Crise cardiaque à l'aréna: des sauveurs vites sur leurs patins

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Tous les astres étaient bien alignés pour un dénouement heureux, ont affirmé hier le capitaine Stéphane Cabana et le sergent-détective Christian Bonneau, qui ont dirigé les manoeuvres de réanimation.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) André Fillion a failli jouer son dernier match de hockey à vie dimanche au centre sportif Léonard-Grondin. Victime d'un arrêt cardiaque, le résidant de Saint-Césaire a été sauvé grâce au défibrillateur de l'endroit et à la rapidité d'intervention de deux policiers de Granby, qui jouaient aussi au hockey.

«La vie a été généreuse avec moi», a laissé tomber hier avec reconnaissance M. Fillion, joint au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. L'homme de 71 ans, qui devra avoir des pontages, avait l'esprit étonnamment vif et le coeur à rire à l'autre bout du fil. «Je me sens en forme. Je ne suis pas déprimé. Je joue mal au hockey et je ne m'apitoie pas sur mon sort», a-t-il lancé à la blague.

Tous les astres étaient bien alignés pour un dénouement heureux, ont affirmé hier le capitaine Stéphane Cabana et le sergent-détective Christian Bonneau, qui ont dirigé les manoeuvres de réanimation.

«C'est arrivé à la bonne place et au bon moment. Il y avait un défibrillateur et des personnes capables de l'utiliser. Sans l'appareil, M. Fillion ne serait peut-être pas revenu...», affirme Christian Bonneau.

Intervention rapide

C'est dans le vestiaire, entre la deuxième et la troisième période d'un match disputé au sein de la Ligue des copains, qu'André Fillion a ressenti un malaise. Rapidement, ses coéquipiers ont lancé un appel à l'aide. Jouant dans l'équipe adverse et se trouvant dans un autre vestiaire, M. Bonneau a capté l'appel et pris les choses en main. À sa demande, un bon Samaritain s'est empressé d'aller quérir le défibrillateur. Un autre a contacté les services d'urgence.

Patins aux pieds, Christian Bonneau est entré dans le vestiaire d'André Fillion au même moment que son collègue Stéphane Cabana qui, lui, attendait pour commencer sa partie. M. Fillion gisait au sol.

Formés pour utiliser le défibrillateur, les deux policiers ont tout de suite commencé à enlever l'équipement de hockey de l'homme en détresse et à dégager son torse de façon à pouvoir intervenir avec l'appareil. 

Selon les deux sauveteurs, la situation s'est dégradée rapidement. À leur arrivée dans le vestiaire, André Fillion respirait encore, mais difficilement. «Quand on a eu fini de le déshabiller, il n'y avait plus rien. On a collé les pads du défibrillateur, l'appareil a fait l'analyse et a conseillé un choc», raconte Christian Bonneau.

Le duo a ensuite entrepris les manoeuvres de réanimation. Il aura fallu deux cycles de 30 compressions suivis de deux souffles pour que M. Fillion revienne à la vie.

travail d'équipe

«Il a vite repris des couleurs et s'est mis à parler. Il était prêt à se lever. Mais on l'a gardé calme jusqu'à ce que les ambulanciers arrivent», dit Stéphane Cabana qui connaît M. Fillion, car il joue dans la même ligue que lui depuis quelques années. 

Lui et Christian Bonneau ne se considèrent pas comme des héros. Ils n'ont fait que ce qu'ils avaient à faire, disent-ils. Les deux policiers assurent qu'un véritable travail d'équipe a permis de faire la différence. «Ses coéquipiers ont réagi vite. Et plein de personnes ont posé des petits gestes, comme aller chercher le défibrillateur, attendre les ambulanciers à l'avant, enlever les patins de M. Fillion. Nous, on a été chanceux d'avoir la formation», dit Stéphane Cabana.   

«Plus il va y avoir de personnes formées avec les défibrillateurs, plus il va y avoir de vies sauvées», renchérit Christian Bonneau qui utilisait l'appareil, d'une valeur de 1800 $, pour la première fois et sauvait ainsi une vie.

Stéphane Cabana affirme que sa récompense a été de voir André Fillion reprendre connaissance avec autant de vigueur. «Qu'il revienne aussi vivant, ça donne des frissons», lance-t-il.

M. Fillion, lui, se promet bien, une fois qu'il sortira de l'hôpital d'aller saluer ses sauveteurs au centre sportif. «Ça va me donner la chance d'aller tirer la pipe à mes chums», s'amuse-t-il. 

 

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