• La Voix de l'Est > 
  • Actualités 
  • > Revenus bredouilles de l'urgence: la mère d'un bambin brûlé au 2e degré juge inadéquat le service à... 

Revenus bredouilles de l'urgence: la mère d'un bambin brûlé au 2e degré juge inadéquat le service à l'urgence de l'hôpital BMP

Geneviève Lacroix déplore la façon dont son bébé... (Photo Alain Dion, archives La Voix de L'Est)

Agrandir

Geneviève Lacroix déplore la façon dont son bébé de quatre mois, qui avait subi de graves brûlures, a été traité lors de son passage à l'urgence de l'hôpital BMP, mercredi soir.

Photo Alain Dion, archives La Voix de L'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Cowansville) Une mère de famille dont le poupon de quatre mois a été gravement brûlé, mercredi soir, a vécu des heures d'angoisse en raison d'un traitement qu'elle juge inapproprié à l'urgence de l'hôpital Brome-Missisquoi-Perkins (BMP) de Cowansville.

Geneviève Lacroix est infirmière de profession. Elle compte plus de 22 ans d'expérience dans son domaine, dont plusieurs à l'urgence. Lorsque son petit bonhomme a été gravement brûlé, elle n'a pas hésité une minute. Il fallait aller à l'hôpital et vite.

«C'est arrivé par accident vers 18 h. Mon conjoint avait notre fils dans les bras et il a vidé un plat de patates rempli d'eau bouillante, mais il [le bambin] en a reçu sur les jambes, raconte la résidente de Cowansville. Notre garçon hurlait de douleur. Ce n'était pas juste une rougeur. La peau était arrachée en partie et il y avait des phlyctènes (cloches d'eau) qui apparaissaient un peu partout. Je ne consulte jamais pour rien, mais considérant l'âge de mon enfant et l'étendue de ses brûlures au deuxième degré sur près de 20 % du corps, il fallait absolument qu'il voie un médecin rapidement.»

Ainsi, en moins de deux, la mère et son bébé étaient en route vers le centre hospitalier BMP. Une mauvaise surprise attendait toutefois le duo une fois entre les murs de l'établissement. «Il devait être environ 18 h 30 quand je me suis présentée à l'urgence, mais il n'y avait personne pour accueillir les gens au triage. Ça n'a aucun sens! clame-t-elle. Il y aurait pu avoir quelqu'un en arrêt respiratoire ou avec toutes sortes d'autres symptômes graves. Après une dizaine de minutes à attendre avec mon garçon dans les bras, j'ai décidé d'agir. Je suis allée près des salles d'examen pour trouver quelqu'un qui allait s'occuper de lui. J'ai finalement croisé une infirmière qui l'a regardé.»

Classé «non urgent»

Mme Lacroix croyait être sur la bonne voie en interagissant avec une infirmière. La mère de famille a toutefois constaté qu'elle n'était pas au bout de ses peines, car elle a été vite redirigée vers la salle d'attente. «Mon fils n'a eu qu'un examen sommaire et un pansement. Après, j'ai fait son inscription. La personne a jugé que c'était un cas de type quatre, c'est-à-dire classé non urgent. Je n'en revenais pas!, lance-t-elle. C'était évident qu'on allait patienter plusieurs heures. Même les gens dans la salle d'attente trouvaient que ça n'avait pas d'allure.»

Après une trentaine de minutes, la maman, qui était dans tous ses états, a décidé de retourner à la maison afin de soulager les souffrances de son fils elle-même, sans avoir vu un médecin. «Je savais qu'un docteur devait évaluer ses plaies, mais je savais aussi pertinemment qu'il fallait intervenir rapidement, insiste-t-elle. Je suis allée acheter du Polysporin en espérant qu'il n'y aurait pas de complications.»

Mme Lacroix a passé une nuit mouvementée au chevet du bambin. Étant donné l'étendue des brûlures de son garçon, elle a appelé au petit matin dans une clinique de Cowansville pour obtenir un rendez-vous. Au retour de la rencontre, les nouvelles étaient encourageantes. «La médecin qui a examiné mon fils m'a dit que tout ce que j'ai fait était bien. Mais si je n'avais pas été infirmière, je n'aurais certainement pas su quoi faire. Heureusement, tout devrait rentrer dans l'ordre, mais il est encore trop tôt pour dire s'il y aura des cicatrices.»

Malgré ce qu'elle et son fils ont vécu, la maman affirme ne pas vouloir jeter la pierre au personnel hospitalier, mais plutôt éviter qu'un autre patient subisse un tel traitement. «Je sais très bien comment ça se passe à l'hôpital, car j'y ai travaillé longtemps avant de devenir enseignante. Il y a énormément de pression, fait-elle valoir. On ne peut simplement pas faire attendre une mère avec son enfant de quatre mois dans une situation d'urgence pareille. Tout ce que je veux, c'est que ça ne se reproduise pas.»

Il n'a pas été possible d'obtenir les commentaires du CSSS La Pommeraie, hier. Les dirigeants de l'organisation ont indiqué vouloir «analyser» plus longuement le dossier avant de se prononcer.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer