Bruit «infernal et insoutenable» : le Club de tir de Granby poursuivi pour 20 000 $

Un couple de Granby réclame 20 000 $ en dommages-intérêt... (photo Julie Catudal)

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Un couple de Granby réclame 20 000 $ en dommages-intérêt pour les «troubles, stress et inconvénients subis» par le Club de tir.

photo Julie Catudal

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Le bruit qui émane du Club de tir de Granby met un couple voisin en beau fusil. Sébastien Lefebvre et Julie Bourgea affirment que le nombre et le bruit des détonations ont augmenté depuis 2008, ce qui nuit à leur qualité de vie.

Dans sa poursuite en Cour supérieure, le couple, qui habite à 300 mètres du champ de tir, exige que l'établissement réduise ses heures d'ouverture et ses activités, notamment en limitant le bruit à 45 décibels.

Il demande aussi que certaines armes à feu soient proscrites, que le tir au pigeon d'argile soit interdit et que le nombre de membres autorisés à tirer en même temps soit diminué. Le couple réclame aussi 20 000$ en dommages-intérêt pour les «troubles, stress et inconvénients subis».

Un niveau «intolérable»

«Plus souvent qu'autrement, lors des heures d'ouverture du Club de tir, les fenêtres de la maison doivent rester fermées en pleine saison estivale afin de limiter le bruit en partie, indique la poursuite déposée en mars 2014.Les demandeurs ne peuvent alors s'installer à l'extérieur de leur résidence et ainsi jouir de leur propriété, compte tenu du bruit infernal et insupportable occasionné par les tirs de fusil et autres armes utilisées.»

Même lorsque les fenêtres de la résidence sont fermées, «un bruit sourd est perceptible dans la maison et les murs vibrent à la puissance des détonations», lit-on.

M. Lefebvre et Mme Bourgea ont emménagé sur le 11e rang au début des années 2000, en s'assurant que le champ de tir «ne constituait pas une nuisance». Mais à partir de 2008, ils constatent «une augmentation considérable des activités» ayant pour conséquence «d'augmenter l'intensité du bruit à un niveau intolérable».

«Les demandeurs ne sont certes pas obligés de subir les inconvénients anormaux découlant de ces activités, dit la poursuite. Ne pas pouvoir jouir de sa propriété à cause du bruit est un préjudice sérieux.»

Plusieurs lettres et même une pétition ont été acheminées à la Ville de Granby, qui a aménagé une butte devant le Club de tir et réduit les heures d'ouverture. L'établissement est notamment fermé le dimanche. Mais le problème reste entier, disent les demandeurs, qui n'ont pas rappelé La Voix de l'Est.

«La Ville a fait son bout»

«La Ville a fait son bout là-dedans, affirme la procureure de la Ville, Me Marlène Painchaud. Je compare avec l'Autodrome: dans la mesure où on offre une activité, il y a du bruit qui vient avec.»

Me Painchaud rappelle que le Club de tir a été aménagé en 1976 et que ce secteur, qui faisait jadis partie du canton de Granby, s'est beaucoup développé par la suite. La norme de bruit sur laquelle s'appuient les demandeurs provient du ministère de l'Environnement et n'est «ni un règlement, ni une loi», ajoute-t-elle.

Reponsable du Club de tir, Guy Faucher reconnaît que le nombre de membres a augmenté au fil des années - tout comme le nombre de compétitions -, mais pas les calibres utilisés. Le 438 Magnum reste le fusil le plus bruyant autorisé.

L'établissement compte près de 600 membres, incluant les corps policiers, mais seul le quart s'entraîne sur une base régulière, dit M. Faucher. «Les autres ne viennent qu'une fois par année environ, pour renouveler leur permis.»

Le procès intenté par M. Lefebvre et Mme Bourgea doit commencer lundi prochain au palais de justice de Granby. Quatre jours ont été réservés pour cette cause, qui sera entendue par le juge Paul-Marcel Bellavance.

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