Projet du Val 8 : Protégeons Bromont interpelle le ministre Heurtel

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Le président de Protégeons Bromont, René Cloutier

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Selon le président de Protégeons Bromont, René Cloutier, il est «minuit moins cinq» pour sauvegarder le mont Brome, ciblé par la phase 8 du vaste projet résidentiel du Val des Irlandais. En ce sens, l'organisme sans but lucratif vient de faire parvenir une lettre au ministre de l'Environnement, David Heurtel, lui demandant de prendre part au dossier pour renverser la vapeur dans l'intérêt de la protection du site.

«On ne peut pas rester les bras croisés. Il est urgent d'agir pour empêcher la déforestation et l'érosion du mont Brome advenant la mise en chantier du projet du Val 8», indique d'entrée de jeu en entrevue René Cloutier.

Comme les négociations à propos d'une entente tripartite, visant l'achat du site, entre la Ville de Bromont, Protégeons Bromont et le promoteur Charles Désourdy sont au point mort depuis février 2014, le regroupement citoyen visant la protection des espaces naturels de la municipalité a cru bon interpeller le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques.

De fait, une lettre, dont le journal a obtenu copie, a été envoyée par courriel le 9 février au député de Viau. Idem pour le ministre de l'Agriculture et responsable de l'Estrie, Pierre Paradis. Une version papier a aussi été expédiée aux deux politiciens par courrier recommandé, le lendemain.

Évaluation

«Nous vous demandons une évaluation complète de la faune et de la flore (division écologique) pour le massif du mont Brome ainsi qu'une évaluation exhaustive d'un projet de parc protégé dans le cadre d'une analyse globale économique, touristique et écologique», peut-on notamment y lire. Outre ces avis d'experts, Protégeons Bromont tient surtout à «relancer le dossier» en conscientisant le ministre de l'Environnement et les élus municipaux au bien-fondé du projet de parc à l'abri de l'étalement urbain. «Ce que nous voulons, c'est qu'il [M. Heurtel] rencontre Corridor appalachien, Protégeons Bromont et les conseillers avant que le Ministère émette des autorisations pour le projet du Val 8», a souligné M. Cloutier.

en queue de peloton

La lettre mentionne, entre autres, que le mont Brome est le deuxième parmi les collines montérégiennes en superficie, mais qu'il se trouve en queue de peloton des aires protégées. Un tableau inséré dans la missive stipule que la montagne représente seulement 3 % de ce groupe, au 8e rang juste devant le mont Yamaska, dernier en lice à ce chapitre. «Les monts Royal, St-Bruno et St-Hilaire, pourtant situés dans des territoires plus urbanisés que Bromont, sont nettement mieux protégés. Les Montérégiennes ont été reconnues comme des lieux qui devraient faire partie du patrimoine écologique de tous les Québécois. Votre ministère est intervenu plus d'une fois pour les protéger», peut-on lire dans le document.

La lettre relate aussi que «près de 4000 citoyens, dont plus de 2000 Bromontois, se sont levés d'un seul bloc et ont demandé un moratoire sur le projet du Val 8».

Un processus «biaisé»

 Les propos tenus dans la lettre tendent à démontrer que le processus d'évaluation s'articulant autour du projet résidentiel a été «biaisé» dès le départ. «En octobre 2012, lors d'une séance d'information à l'attention des citoyens, le biologiste André Legault mandaté par le promoteur est venu partager les conclusions de son rapport d'analyse du territoire du Val 8. Selon ce rapport, il n'y a aucune présence d'EFE (écosystème forestier exceptionnel) sur ce territoire et la forêt est déclarée avoir moins de 50 ans d'âge. Les conclusions de ce rapport ont été contredites par Corridor Appalachien [sic] et par votre ministère», écrit le président de Protégeons Bromont, René Cloutier.

La missive parle également «d'apparence de manipulation politique». On y fait entre autres le parallèle avec les articles publiés récemment dans La Voix de l'Est, voulant que la majorité des élus n'aient pas eu toute l'information avant de modifier une résolution et d'entériner le protocole d'entente portant sur le Val 8, lors de la séance extraordinaire du 30 septembre 2013. «Les 14 juin, 5 août et 27 août 2013, tour à tour, Corridor Appalachien [sic], Protégeons Bromont.org et finalement le MRN [ministère des Ressources naturelles] avise [sic] par écrit avec carte à l'appui, la présence d'EFE en plein coeur du territoire du Val 8. La ville [sic] ignore ces avis. La mairesse et le DG [de l'époque] vont même jusqu'à cacher à leurs conseillers, l'avis officiel reçu du MRN.»

M. Cloutier a toutefois tenu à conclure sur une note positive. «Je sais que la population est derrière nous, a-t-il fait remarquer. Reste à avoir l'appui du ministère de l'Environnement pour sauver le mont Brome en créant de la richesse collective aujourd'hui, puis pour les générations à venir.»

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