Soins médico-esthétiques: des spécialistes d'ici tirent la sonnette d'alarme

L'esthéticienne Isabelle Larivière et le dermothérapeute Éric Beaulac... (photo Janick Marois)

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L'esthéticienne Isabelle Larivière et le dermothérapeute Éric Beaulac mettent la population en garde à propos des nombreux «imposteurs» qui oeuvrent dans le domaine des soins esthétiques.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Le raz-de-marée technologique qui déferle depuis quelques années sur l'industrie des soins esthétiques inquiète plusieurs spécialistes dans le domaine, qui voient des «imposteurs» envahir le marché en ayant recours à des appareils dérivés de l'univers médical sans formation adéquate. L'esthéticienne Isabelle Larivière et le dermothérapeute Éric Beaulac ont fait front commun, hier, pour éveiller la population aux risques pour la santé découlant de telles pratiques.

Qu'il s'agisse de lumière pulsée, de radiofréquence ou autres techniques novatrices utilisées en soins esthétiques, la vigilance est de mise, car les «histoires d'horreur» sont nombreuses. «Des gens qui viennent nous voir avec la peau brûlée, de la dépigmentation et un paquet d'autres conditions qui découlent de traitements inadéquats, nous en voyons chaque semaine, clame Éric Beaulac, qui est en affaires dans la région depuis cinq ans. Les personnes qui ont eu une mauvaise expérience, en plus d'avoir mis leur santé en jeu, n'ont pas une bonne image de ce qu'est un vrai professionnel en soins esthétiques.»

Selon sa collègue, la «course aux rabais» qui s'est amorcée avec l'entrée en scène d'appareils de haute technologie destinés, entre autres, à l'épilation ainsi qu'au photorajeunissement a radicalement changé la donne. L'appât du gain de certains «charlatans» prend malheureusement trop souvent le dessus, déplore l'esthéticienne granbyenne. «Ceux qui offrent des forfaits à 50% de moins que le prix courant doivent couper quelque part. Pour la plupart, ils n'ont pas le temps, la formation et les moyens pour faire une consultation et suivre des règles strictes. Alors, ils vont au plus court.»

Protocole

Bien que prodiguer des soins esthétiques ne soit régi par aucune loi ou ordre professionnel, certaines responsabilités incombent aux spécialistes qui oeuvrent dans ce secteur d'activité. La première en lice est une consultation en bonne et due forme. «Évaluer les besoins de son client et démystifier les soins, c'est la base. Même si quelqu'un demande un traitement à la lumière intense pulsée, ce n'est pas nécessairement ce qui va régler son problème. C'est entre autres le cas de l'acné», mentionne Mme Larivière.

L'évaluation de la peau et le bilan de santé sont également primordiaux, sans quoi des lésions irréversibles pourraient survenir. «Dans le cas d'un cancer de peau, quelqu'un qui n'est pas capable de reconnaître un carcinome (type de tumeur) et qui fait un traitement quand même pourrait activer quelque chose de dangereux. C'est plutôt à un dermatologue que le client devrait être référé», insiste l'esthéticienne.

Transparence

Selon le duo de professionnels en soins esthétiques, dès que la crédibilité et la transparence d'une personne oeuvrant dans ce créneau peuvent être remises en doute, le client devrait tourner les talons. «Est-ce que la personne a un diplôme bien en vue? Est-ce que les appareils qu'elle utilise sont approuvés CSA (Canadian Standards Association)? Depuis combien de temps la personne pratique-t-elle? Il ne faut pas avoir peur de poser des questions», martèle Mme Larivière, précisant au passage qu'une formation en soins esthétiques reconnue par le ministère de l'Éducation requiert au moins 1800 heures de cours.

Des démarches ont été entreprises depuis plus d'une quinzaine d'années pour qu'un ordre professionnel en soins esthétiques voie le jour au Québec. «En attendant, les gens doivent prendre toutes les précautions nécessaires pour faire affaire avec des spécialistes reconnus, réitère M. Beaulac. C'est leur santé qui en dépend.»

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