Loulou gagne sa cause

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Le juge Louis-Paul Cullen indique que la preuve ne permet pas d'établir avec certitude que les plaintes et les propos de Mme Lavigne sont à l'origine de la fermeture de la garderie Loulou.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Marieville) La guerre que se sont livrée Louise Poulin et Julie Lavigne pendant des années est terminée. Le juge Louis-Paul Cullen vient en effet de condamner la seconde à verser 45 000$ en dommages et intérêts à la première, de même qu'à sa garderie Loulou, pour avoir sali sa réputation.

Dans son jugement d'une trentaine de pages, le magistrat affirme que Mme Lavigne a volontairement colporté des ragots à propos de Mme Poulin - son ancienne patronne qui partage maintenant la vie de son ex-conjoint - et de sa gestion de la garderie. Des «attaques sournoises», écrit même le juge, qui rappelle que Mme Lavigne «a toujours refusé de se rétracter et a soutenu à répétition leur véracité [des allégations], et ce, pendant huit ans».

Le juge Cullen reproche également à Mme Lavigne son manque de transparence, alors qu'elle omettait, à l'occasion, de préciser certains faits, dont ses liens avec Mme Poulin pour présenter la situation à son avantage. «Elle cherche exclusivement à satisfaire ses propres intérêts, sans aucun égard à la vérité et espérant infliger le plus de tort possible à son ex-conjoint, à la garderie et à Mme Poulin», écrit-il.

Roman-savon

Les péripéties rapportées dans le jugement donnent à la saga des airs de roman-savon.

Après avoir travaillé ensemble à la garderie à la fin des années 1980, Mmes Lavigne et Poulin se retrouvent à la fin de l'an 2000, car l'ex-conjoint de Mme Lavigne, dont elle s'est séparée au cours de l'été, est désormais en couple avec Mme Poulin.

La relation entre les deux femmes tourne au vinaigre. Elles portent plainte l'une contre l'autre auprès de diverses instances, notamment pour harcèlement criminel et voies de fait.

La garde des enfants de Mme Lavigne et de son ex-conjoint jouera aussi un rôle dans le litige opposant les deux femmes.

Pas la cause de la fermeture

Le juge Cullen indique cependant que même si les propos de Mme Lavigne ont nui à la réputation de Mme Poulin et de son établissement, la preuve ne permet pas de conclure avec certitude qu'ils ont provoqué à eux seuls la fermeture forcée de la garderie, en 2012.

Une quarantaine de plaintes - dont plusieurs ont été jugées non fondées par le Ministère - ont été formulées contre la garderie, entre 1997 et 2010, dont deux par Mme Lavigne, qui accusait Mme Poulin de maltraitance.

L'une d'elles a été déposée le jour après qu'un expert eut recommandé que les enfants demeurent avec leur père et Mme Poulin. Une missive qui démontre «la mauvaise foi» de la défenderesse, note le juge Cullen, qui trouve «invraisemblable» qu'elle se souvienne avec précision d'incidents survenus 25 ans auparavant, mais qu'elle n'avait jamais dénoncés.

Or, en 2007, le ministère de la Famille décide de ne pas renouveler le permis de la garderie, décision qui sera maintenue malgré une rencontre entre Mme Poulin, son avocate et le sous-ministre adjoint. Le jugement laisse supposer que cette décision pourrait être liée, entre autres, à un signalement soumis à la Direction de la protection de la jeunesse et à cinq plaintes formulées entre 2002 et 2007.

La garderie a rouvert ses portes à l'été 2009, sous plusieurs conditions, mais a fermé à nouveau en 2012, faute de voir son permis renouvelé. Elle n'a pas repris ses activités depuis.

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