«Rêvez grand»: La nageuse Sylvie Fréchette inspire les élèves du PEI

«Qu'est-ce qui vous anime, qui vous donne envie... (Photo Alain Dion)

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«Qu'est-ce qui vous anime, qui vous donne envie de vous lever le matin? a demandé Sylvie Fréchette. Moi, c'était de nager.»

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(GRANBY) Sylvie Fréchette n'est pas étrangère aux difficultés. Son fiancé s'est suicidé quelques jours avant le départ de la nageuse olympique pour les Jeux de Barcelone, en 1992. Six mois plus tôt, c'est son grand-père qui la quittait.

Sans oublier la fameuse erreur technique de la juge brésilienne...

«L'année 1992 a été un pur désastre», a déclaré la conférencière et entraîneuse, hier, devant quelque 400 élèves du programme d'études internationales (PEI) réunis à l'auditorium de l'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc, dans le cadre de leur carnaval annuel.

Pourtant, ce fut l'année de la consécration pour l'athlète montréalaise, à qui on a finalement accordé la médaille d'or au terme d'un recours judiciaire. «Avec ses gros doigts», se rappelle Mme Fréchette en riant, la juge brésilienne s'était trompée de bouton. Un 8,7 est apparu alors qu'elle voulait donner un 9,7, reléguant la nageuse à un rang inférieur sans qu'elle ne puisse rien y faire. «Et ce devait être les Jeux des nouvelles technologies!»

Elle a pensé tout abandonner. Mais sa force de caractère l'a incitée à participer à la compétition de nage synchronisée du lendemain, style libre, où elle s'est surpassée.

«Ce n'était pas une performance sportive, dit-elle. J'ai nagé ma vie, j'ai présenté mes tripes. C'était moi, avec mes qualités et mes défauts, avec ma peine, ma colère et ma passion.» La vidéo de cette prestation a fait réagir les élèves du PEI, qui n'ont pas connu cette époque.

«Je me suis dit: je suis en vie et j'en vaux la peine.»

Bonnes vibrations

La persévérance vient à bout de tous les obstacles. Voilà le message que la femme de 47 ans a transmis à son auditoire. Car rien ne destinait la jeune fille d'une famille monoparentale, qui a grandi dans les ruelles de Montréal, à réussir une carrière de sportive de haut niveau.

Elle y est parvenue en s'entraînant d'arrache-pied - jusqu'à 40 heures par semaine - pendant des années, accumulant parfois les échecs et les railleries, notamment à l'école où elle n'avait rien de cool. Mais elle s'est accrochée parce que la nage synchronisée la faisait vibrer, à une époque où on l'appelait encore «nage ornementale», puis «ballet aquatique»...

Après Barcelone, elle a remporté l'argent en équipe à Atlanta, quatre ans plus tard, avant de se joindre au spectacle O du Cirque du Soleil, à Las Vegas, puis de revenir s'installer dans les Laurentides, histoire que ses deux filles maîtrisent la langue de Molière.

L'instinct

Aux adolescents qui se posent l'éternelle question «que vais-je faire dans la vie?», la longiligne conférencière offre ce tuyau: «pensez à ce que vous aimez faire et enlevez ce que vous savez que vous n'aimez pas. Allez-y d'instinct. Qu'est-ce qui vous anime, qui vous donne envie de vous lever le matin? Moi, c'était de nager. Ça a été le plus beau tremplin pour m'amener là où je suis aujourd'hui. À chacun son podium.»

Sylvie Fréchette rappelle que ce sont les idées folles qui font avancer les choses. «Rêvez grand et ne laissez personne éteindre votre étincelle. Soyez les beaux fous.»

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