Amnistie internationale: du soutien local pour Raif Badawi

La responsable de la section Saint-Césaire/Brome-Missisquoi d'Amnistie Internationale,... (Photo Alain Dion)

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La responsable de la section Saint-Césaire/Brome-Missisquoi d'Amnistie Internationale, Madeleine Lepage

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) L'histoire du Saoudien Raif Badawi a des échos jusque dans la région. Depuis presque un an, des sections locales d'Amnistie Internationale se battent pour améliorer le sort du jeune blogueur emprisonné dans son pays depuis juin 2012 et condamné à recevoir 1000 coups de fouet. Son crime: avoir milité pour la libéralisation morale de l'Arabie Saoudite.

«Les gens comme lui sont des défenseurs des droits humains et ils prennent de grands risques. Heureusement qu'il y en a à travers le monde», affirme Madeleine Lepage, responsable du groupe de Saint-Césaire/Brome-Missisquoi. La dame, engagée au sein d'Amnistie depuis 27 ans, espère voir l'Arabie Saoudite céder sous la pression internationale dans le cas du jeune Badawi.

«Son histoire est tragique. La bonne nouvelle, c'est qu'il se passe quelque chose au plan international. Quand on met beaucoup de pression, ça peut faire une différence. Le Canada est le pays qui a présentement le plus de liens avec la famille de Raif Badawi, et avec lui par le fait même. En exerçant de la pression sur le Canada, qui a la responsabilité d'agir, on peut faire bouger les choses», croit-elle.

Car s'il n'a pas réussi à quitter son pays, sa conjointe Ensaf Haidar et leurs trois enfants ont obtenu l'asile politique au Canada en 2013. La famille réside à Sherbrooke et milite ardemment pour sa libération.

On sait qu'en plus de sa peine d'emprisonnement de 10 ans et des 50 coups de fouet qu'il doit recevoir chaque semaine durant 20 semaines, M. Badawi a été condamné à l'équivalent de plus de 300 000$ d'amendes et à 10 ans sans pouvoir quitter son pays, une fois sa peine purgée. Une seconde séance de flagellation aura lieu demain, après un report d'une semaine, en raison de la gravité de ses blessures subies la première fois.

Selon Mme Lepage, des pétitions sont en circulation et des lettres sont envoyées aux députés canadiens pour sauver Raif Badawi. «Amnistie Canada demande qu'on mette fin à la flagellation, qu'il reçoive des soins médicaux indépendants et qu'il soit libéré immédiatement et sans condition. Je suis confiante», dit-elle.

Pour cette militante, qui consacre de nombreuses heures chaque semaine à Amnistie Internationale, les droits humains ont toujours été une priorité. Le sort des personnes dont les droits fondamentaux sont bafoués la touche beaucoup. «Pour moi, le monde, c'est petit. Ça nous concerne d'une façon ou d'une autre. Il faut garder un certain détachement émotif, mais je porte ces personnes dans mon coeur.»

La section Saint-Césaire/Brome-Missisquoi compte 14 membres qui, comme elle, posent des actions concrètes comme «adopter» des prisonniers et écrire aux autorités des pays concernés. Mme Lepage admet qu'il est difficile de recruter des membres quand il est question de droits de la personne. «Les gens pensent qu'ils n'ont pas de pouvoir, mais c'est faux. S'ils savaient l'importance d'une simple lettre ou d'une simple signature, ils le feraient», lance-t-elle en assurant que des résultats sont obtenus dans66% des cas soutenus par Amnistie Internationale.

Dans notre région, d'autres branches locales sont actives à Granby et à Waterloo.

Pour ceux que cela intéresse, l'épouse de Raif Badawi sera l'invitée de l'organisme dans le cadre d'une conférence qui se tiendra le 19 février à 19 h au Vinyle Café de Saint-Césaire. 

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