Perchaudes au Réservoir Choinière: petites, mais nombreuses

Des analyses sur 1627 perchaudes, menées par des... (photo Parc National de la Yamaska)

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Des analyses sur 1627 perchaudes, menées par des techniciens du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles et par Alain Mochon, ont permis de dégager des constats plus précis sur cette espèce.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Roxton Pond) Les perchaudes dans le réservoir Choinière sont petites, mais elles sont nombreuses. Il n'y a aucune raison de s'inquiéter à court terme de leur pérennité, conclut une étude commandée par le parc national de la Yamaska.

«C'est vraiment une bonne nouvelle. On s'inquiétait parce qu'on voyait bien que les perchaudes subissaient une pression de pêche importante dans le réservoir depuis quelques années», indique Alain Mochon, responsable du service de la conservation et de l'éducation du parc national de la Yamaska et instigateur de l'étude. «Les données nous démontrent qu'elles se portent bien. Le danger était qu'on prélève le capital de la ressource et non seulement les intérêts», illustre-t-il.

L'étude qualitative porte sur les poissons capturés durant la saison de pêche blanche de l'hiver 2013. Durant ces dix semaines (21 décembre à la mi-mars), les pêcheurs ont non seulement enregistré leurs prises, mais ils ont également estimé leur taille dans leurs rapports quotidiens. Des analyses sur 1627 perchaudes, menées par des techniciens du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles et par M. Mochon, ont permis de dégager des constats plus précis sur cette espèce en regard de leur longueur, poids et sexe. L'analyse plus poussée de petits échantillons a permis de déterminer leur âge, leur contenu stomacal et leurs structures osseuses.

Premier constat: la population de perchaudes est nombreuse. Près de 40 000 ont été pêchées durant les dix semaines permises par la loi. En 2011, 43 665 perchaudes ont été capturées lors de la pêche blanche et 31 000 ont été retirées de l'eau durant la même période en 2012. La baisse est attribuable à un redoux qui a empêché les pêcheurs de lancer leurs lignes à l'eau. Ces statistiques amènent M. Mochon à conclure que les perchaudes du réservoir Choinière se reproduisent bien.

Par ailleurs, on apprend que la taille moyenne des perchaudes âgées de quatre ans du réservoir Choinière est de 169 millimètres. En comparaison, ses congénères du même âge du lac Memphrémagog ont une taille moyenne de 193 mm et ceux de la baie Missisquoi de 206 mm (voir tableau: Différentes tailles). L'écart est aussi considérable chez les perchaudes plus vieilles. La taille moyenne de celles de sept ans dans le réservoir Choinière est de 213 mm alors qu'elle est de 241 mm dans la baie Missisquoi et de 262 dans le lac Memphrémagog.

Activité microbactérienne

L'intense activité microbactérienne durant la saison estivale pourrait expliquer la petitesse des perchaudes du réservoir Choinière, estime M. Mochon. Le biologiste rappelle que le réservoir est la principale source d'eau brute de la ville de Granby. Lors des périodes de fortes demandes, signale-t-il, le niveau du plan d'eau varie de trois mètres, ce qui chamboule l'environnement du réservoir. «Le réservoir n'est pas très profond. De cinq à six mètres en moyenne. Quand le niveau de l'eau baisse, ça réduit la superficie habitable des perchaudes. De 10 à 40% de la superficie où elles se tiennent peuvent disparaître. C'est énorme.»

Ces périodes de marnage ont pour effet de réchauffer la température de l'eau, indique M. Mochon. «Quand il y a une variation du niveau de l'eau, elle se réchauffe et ça favorise la prolifération des algues bleues. Il y a moins d'oxygène pour les poissons», dit-il, le résultat étant une croissance moins importante des perchaudes.

Il n'existe pas d'études sur le poids des perchaudes des lacs du Québec. En fait, peu de données sont disponibles sur toutes les espèces de poissons des lacs québécois, se désole Alain Mochon. Seuls ceux du fleuve semblent intéresser le ministère. Certains d'entre eux ont un potentiel commercial, a fait remarquer le biologiste en guise d'explication.

L'analyse des perchaudes du réservoir Choinière ne s'arrêtera pas là. Une pêche expérimentale, à l'aide de filets, sera effectuée dans cinq ans, a dit M. Mochon. Le but est d'ajouter aux connaissances sur ces poissons et d'ajuster le tir au besoin. «Ça va nous donner un portrait complet de la situation. On saura alors s'il faut changer quoi que ce soit dans la façon qu'on exploite la ressource», a-t-il précisé.

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