selon lui, des tensions avaient commencé à poindre en mai, alors qu'une pétition avait été déposée à la municipalité pour se plaindre du matériel utilisé par un entrepreneur pour l'entretien des routes sur le territoire. «Il y avait eu 140 noms. J'avais supporté et même fait circuler cette pétition dans mon quartier. Ça avait mis le feu aux poudres», laisse entendre M. Garneau.

Depuis l'automne, le conseiller n'a plus accès aux documents et aux discussions en préparation des séances mensuelles du conseil. «Je prends les documents à 18h50 les soirs d'assemblée. Je manque d'informations. Ils m'empêchent de faire mon travail.»

Denis Garneau s'est plaint de cette situation au ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT), en vain. «On m'a dit qu'ils avaient le droit de faire ça, car il n'y a pas de règlement au sujet des réunions préparatoires.»

Et l'homme ne voit pas le jour où il pourra s'y pointer à nouveau. «Tant que Gérald Allaire sera là, je ne pense pas être réintégré. Pourtant, ce qui se dit là, reste là. Je n'ai jamais sorti d'informations de ces réunions», assure-t-il, en affirmant que malgré ces tensions, il a la ferme intention de terminer son mandat.

Opposition

Le maire Gérald Allaire affirme de son côté que «personne ne s'entend» avec Denis Garneau. «Il a décidé de jouer le rôle de l'opposition. Il travaille à l'encontre du reste du conseil», déclare-t-il pour justifier l'exclusion du conseiller lors des réunions de travail.

«La décision a été prise par ses confrères et consoeurs de travail... Mais le maire peut inviter qui il veut à ces réunions, pour discuter des différents dossiers», indique M. Allaire, en précisant que Denis Garneau n'est titulaire d'aucun dossier.

«Par contre, il est invité au caucus à 18h30 les soirs de conseil, mais il n'y va pas.»

Selon M. Allaire, le conseiller a néanmoins accès aux documents municipaux «déposés dans son casier».

Interrogé sur la possibilité que Denis Garneau puisse un jour réintégrer les réunions préparatoires, Gérald Allaire affirme que «ça dépend de lui, s'il veut travailler de concert avec nous».

Ni la loi ni le Guide d'accueil et de référence pour les élus municipaux ne fournissent de précisions sur la présence des membres d'un conseil aux réunions préparatoires de travail.

Un cas semblable s'est toutefois déjà produit à Lachute. En 2013, la Cour supérieure du Québec avait donné raison à la conseillère Marcelle Louis-Seize, qui avait été exclue des réunions préparatoires de son conseil municipal. Le juge avait alors déterminé que le maire de l'endroit avait orchestré l'expulsion de la dame pour des considérations purement politiques pour museler l'opposition. Cette décision n'avait cependant pas permis à la conseillère de réintégrer ces réunions.

Mouvement citoyen

On sait que le conseil actuel de Stukely-Sud fait face à un mouvement de contestation de la part de certains citoyens de l'endroit. En janvier dernier, l'assemblée ordinaire avait d'ailleurs tourné au vinaigre. Des résidants mécontents du budget 2015 et de l'entretien des routes, notamment, avaient bombardé le maire Allaire de questions. La rencontre avait donné lieu à des échanges musclés et à des propos disgracieux de la part de certains citoyens.

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