Changements annoncés à l'aide sociale : l'Envolée tire l'alarme

La directrice du Centre L'Envolée, Mélanie Paulhus.... (photo Alain Dion)

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La directrice du Centre L'Envolée, Mélanie Paulhus.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Ce pourrait bientôt être le début de la fin pour L'Envolée, de Granby, le CARAT, de Sainte-Brigide-d'Iberville, et le Toxi-Co-Gîte d'Upton. Comme une quarantaine d'autres centres d'intervention en dépendance de la province, les trois établissements de la région pourraient être contraints de couper dans leurs effectifs, voire ultimement fermer leurs portes, en raison des changements annoncés au programme d'aide sociale.

Tant dans les centres que du côté de l'Association québécoise des centres d'intervention en dépendance (AQCID), on craint que le possible remplacement de la prestation mensuelle d'aide sociale par une allocation de dépenses de 200$ aux bénéficiaires hébergés en centre de thérapie, pour la durée de leur traitement, les empêche d'acquitter les frais de leur séjour.

 «La majorité de notre clientèle, environ 90%, est ici dans le cadre de conditions du tribunal, allègue Mélanie Paulhus, directrice du Centre L'Envolée. Avec seulement 200$, ils ne pourraient pas s'offrir des services. Où pourraient-ils aller? Et les itinérants? [...] Ça veut dire qu'il y aurait beaucoup de toxicomanes qui se retrouveraient en prison, et ce n'est pas là qu'ils devraient être, parce qu'ils n'en auraient plus les moyens. Et les prisons débordent.»

«À défaut de recevoir un traitement, ces personnes se retrouveront dans les hôpitaux, les prisons ou pire encore! Ces personnes sont très à risque lorsque l'on parle de suicide» affirme pour sa part le directeur général de l'AQCID, Vincent Marcoux.

On estime qu'un mois de thérapie dans un centre équivaut financièrement à une hospitalisation de deux jours ou à 12 jours en prison.

Faire plus avec moins

L'AQCIC calcule que la réforme du programme d'aide sociale entraînerait un déficit annuel moyen de 150 000$ par centre. «Dans certains cas, on parle même de plusieurs centaines de milliers de dollars», renchérit M. Marcoux.

C'est un scénario probable à Granby, qui reçoit de l'aide sociale une somme légèrement inférieure à 50$ par jour pour chacun de ses quelque cent pensionnaires. Ceux-ci doivent pour leur part payer 540$ par mois pour leur thérapie et les services connexes. Mais aucune autre aide ne finance les activités du centre de thérapie, qui accompagne également ses résidants dans leurs démarches de réinsertion sociale.

«Pour nous, si ça passe, les impacts sont majeurs; il faudrait continuer d'offrir les mêmes services, mais avec beaucoup moins de ressources», note Mme Paulhus.

Avant la fermeture, l'abolition de quelques postes et la diminution des heures de travail de certains employés pourraient être envisagées. «Il faut être présents sept jours sur sept, 24 heures par jour, poursuit la directrice, qui a sollicité une rencontre avec le député libéral de Brome-Missisquoi et ministre responsable de la région de l'Estrie, Pierre Paradis, pour lui faire part de ses préoccupations.

Le vote sur le projet de loi devrait avoir lieu le 13 mars, pour entrer ensuite en vigueur le 1er mai prochain.

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