Prisonniers de l'eau glacée : « On s'est sauvés mutuellement »

Magdalane a secouru Balou, captif de l'eau glacée... (photo Janick Marois)

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Magdalane a secouru Balou, captif de l'eau glacée de la rivière Yamaska, au péril de sa propre vie. La jeune femme doit cependant une fière chandelle au jeune chien, qui lui a rendu la pareille.

photo Janick Marois

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Cowansville) Un brin d'insouciance et une bonne dose de sang-froid. C'est le cocktail auquel a récemment carburé Magdalane Vanasse-Corbeil. L'employée de la Société protectrice des animaux (SPA) des Cantons a dû foncer, au péril de sa vie, pour rescaper le vigoureux Balou des eaux glacées de la rivière Yamaska à Cowansville. Elle l'a sauvé, mais lui aussi l'a sauvée à son tour. Quelques jours après ce sauvetage in extremis, la jeune femme prend la mesure des émotions en montagnes russes qui l'ont submergée.

Magdalane adore les animaux. C'est d'ailleurs cet «amour inconditionnel» des bêtes qui l'a menée à dénicher un boulot à temps partiel à la SPA des Cantons. Il y a quelques semaines, un chien à l'énergie débordante a fait son entrée dans l'établissement de la rue de la Rivière. Celle qui étudie en sciences politiques était loin de se douter que ce nouvel arrivant lui en ferait voir de toutes les couleurs.

«J'étais en train de faire le ménage de la cage de Balou. Tout allait bien jusqu'à ce qu'il défonce la porte pour s'enfuir. À partir de là, tout a déboulé vraiment vite», raconte-t-elle.

Faisant ni une ni deux, la jeune femme de 20 ans a pris le chien en chasse. «Au début, il courait sur le terrain. Pas moyen de l'attraper. C'est un mélange entre un sharpei et un bulldog anglais. Il aime beaucoup l'action. Ça n'a pas pris de temps qu'il était parti explorer le voisinage. C'était très dangereux, les gens devaient s'arrêter tout le temps parce qu'il traversait la rue d'un bord à l'autre. Il aurait pu se faire frapper plusieurs fois», se remémore sa poursuivante. Pendant ce temps, une collègue tentait de retracer le duo en voiture.

Adrénaline

Longeant la rue Rivière, le chien a ensuite bifurqué dans la rue Parker pour filer vers le boulevard des Vétérans. Tout ceci au grand dam de Magdalane qui, à bout de souffle, regardait le fugitif gagner du terrain en courant vers la rivière Yamaska. «J'espérais tellement qu'il reste sur la terre ferme, confie-t-elle. Mais non. À ce moment, je me doutais que ça allait mal tourner!»

C'est avec un brin de frayeur que Magdalane a vu le chien s'aventurer sur la glace, pour finalement plonger à plusieurs mètres du bord du plan d'eau à demi gelé. Se débattant tant bien que mal, l'animal arrivait à peine à se maintenir à la surface. Il fallait agir et vite, sans quoi Balou allait sombrer pour de bon. L'introspection a donc été de courte durée pour la jeune femme. «Je n'avais pas le choix de foncer. Je ne pouvais pas regarder un chien mourir devant mes yeux sans rien faire, insiste-t-elle. Je criais. Je demandais de l'aide parce que j'étais seule. D'un autre côté, je savais qu'en allant sur la glace pour le secourir, j'étais moi aussi en danger. Mais l'adrénaline a eu le dessus.»

Par chance, un bon Samaritain qui passait par là est arrivé dans l'entrefaite. Voyant que l'homme pouvait aller chercher du secours si l'opération tournait mal, elle a commencé à ramper sur le mince couvert de glace. «Chaque fois que j'avançais un peu, j'entendais la glace craquer. Je savais que si je tombais à l'eau, j'avais à peine trois minutes pour réussir à retourner au bord.»

Rôles inversés

Jusque-là, Magdalane ne pensait pas aux conséquences de son geste. Son seul objectif était d'agripper le chien pour l'extirper de sa fâcheuse position. Le sauvetage a toutefois pris une tournure inattendue. «Je ne sais même pas comment j'ai fait, mais j'ai réussi à sortir un chien qui pèse près de 55 livres de l'eau. Pourtant, je ne suis pas très grande et pas très forte. L'adrénaline, ça fait des miracles!, lance-t-elle. Mais pendant ce temps-là, je trempais dans l'eau glacée. J'étais vidée et mes jambes et mes bras ne fonctionnaient plus. À ce moment-là, j'ai eu peur. Par chance, Balou était là. Je me suis accrochée [à lui] et il m'a tiré jusqu'au bord. On s'est sauvé mutuellement.»

Une fois sortie de danger, Magdalane a flanché. «Dès que les nerfs ont lâché, je me suis mise à pleurer. J'étais faible. J'étais en hypothermie, mais j'étais en vie. Et Balou aussi. C'est tout ce qui compte. Et si c'était à refaire, je n'hésiterais pas une seconde.»

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