Famille kurde réfugiée dans une église: Genest portera le dossier au caucus du NPD

Le député néo-démocrate Réjean Genest portera le dossier... (photo Julie Catudal)

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Le député néo-démocrate Réjean Genest portera le dossier de la famille kurde au caucus du NPD, mercredi.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) L'histoire de la famille Turk, réfugiée à l'église de Rougemont pour éviter la déportation, ne laisse pas indifférent. «On va commencer les démarches. On va voir avec le caucus (du NPD) pour savoir ce qu'il en est par rapport à ça», a commenté samedi le député de Shefford, Réjean Genest, qui prend les choses en main.

L'adjointe de circonscription au bureau de Granby du député, Josée Champagne, a déjà consacré plusieurs heures, en novembre, à aider la famille kurde qui demande l'asile depuis son arrivée, en 2011 et 2012. Orhan Turk a débarqué au Québec en octobre 2011 pour rejoindre sa femme et ses enfants qui avaient déjà obtenu leur statut de réfugié. Son cas a été jumelé à celui de la famille de son frère, Kamber, arrivée en mai 2012, pour l'audience devant la commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR).

«On ne peut pas parler en détail du dossier à cause des ententes de confidentialité, mentionne Mme Champagne. Ils sont venus nous rencontrer en novembre en nous demandant de l'aide.» Les pouvoirs du bureau étaient toutefois limités.

En mai 2014, la commissaire lui a refusé le statut de réfugié et la famille en a appelé devant la Cour fédérale du Canada. Son appel a toutefois été refusé. Par contre, les quatre frères et soeurs de Kamber et d'Orhan et la famille de ce dernier ont été acceptés au pays pour les mêmes motifs de persécution envers leur nationalité kurde et leur religion.

La suite

«La politique d'immigration du gouvernement canadien ne relève pas du cas par cas, indique Normand Lavoie, adjoint parlementaire du député Genest. Elle relève plutôt d'une relation entre le Canada et les pays en cause. Et ça, ça amène des décisions un peu brutales, un peu sauvages, permettez-moi l'expression.»

«Seul le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration ou de la Sécurité publique peut mettre fin au processus d'expulsion, rapporte M. Genest, rencontré à son bureau de circonscription entouré de son équipe. S'adresser à eux autres, c'est mission impossible. Le seul moyen, c'est en Chambre, c'est de les interpeler par une question. Et les interpeler par une question, tu les mets dans l'eau bouillante et ils te haïssent.»

Pour en arriver à une question à la Chambre des communes, le politicien doit d'abord demander l'avis du caucus de son parti, le NPD, ce qu'il fera mercredi.

«Par contre, la décision du gouvernement est quasiment irréversible à ce stade-ci en raison des politiques qui sont des politiques rigoureuses, sauvages, sans tenir compte d'aucun aspect humanitaire», critique M. Lavoie.

Haute voltige

«Il faut prouver certaines choses très importantes pour le ministère de l'Immigration», selon Edgar Villamarin Bautista, également adjoint de circonscription de M. Genest. Lui-même a dû passer à travers le processus d'immigration en tant que réfugié, en 2003, après avoir quitté la Colombie.

«La personne doit prouver qu'elle est dans un des cinq groupes pour être acceptée (voir encadré). Il faut prouver que la personne est encore en danger à la même place où elle a vécu la situation de persécution et aussi partout dans son pays. Et elle doit prouver qu'elle a déménagé ailleurs dans son pays, mais que le danger l'a suivie.» Un immigrant qui est capable de se débrouiller, de comprendre la langue de son pays d'accueil et qui travaille détient plusieurs atouts plaidant en faveur de sa demande, selon lui.

Dernier recours avant de trouver asile dans une église, l'avis du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a été demandé. La réponse est arrivée vendredi: le Haut-Commissariat donne raison au Canada dans son refus d'accueillir les Turk.

Si les Nations unies n'avaient pas donné raison au Canada, il aurait fallu qu'elles le condamnent, rapporte Normand Lavoie. «On est dans le domaine de la haute voltige diplomatique.»

Ce dernier serait surpris que l'ONU blâme le Canada dans un tel dossier.

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